Les boulangers ont répondu présent !

Ils font partie de ces professionnels qui ont continué leur activité pendant le confinement pour permettre à la population d’avoir son pain quotidien, denrée de première nécessité s’il en est. Malgré tout, pour ceux qui sont restés ouverts, la baisse d’activité a été importante, car les clients n’ont pas eu les mêmes besoins qu’en temps normal. Et alors que la vie reprend peu à peu son cours, les inquiétudes de la profession demeurent quant à son avenir comme nous l’explique Philippe Desiles, le président de la Fédération des artisans boulangers d’Indre-et-Loire.

« On ne va pas se plaindre par rapport à nos collègues d’autres secteurs ou à tous les libéraux et indépendants qui ont dû tout stopper du jour au lendemain, mais le bilan est quand même contrasté puisque, d’après les retours que l’on a de nos membres, la baisse d’activité se situe en moyenne entre 30 et 50 %, ce qui n’est pas rien », explique Philippe Desiles, boulanger dans le quartier Velpeau à Tours et président de la fédération départementale. La profession a aussi pu bénéficier des aides et dispositifs de sauvegarde mis en place par l’État et certains salariés, les apprentis notamment, ont bénéficié du chômage partiel en raison de cette baisse d’activités.

Si les dégâts seront moindres que dans d’autres secteurs, quelques boulangeries ont dû fermer temporairement car elle se situent dans des zones d’activités où les entreprises étaient fermées donc les clients absents ou en périphérie des villes, sur des axes passants devenus déserts en raison du confinement.

Le déconfinement entamé, Philippe Desiles tient à saluer l’engagement des artisans boulangers qui sont restés ouverts au service de la population, dans des conditions sanitaires incertaines, surtout au début du confinement quand on ne mesurait pas encore la dangerosité du virus. « J’ai poussé un coup de gueule quelques jours après le début du confinement qui a pu être mal interprété, explique-t-il. Il n’était pas question de se plaindre du fait que nous restions au travail mais d’alerter sur les conditions dans lesquelles nous le faisions. Il faut quand même se rappeler qu’au début personne n’était capable de nous dire ce que nous risquions vraiment. On a eu peur comme le reste de la population d’être contaminés ou de contaminer nos familles. C’est pour ça que j’ai piqué une colère : on nous demandait de nourrir la population mais nous n’avions aucune information sur les risques encourus, c’était un peu flippant et je m’en serais voulu si un collègue était tombé malade… »

Une pétition signée par 42 000 personnes !

La profession a su adapter ses pratiques et ses produits à ces conditions extraordinaires pour continuer à servir la population grâce à son engagement pour des produits de qualité et le fait maison. Mais la parenthèse de la crise sanitaire en passe de se refermer, elle va devoir affronter l’avenir avec les incertitudes et les inquiétudes qu’il suscite. Avant cette crise en effet, la Fédération des artisans boulangers d’Indre-et-Loire avait lancé une pétition ayant recueilli plus de 42 000 signatures dans le département pour la défense des artisans et de leur savoir-faire menacés par les grandes surfaces et la multiplication des enseignes franchisées aux produits plus ou moins industriels. « On ne lutte pas dans la même catégorie, poursuit Philippe Desiles. Ils ont les capitaux et les tarifs auprès des fournisseurs, nous sommes des indépendants, nous n’avons pas les mêmes moyens, mais nous avons un savoir-faire unique, des produits faits maison qu’il faut préserver pour la qualité de l’alimentation de tous. »

La crise sanitaire ne fera pas oublier toutes leurs difficultés, au contraire, puisqu’elle les a accrues. Mais alors que l’on n’a jamais autant parlé de produits locaux et de proximité, elle a peut-être permis de mettre en lumière l’artisanat, indispensable à une alimentation de qualité. Et si en plus, elle pouvait permettre aux artisans boulangers de fidéliser de nouveaux clients, elle aura au moins eu ça de bon pour une profession plus fragile qu’on ne le croit…

3 réponses

  1. Nous défendons les mêmes valeurs au Mans .
    Le savoir-faire de nos Artisans ?‍? boulangers pâtissiers en sarthe et au Mans.
    Oui ils étaient présents avec très souvent à côté un artisan ?‍? boucher charcutier ,
    La vie d’un quartier, d’une rue malgré le covid19, le client était présent .

  2. Bonjour je suis boulangère et nous sommes restés ouvert et avons eu une perte de chiffres d’affaires de 81%.car affaires saisonnière et dans une rue piétonne et tout les autres commerces fermé.une catastrophe et 12salaires à verser.Sa à repris un peu depuis le deconfinement mais si la saison nous faisons 50% de chiffres d’affaires en moins.je ne sais toujours pas comment allons nous faire.je vous souhaite à tous bon courage.Car je sais que nous sommes pas les seuls dans ce cas là.

  3. Coucou……il n est pas bon d etre artisan dans ce pays…..on a déjà du mal à payer toutes les charges et les salaires de l année en cours et en plus on va devoir payer les retards de l URSAAF en décaler…merci le soutien!!!!!!! Combien de dépôt de bilan en septembre dans notre corporation ??????
    Courage …courage…mais en avo s nous encore?????noel le boulanger

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