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L’Opéra dans une situation budgétaire difficile
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L’Opéra dans une situation budgétaire difficile

L’Opéra dans une situation budgétaire difficile

La Ville de Tours, qui supporte seule près de 60 % du budget de fonctionnement de l’Opéra – 6,5 M€ annuels –, a demandé à la Métropole de trancher sur l’intérêt métropolitain de cet équipement culturel. Le maire de Tours a aussi rendez-vous avec la ministre de la Culture Rima Abdul-Malak en janvier. Un soutien serait le bienvenu alors que l’institution multiplie les actions envers des publics de plus en plus larges…
P.N.

Nous sommes à un moment crucial car les subventions des partenaires publics, l’État, la Région et le Département, n’ont pas augmenté depuis 2002 ! En vingt ans l’inflation cumulée atteint presque 40 %, on peut considérer que l’Opéra a perdu autant de financements, même si la Ville a augmenté sa contribution ces dernières années, mais nous ne pouvons pas faire plus dans le contexte budgétaire actuel qui pèse sur les collectivités. » Christophe Dupin, l’adjoint à la culture de Tours, a tiré le signal d’alarme lors du conseil métropolitain de novembre dernier. Un dialogue s’est engagé avec les élus métropolitains et le président Frédéric Augis a proposé la création d’une commission spéciale pour étudier la situation de l’Opéra de Tours. « Je pense que personne ne peut nier que c’est un équipement d’intérêt métropolitain, poursuit l’élu. Il accueille un large public venant de bien plus loin que la ville, de tout le département et même au-delà et qui contribue au rayonnement de la Touraine au plan national. » Oui mais voilà, pour le moment, la Ville se sent bien seule quand il s’agit d’assurer le financement de la structure. Sur les 6,5 millions de budget annuel, 5,4 M€ proviennent des subventions publiques dont 3,5 M€ apportés par Tours, le reste se répartissant entre le ministère de la Culture, la Région et le Département. Ces deux dernières collectivités ont assuré lors de la présentation du début de saison 2023 le 30 novembre dernier que leur contribution ne baisserait pas. Ce qui veut aussi dire que, dans un contexte budgétaire très contraint pour les collectivités en raison de l’inflation, elle n’augmentera pas. Une subvention de la Métropole serait déjà la bienvenue l’an prochain, mais les arbitrages budgétaires risquent aussi d’être délicats pour l’intercommunalité. Le salut pourrait alors venir de l’État via le ministère de la Culture où le maire de Tours, Emmanuel Denis doit être reçu en janvier pour un rendez-vous sollicité auprès de la ministre Rima Abdul-Malak. « La question est de savoir quelles sont les ambitions et missions que l’on veut attribuer à l’Opéra de Tours, reprend Christophe Dupin. Si l’on considère qu’il est utile, qu’il remplit des missions importantes sur le territoire, que c’est donc un outil indispensable, ce que nous pensons, il faut lui donner les moyens de fonctionner… »

Des missions de plus en plus nombreuses

Cette tension budgétaire intervient à un moment où la structure, dirigée depuis septembre 2020 par le chef d’orchestre Laurent Campellone, n’a jamais assuré autant de missions. En plus d’être un lieu de diffusion et de productions d’œuvres lyriques, l’Opéra héberge un orchestre symphonique de musiciens intermittents (et non « permanentisés » comme dans les autres opéras en France) et un chœur d’une vingtaine de professionnels.
L’arrivée en début d’année d’un nouveau chef de cœur anglais, David Jackson, a aussi marqué le développement des activités envers le grand public, avec la création d’une chorale populaire qui connaît un grand succès puisque 230 Tourangeaux répètent deux fois par semaine depuis la rentrée. Une maîtrise pour former des enfants au chant a aussi été créée et même une chorale pour les personnes sans abri « À voix hautes » qui sont initiées au chant à l’église Saint-Julien. « Ces actions s’inscrivent vraiment dans la politique que nous souhaitons, conclut Christophe Dupin. La culture doit s’ouvrir au plus grand nombre, même aux milieux défavorisés. Il ne s’agit pas d’opposer une élite à la culture populaire, l’art lyrique comme la musique symphonique peuvent toucher tous les milieux à condition de mettre en place des actions adaptées… C’est pour cela que nous avons besoin de moyens, non pas pour satisfaire un petit public élitiste comme pourraient caricaturer certains, mais bien pour mettre cette culture lyrique à la portée du plus grand nombre… »

De quoi convaincre les partenaires d’accompagne davantage la Ville ? Réponse en début d’année !

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