|
|
Natacha Fontaine, Vélo-entrepreneuse heureuse !
Portrait

Natacha Fontaine, Vélo-entrepreneuse heureuse !

Depuis la fin du confinement en mai, la couturière « zéro déchet » a troqué sa voiture contre une remorque qu’elle tracte à vélo pour aller vendre ses produits sur les marchés tourangeaux. Une façon pour elle de se mettre en conformité avec ses idées...
Patrice Naour
Natacha Fontaine Vélo-entrepreneuse heureuse !
1980, naissance à Sainte-Foy-la-Grande (33)
2000, installation à Tours
2008, naissance de sa fille

Elle fait partie de ces personnes pour qui « le monde d’après » a vraiment signifié un tournant dans sa vie, professionnelle en l’occurrence. « J’ai toujours été sensible aux questions environnementales, à l’écologie, j’étais engagée dans une forme de consommation responsable et durable, alors après le confinement, quand il a fallu reprendre la voiture pour aller installer mon stand, je me suis posé la question d’une alternative. J’habite à 300 m du marché Beaujardin et je trouvais vraiment dommage d’utiliser la voiture avec les nuisances qui vont avec pour un trajet aussi court… »

Il faut dire que Natacha Fontaine, après plusieurs vies dont la dernière comme éducatrice spécialisée dans un IME, a pris un nouveau virage en 2018. Elle a monté son activité de couturière professionnelle spécialisée dans le « zéro déchet ». Elle produit des ustensiles en textiles issus bios lavables et réutilisables à la place des produits jetables : couches pour les nouveau-nés, serviettes périodiques lavables, cotons démaquillants, charlottes en tissus pour remplacer les films étirables en plastique sur les plats, etc. Ces gammes de produits concernent principalement l’hygiène, la cuisine et la salle de bains. Évidemment, depuis le printemps, elle fait aussi des masques barrières de toutes les tailles, pour petits et grands. « J’ai toujours fait de la couture pour moi et les amis, je faisais par exemple les couches de ma fille qui a aujourd’hui 12 ans. Quand j’ai fait un burn-out en 2016 et que s’est posée la question d’une reconversion, je me suis lancée comme couturière… »

100 kg tractés en vélo

La crise sanitaire, le confinement n’ont fait que la conforter dans sa démarche d’œuvrer pour un environnement plus sain avec des produits durables. À la sortie du confinement, Natacha a voulu aller plus loin : elle a laissé son Kangoo au garage pour prendre un nouveau virage. « Je n’ai eu mon permis qu’en 2011 et j’ai toujours tout fait à vélo avant, naturellement j’ai pensé à m’équiper à la sortie du confinement. Dans un premier temps, j’ai pensé au triporteur puis au vélo cargo mais très vite, j’ai compris que c’était trop petit pour un stand. Sur les conseils d’un copain boulanger du marché de Beaujardin le samedi matin, je suis rentrée en contact avec un artisan du Jura qui fabrique des remorques en bois… »

Et c’est ainsi qu’est née, grâce à une cagnotte participative sur Internet, « Marcotte la roule-hotte » avec laquelle Natacha a repris la route des marchés – Beaujardin le samedi matin et Rabelais le dimanche – pour vendre sa production de la semaine. « On a adapté l’attelage à mon vieux vélo car j’avais un budget trop serré pour un vélo à assistance électrique. On a installé des freins à disque sur la remorque car elle pèse 100 kg chargée, et il faut que je puisse m’arrêter facilement
en cas d’imprévu… »

Un gain de temps appréciable

Depuis cet été, Natacha parcourt donc les 300 mètres entre son domicile et le marché de Beaujardin le samedi et les 6 km aller-retour jusqu’à la place Rabelais le dimanche. « Ça commence à faire loin, je mouline pas mal, et quand je rentre, je sens bien que j’ai appuyé sur les pédales », lance-t-elle dans un grand sourire. Mais après l’effort vient le réconfort pour Natacha qui n’a plus à charger et décharger son véhicule à chaque fois, avec la roulotte, tout est plus simple : elle la range dans le garage avec tout l’attelage et hop, c’est réglé ! Il suffit juste de faire le réassort pour le prochain marché, vite fait, bien fait. « Si je compare les deux, vélo et voiture, je gagne environ 15 min, je me déplace moins vite certes, mais je gagne du temps pour me garer et je n’ai plus à monter-démonter mon stand puisque c’est ma roulotte » rigole-t-elle.

Mais pourquoi ce nom de Marcotte ? « Je voulais lui donner un petit nom, j’ai trouvé marcotte, en horticulture, c’est une technique pour faire des boutures, je trouvais ça sympa et puis ça rimait avec roulotte… »

Comme désormais vélo rime avec boulot pour Natacha, « vélotafeuse » heureuse ! 

Pour aller   loin :
natachacouture.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

ARTICLES SIMILAIRES

Signaler un commentaire