MAME retrouve ses couleurs !

Il aura fallu 6 ans pour voir l’ancienne imprimerie achever sa mutation et devenir cette Cité de la création et de l’innovation totalement reconditionnée. Les travaux se sont achevés en début d’année, mais peu de gens ont pu admirer le lieu dans sa nouvelle configuration à cause du confinement... Redécouverte d’un bijou de l’architecture industrielle du XXe siècle réhabilité par la Métropole.
P.N

Vous passez peut-être devant tous les jours sans vous douter de ce que représente ce lieu emblématique de l’architecture industrielle du siècle passé. Ce bâtiment a été conçu peu après la 2e Guerre mondiale, au tout début des années 50, à l’orée des fameuses « 30 glorieuses » qui verra l’imprimerie Mame à son apogée. Il est l’œuvre d’un trio de talents internationalement reconnus à l’époque : l’architecte Bernard Zehrfuss, l’architecte et designeur Jean Prouvé et le peintre Edgar Pilet.

70 ans plus tard, il a été réhabilité par l’architecte Franklin Azzi à partir de 2015 puis, dans la dernière ligne droite par le cabinet d’architectes Caraty & Poupart-Lafarge, associé à l’agence RCP pour le design et l’aménagement intérieur du lieu qui, à l’origine, était une imprimerie composée de deux bâtiments : la tour administrative vitrées sur le devant, et les ateliers d’une surface de 4 000 m2 tout en longueur à l’arrière. Le résultat est forcément contemporain mais inspiré du passé en respectant l’esprit donné au lieu par ses créateurs.

« Outre la rénovation extérieure des façades à l’identique du bâtiment originel, nous avons aménagé un espace intérieur dont l’objectif était d’augmenter la capacité d’accueil des « Mamers » mais aussi d’organiser un espace commun modulable, de co-working et de restauration organisé autour de « La Machine », un îlot technique en acier brossé, permettant une restauration par snacking ou une restauration plus sophistiquée à partir d’une cuisine aménagée au sous-sol », explique l’architecte Bruno Poupart-Lafarge.

Le lieu abrite les bureaux permanents des entreprises, startups pour la plupart, de l’éco-système de la « Tours Tech ». Mais il est aussi un espace de co-working et un lieu événementiel pouvant accueillir de 100 à 800 personnes selon les besoins, d’où une modularité indispensable pour héberger les « Mamers », utilisateurs du lieu au quotidien, mais aussi les différents publics occasionnels.

« L’aménagement intérieur se caractérise par trois pièces fortes, explique Régine Charvet-Pello, fondatrice de l’agence RCP Design : la Machine, imposant bloc de 5,5 tonnes d’acier brossé posé au cœur de l’espace et regroupant en un seul point les organes techniques nécessaires au bon fonctionnement du lieu. C’est un clin d’œil aux grosses machines Heidelberg de l’ancienne imprimerie tout comme l’immense bibliothèque en bois remplie d’ouvrages et le tapis-mire de couleurs de l’espace de co-working qui s’inspire des hublots de couleur décorant le bureau d’Alfred Mame au dernier étage de la tour. »

La rénovation rend ainsi hommage aux illustres concepteurs du lieu et à l’ancienne imprimerie tout en assurant une modularité exemplaire de l’espace. En quelques heures, il se transforme en une vaste salle pouvant accueillir plusieurs centaines de personnes, non pas en poussant les murs mais en déplaçant le mobilier de travail comme les cabanes-bureaux mobiles. Une conception ingénieuse et une réussite esthétique, à découvrir dès que les conditions le permettront !

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