Portrait

Pascal Avenet : Loin des clichés

Il n’est jamais sur la photo, et pour cause, c’est lui qui la fait la plupart du temps ! Son boîtier entre les mains, l’œil rivé au viseur, il sillonne depuis plusieurs décennies cette Touraine qu’il aime tant pour faire cette photo qui fera date, qui figera l’instant fugace pour l’éternité. Rencontre avec un photographe amoureux des livres qui n’aime pas les clichés tout faits !
Patrice Naour
1962 naissance à Tours
1982 1er appareil photo reflex, un Minolta XG1
2011 débuts comme photographe professionnel

Pascal Avenet est photographe professionnel depuis 2011 et bien connu des Tourangeaux, notamment parce qu’il réalise les reportages pour Le Magazine de la Touraine, le bien nommé. Pour ce Tourangeau pur jus, amoureux de son territoire, ça ne pouvait pas mieux tomber. « Aussi loin que l’on remonte dans la généalogie familiale, jusqu’au 17e siècle au moins, mes ancêtres étaient paysans ou vignerons dans la vallée du Cher, explique-t-il. C’est là que j’ai toujours vécu, dans ce berceau familial en quelque sorte, j’aime cette idée d’avoir un chez soi, d’être enraciné dans cette Touraine dont je ne me lasse jamais, il y a toujours des lieux à découvrir, des personnes à rencontrer, des paysages à parcourir, des lumières à capter, chaque jour différentes, que ce soit sur le Cher près duquel j’habite, la Loire ou l’Indre, c’est d’une diversité incroyable et la lumière y est pour beaucoup car, au final, c’est elle qui fait la beauté d’une photo… »

Aussi loin qu’il se souvienne également, il a toujours fait des photos ou presque. « J’ai eu mon premier appareil photo, un Instamatic Kodak, à 11 ans et à partir de là j’ai commencé à mitrailler ». Son premier reflex, un Minolta XG1, il l’achètera avec sa première paie à l’âge de 20 ans. « Finalement, des photos, j’en ai toujours fait, des photos de famille, de paysages, de vacances comme tout le monde. Comme je suis passionné de rock, je faisais aussi des photos de concerts, c’est très formateur… »

Faire des photos, comme tout le monde, très bien, mais de là à faire de « la photo » son métier, il ne l’imaginait pas vraiment. Et puis, un jour, au tournant de la cinquantaine, c’est une rencontre avec une photographe professionnelle qui va lui mettre l’œil derrière le viseur pour de bon. « Elle avait besoin de quelqu’un pour la seconder sur les mariages car elle était débordée, j’ai saisi l’opportunité et puis les commandes sont arrivées petit à petit, je n’ai pas arrêté depuis… »

Mariages, reportages pour la presse, les collectivités ou les entreprises, mais aussi corporate et commandes en tout genre et, bien sûr, auteur de livres… Pascal Avenet est un photographe tout terrain qui n’a pas voulu se spécialiser dans un genre. « Ça me vient peut-être de mes racines paysannes, mon grand-père disait toujours qu’il ne fallait pas mettre tous ses œufs dans le même panier et diversifier les cultures pour ne pas être dépendant d’une seule, j’ai dû m’appliquer ce sage principe », lance-t-il en rigolant de son rire franc qu’il déclenche presque aussi souvent que son obturateur car l’homme aime manier l’humour autant que son boîtier. En cela, et même s’il vit près de Chenonceau, à l’opposé des terres chinonaises de Rabelais, il est d’obédience rabelaisienne, appréciant tous ces bons moments que son métier lui apporte chaque jour sur un plateau. « Je ne me suis pas spécialisé non plus parce que je ne veux pas me priver ou passer à côté de quelque chose, explique-t-il. Pour moi qui m’ennuie facilement, c’est une aubaine, chaque jour est différent, chaque situation est unique, la beauté d’un paysage comme celle d’un sourire de mariés, on ne fait jamais deux fois la même chose, deux fois la même photo, et surtout on fait des rencontres passionnantes… » Comme la fois où, au détour d’un reportage, il a croisé le chemin de Gérard Depardieu qui a accepté de se faire photographier dans sa cave angevine !

Des stages pour transmettre son art

Il aime aussi transmettre en organisant des stages d’initiation pour le grand public, près de 2 000 stagiaires initiés ces dernières années. De fait, il ne lui reste pas beaucoup de temps libre. Quand il appuie sur la touche pause, il plonge dans sa discothèque ou sa bibliothèque, chacune riche de plus de 3 000 pièces. Les livres, la grande histoire de sa vie. Il les collectionne, il les dévore et, aujourd’hui, il en produit. Une dizaine au total publiés ces dernières années. « C’est peut-être le fil conducteur de ma vie et un aboutissement, peut-être que je fais ce métier aussi pour laisser une trace… » Comme les clichés qu’il dépose au sein de l’agence parisienne Hemis afin qu’ils continuent de vivre leur vie sans lui, ses livres resteront. Pendant que ce chasseur d’images compulsif, bosseur acharné et collectionneur passionné pourra enfin profiter des livres… de sa bibliothèque !

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