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La chaufferie du Menneton monte en puissance !

La chaufferie du Menneton monte en puissance !

Grâce à la 2e chaudière inaugurée vendredi 25 février, la puissance du site atteint 13 mégawatts. Il permettra à terme d’alimenter en chaleur un réseau de 17 km et l’équivalent de 10 000 logements sur Tours-Ouest et La Riche. La chaufferie est alimentée aux trois quarts par des copeaux de bois issus des forêts locales, le quart restant étant assuré par du gaz. Bienfait annoncé pour les abonnés : une baisse de 20 à 40 % sur la facture de chauffage.
P.N.

L’avantage du bois, contrairement aux autres énergies fossiles qui ont beaucoup augmenté ces derniers temps et dont les prix fluctuent en fonction d’événements économiques et géopolitiques, c’est qu’il n’y a pas de risque de pénurie et que le prix est stable car il provient de forêts locales… » Thierry Landais, président de Tours Métropole Énergies Durables (TMED), filiale à 100 % d’ENGIE Solutions, en charge de l’exploitation de la chaufferie, pouvait se féliciter, lors de l’inauguration de la 2e chaudière, de ce choix de la biomasse comme carburant principal du site (à 74 % exactement, l’appoint étant apporté par le gaz). En ces temps de fortes tensions sur les marchés des énergies fossiles, savoir qu’on peut chauffer l’équivalent d’un quart de la ville de Tours grâce à des copeaux de bois issus des forêts locales est plutôt une bonne nouvelle. C’est l’entreprise de Saint-Avertin 2B Énergie qui assure l’approvisionnement en copeaux de bois. Et elle ne chôme pas car, parmi les données impressionnantes liées à cette chaufferie biomasse, les 50 à 60 tonnes de combustible nécessaires chaque jour pour faire tourner les deux chaudières d’une puissance de 6 et 7 MW, ne passent pas inaperçues. Il faut deux à trois camions de 25 tonnes pour alimenter les deux « bêtes de chauffe » qui alimenteront en 2024 un réseau de 17 km, soit l’équivalent de 10 000 logements. Aujourd’hui, le réseau n’est « que » de 14 km et n’alimente « que » 7 000 « équivalents logements ».

Pour cela le principe est simple : les deux chaudières chauffent l’eau à 100 °C avant qu’elle ne soit injectée dans le réseau grâce à quatre pompes d’une capacité de 300 m3 / mn ! Soit une puissance de 1 200 m3 / mn pour un réseau qui abrite environ 650 000 m3 !

Le réseau de 14 km actuellement en service (d’ici 2024, 3 km seront raccordés) dessert 105 sous-stations (ou interconnections) pour alimenter les « points de chauffe » les plus importants. Parmi les bâtiments publics déjà desservis, on compte déjà le CHU Bretonneau et l’hôpital Clocheville, les collèges Lamartine et Jules-Ferry, des équipements comme les écoles et les crèches…

D’autres bâtiments universitaires, mais aussi le futur quartier des Casernes, seront reliés avec l’extension du réseau. Voire, si c’est possible techniquement, l’hôtel de ville de Tours. En tous cas, passées les réticences initiales, la demande des nouveaux abonnés est forte. Des entreprises, notamment, se sont renseignées sur les possibilités d’être reliées au réseau qui n’est pas extensible à l’infini puisqu’il est limité par la puissance des chaudières.

25 000 tonnes de bois par an

En plus d’être économique pour les abonnés, le bois est aussi vertueux pour l’environnement. « Avec cette nouvelle installation, nous en sommes à cinq réseaux de chaleur sur la Métropole et deux autres sont à l’étude, l’une pour le nord couvrant Tours, Saint-Cyr et Fondettes, l’autre pour le sud, explique Benoist Pierre, vice-président aux déchets et aux transitions écologique et énergétique. Nous répondons ainsi aux objectifs de décarbonation de l’activité humaine et dans ce domaine de l’énergie, la Métropole est exemplaire. »

La biomasse permettra d’éviter l’émission de 20 000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Là encore, la technologie se met au service de l’environnement. D’abord, pour optimiser la combustion, le bois est échantillonné à la livraison afin de mesurer son taux d’humidité, ce qui permet d’adapter la combustion pour la rendre plus efficace. Ensuite, toutes les fumées sont filtrées et traitées et la fumée qui sort de la cheminée de la chaufferie « contient 200 fois moins de particules qu’une cheminée de particuliers » selon les responsables du site. Les cendres résiduelles représentent 7 % du bois brûlé, soit, pour une journée à 50 tonnes, 3,5 tonnes environ. Elles sont récupérées pour être réutilisées dans la fabrication de compost par une entreprise poitevine. Il reste aussi environ 2 % de « dégagement supérieurs », c’est-à-dire de la suie qui, elle, n’est pas retraitée. Car oui, il ne faut pas l’oublier, chaudières signifie aussi cheminée. Mais ici, pas de ramonage annuel avec une échelle et un hérisson : la cheminée est nettoyée en permanence avec l’injection d’air sous pression qui empêche les dépôts de suie dans les conduits. Et le tour est joué…

Avec la chaufferie Dalkia à Saint-Pierre-des-Corps qui alimente le sud de Tours (lire ci-dessous), et celle du Menneton pour l’ouest, la Métropole est vertueuse pour les réseaux de chaleur biomasse, une solution durable, bénéfique sur le plan environnemental, social (des circuits courts créateurs d’activité localement et d’emplois non délocalisables) et économique pour le porte-monnaie des abonnés !

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