Portrait

Fabien Tessier, L’homme-orchestre

Quel est le point commun entre Fabienne Thibeault, un combo de black métal, un ensemble baroque, un groupe de blues-rock et un autre de musique traditionnelle avec vielle à roue  ? Réponse  : tous ont enregistré leurs CD chez Fabien Tessier, ingénieur du son et réalisateur installé à Reignac-sur-Indre  ! Un magicien de la console doublé d’un musicien pas mariole  ! Écoutez voir son histoire...
Sébastien Drouet
1965, naissance à Tours
1991, création du CMAO à Tours
2017,  installation à Reignac-sur-Indre

Reignac-sur-Indre, ou plus précisément un hameau des environs. C’est là, loin des tumultes de la ville, que Fabien Tessier a branché ses consoles, ses écrans et ses micros il y a trois ans, après avoir exercé à Saint-Calais, dans la Sarthe, et encore avant à Bréhémont, dans un studio inauguré par Claire Diterzi pour son premier album. Fabien est d’ailleurs crédité sur le disque pour la programmation et la basse. Car notre homme, multi-instrumentiste, est avant tout un musicien. Capable de déchiffrer des partitions et d’en écrire, il peut parler d’égal à égal avec des pointures. Mais il peut aussi bien accompagner des artistes débutants. C’est tout l’intérêt d’un métier qu’il pratique depuis… toujours.

Piano à Francis Poulenc et bac à Descartes

« Quand j’étais petit, je voulais être médecin-chanteur », sourit Fabien. Puis la vocation a légèrement évolué, pas trop non plus, car il est resté sur cette ligne tout au long de sa jeunesse. « J’ai étudié à Francis Poulenc, à l’école de musique avec horaires aménagés appuyée au Conservatoire, de la primaire à la troisième. J’ai passé le prix de solfège, celui de piano, puis j’ai suivi une filière scientifique à Descartes. C’est l’époque où, quand le conseiller principal d’éducation te croisait avec ta guitare sur le dos, il te demandait si ça allait bien chez toi, si tu n’avais pas de problème… »

Après le bac et deux mois de pharmacie, direction la fac de musicologie, avant de mettre un pied, et plus que cela même, dans le grand chaudron de notes et de sons. « À Tours, j’avais rencontré un Rennais, Nicolas Cruel. Je suis parti avec lui à Paris pour réaliser des enregistrements. On bossait sur la production de variétés, des 45 tours. » Des « faiseurs de coups », comme il dit. « Ça coûtait deux jours de studio. Les producteurs voulaient des gars qui aillent vite, pour pas cher. » Jusqu’à l’arrivée du CD. Terminé le 45-tours… et les coups, les compagnies étant dès lors à la recherche de groupes forts d’un répertoire d’au moins douze chansons.

Batteur rock et producteur pop !

Fin d’une époque, début d’une autre, celle de la fondation à Tours, avec Thierry Dréano, du Centre de Musique Assistée par Ordinateur, rue de Buffon, plus école de musique tout court qu’école de musique assistée par ordinateur : « On a fini avec une quinzaine de profs qui donnaient des cours de batterie, guitare, chant… » La structure durera 18 ans, mais Tram 28 avait déjà pris son envol avant la fermeture du CMAO.

Depuis le milieu des années 2000, que ce soit sur les bords de Loire, dans la Sarthe ou dans le Lochois, plus de 200 disques ont été mis en boîte chez Tram 28, dont ceux de 49 Swimming pools, un quatuor folk-rock emmené par Emmanuel Tellier (journaliste à Télérama et aux Inrocks), dans lequel Fabien officie en tant que batteur. « J’ai toujours partagé ma vie entre donner des cours de solfège et de piano, réaliser en studio, et jouer avec des groupes. J’ai commencé la scène en faisant du bal. » Il en fait toujours, pour le fun, avec deux copains et son épouse. Qui n’est pas médecin-chanteuse, mais presque : chirurgienne-musicienne !

Retour au studio. Fabien remarque qu’il n’y a jamais eu autant de jeunes à jouer de la musique. Et si beaucoup d’entre eux concoctent leurs propres démos sur ordinateur avant de les mettre en ligne dans la foulée, la plupart, s’ils veulent en vivre ou a minima présenter des œuvres bien enregistrées, raisonnent autrement : ils continuent de sortir des CD, autoproduits pour le coup, qu’ils vendent à la fin des concerts. Même en passant par un studio pro comme Tram 28, l’affaire est vite rentabilisée ; les spectateurs aiment acheter un disque directement au groupe qu’ils viennent d’entendre. 

Parfois, quand il est suffisamment séduit, notre homme va plus loin : « J’ai produit un duo l’an dernier, et je vais produire deux groupes cette année. L’intérêt pour moi, c’est de rester en contact avec la jeune scène. Ça m’intéresse d’écouter ce que font les gamins aujourd’hui. » Jeunes gens, à vos maquettes !

www.tram28studio.com

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