Les nappes phréatiques bien rechargées

On ne sait pas si l’été sera sec et chaud, mais le niveau d’eau dans les nappes est rassurant puisque, après le 2e été le plus chaud et le plus sec depuis 60 ans l’an passé, nous avons connu un hiver très pluvieux qui a permis aux nappes de se recharger. L’occasion de faire le point sur ce phénomène avec Frédéric Touchard, hydrogéologue au BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières).
Patrice Naour
la situation des nappes en Franc

Dans notre précédente édition, nous annoncions sortir d’un semestre hiver-printemps le plus chaud depuis 60 ans avec certains mois comme février. Mais, parallèlement, il a été très pluvieux. À l’image du dernier épisode pluvieux qui s’est déroulé du 15 au 19 juin, la Touraine a connu peu de jours de pluie mais des séquences avec une forte intensité. Ainsi, sur les trois premiers jours de mars, il était tombé l’équivalent d’un mois de pluie, soit 55 à 60 mm, selon les relevés de la station de Météo France à Parçay-Meslay. Ce sera aussi sans doute le cas pour cette semaine de juin marquée par de fortes averses orageuses.

Ces précipitations épisodiques, réduites dans la durée, mais fortes, ont donc permis aux nappes phréatiques de se recharger comme l’indique le bulletin mensuel publié par le BRGM, l’organisme public chargé, entre autres missions, d’effectuer les relevés et mesures des sous-sols aquifères, plus communément appelés « nappes ». « Il ne faut pas imaginer une retenue d’eau souterraine comme un lac ou une grotte, explique Frédéric Touchard, hydrogéologue au BRGM à Orléans. Ce sont des couches de terrains composées de différentes roches et minéraux plus ou moins poreux, comme du sable, de la craie ou de l’argile qui retiennent les eaux de surface quand elles s’infiltrent dans le sol par les interstices, les fissures, les petites veines et qui permettent à ces sous-sols de se charger en eau… »

Des nappes très réactives, d’autres plus longues à se recharger

Ce phénomène d’infiltration peut prendre quelques jours ou plusieurs semaines et mois selon les couches de terrain, ce qui explique que les nappes se rechargent plus ou moins vite comme l’explique Frédéric Touchard : « Il y a des nappes très réactives comme celle dite du Jurassique que l’on trouve à l’affleurement au doit des départements de l’Indre et du Cher dont le niveau remonte rapidement après 2 ou 3 jours de pluie et il y a celles dites « inertielles » qui se rechargent lentement, le temps que l’eau traverse les différentes couches du sous-sol avant d’atteindre la roche aquifère ». En Touraine, l’eau potable est puisée, outre dans la Loire à Tours, dans deux nappes aquifères correspondant à deux époques géologiques différentes : l’une qui affleure en surface constituée de craie cénoturonienne et une autre, plus profonde, avec des sables cénomaniens. « Évidemment, pour capter cette eau, il faut forer un puits artésien qui permet à l’eau sous pression dans la roche aquifère de remonter à la surface », précise Frédéric Touchard.

En France, où plus de 5 milliards de m3 d’eau potable sont consommés, 68 % de cette ressource provient des nappes phréatiques contre 32 % des captages en eaux de surface rivières ou retenues d’eau. Le BRGM a pour mission de mesurer le niveau de ces nappes grâce à un réseau de 1 600 capteurs piézomètres répartis sur l’ensemble du territoire national, dont 33 en Indre-et-Loire et 190 en région Centre-Val de Loire. Ces données sont collectées tous les quinze jours pour être stockées dans la banque de données ADES (Accès aux Données sur les Eaux Souterraines), rassemblant toutes les données recueillies notamment par le BRGM. C’est un outil très utile pour suivre l’état pour suivre l’évolution des ressources des eaux souterraines et améliorer la connaissance qu’on a d’elles avec leur volume bien sûr, mais aussi la vitesse de recherche ou de vidange des nappes selon les saisons et les régions car la ressource en eau est aussi dépendante de l’activité humaine sur un territoire donné. Cet outil sera même indispensable pour gérer les ressources en eau si le changement climatique se confirme… 

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