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Dans l’étau des taux !

Dans l’étau des taux !

De plus en plus d’acquéreurs sont pénalisés par la hausse des taux d’intérêt des crédits immobiliers qui sont trop proches du taux d’usure, ce qui réduit les possibilités d’obtenir un prêt.
P.N

Difficile de dire aujourd’hui combien de transactions immobilières capotent parce que l’acheteur n’obtient pas de prêt d’un organisme bancaire, mais une chose est sûre, cela se produit de plus en plus souvent. Non pas que les dossiers présentés par les acquéreurs soient moins solides qu’il y a quelques mois quand les banques accordaient les crédits immobiliers sans difficulté et à des taux aux alentours de 1 % qui plus est !

Ce qui a changé en cette rentrée, ce n’est pas la solvabilité des acquéreurs. Ce n’est pas non plus la hausse des taux d’intérêt qui dépassent la barre des 2 % depuis la hausse des taux directeurs décidée par la Banque centrale européenne le 8 septembre dernier. Non, ce qui grippe en partie la mécanique des achats immobiliers, c’est que ces taux d’intérêt se rapprochent trop du taux d’usure fixé par la Banque de France et qui constitue le taux maximal auquel un organisme bancaire peut prêter. « À la base, le taux d’usure est un outil de protection pour les emprunteurs mais, avec la hausse des taux, il devient un frein car il n’est assez élevé par rapport au taux nominal, explique Julien Reix, co-gérant de l’agence Empruntis de Tours, courtier en crédit immobilier. Si la différence entre les deux est trop faible, cela pénalise les emprunteurs car quand vous ajoutez au montant emprunté les frais de dossiers ou de courtage, les frais de garantie ou hypothèque et l’assurance emprunteur, le taux effectif global est trop proche du taux d’usure et la demande de crédit ne passe plus. Il faut donc relever le taux d’usure pour redonner des marges de manœuvre aux organismes de prêt. »

Des taux immobiliers annoncés
à 3 % en fin d’année

Ce qui devrait être annoncé le 1er octobre. Mais cette réévaluation du taux d’usure doit être significative pour ne pas qu’il soit « rattrapé » rapidement par la hausse des taux de crédits. Aujourd’hui le taux d’usure est à 2,57 % alors que les taux immobiliers s’approchent de 2,5 % contre 1 à 1,5 % il y a encore quelques mois ! Et les professionnels prévoient même qu’ils devraient atteindre les 3 % d’ici la fin de l’année.

Parmi les acquéreurs pénalisés, il y a notamment les personnes souffrant d’une maladie chronique et les quinquagénaires qui paient davantage d’assurance, ce qui fait augmenter leur TEG (taux effectif global). Pour eux, mais aussi pour l’ensemble des professionnels de l’immobilier qui craignent un ralentissement du marché, il y a urgence à ce que ce taux d’usure soit réévalué suffisamment haut !

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