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Pauvreté : contenir la vague !
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Pauvreté : contenir la vague !

Pauvreté : contenir la vague !

+13 % d’allocataires du RSA, + 20 % de bénéficiaires attendus aux Restos du Cœur... Tous les indicateurs virent au rouge : la pauvreté risque d’exploser en raison de la crise sociale et économique qui se profile. Et les collectivités se préparent à faire face...
Patrice Naour
Pauvreté : contenir la vague !

« On s’attend à une hausse de 20 à 25 % du nombre de bénéficiaires pour la campagne d’hiver qui s’ouvre le 23 novembre… » Michel Flamé, le président des Restos du Cœur d’Indre-et-Loire ne se fait guère d’illusion : la crise sociale qui découle de la crise sanitaire en général, et du confinement en particulier, va déboucher sur une plus grande précarité. Concrètement, dans ses 20 centres répartis sur le département, l’association devrait accueillir 9 000 personnes sur la période hivernale contre 7 000-7 200 l’hiver dernier. Cet été déjà, les bénévoles ont constaté un afflux de nouvelles personnes aux profils sociologiques différents des bénéficiaires habituels. « On voit apparaître des jeunes, des étudiants qui ont perdu leur petit job d’appoint, se désole Michel Flamé. Les femmes seules aussi sont couchées par la précarité, parmi les bénéficiaires on compte ainsi 300 bébés de moins d’un an pour lesquels il faut évidemment prévoir des denrées spécifiques… »

Autre élément : le Secours Populaire a annoncé avoir aidé 1 270 000 personnes pendant les deux premiers mois de confinement, dont 45 % d’entre elles n’étaient pas connues de l’association. Preuve que cette période a été une véritable déflagration pour beaucoup de personnes obligées de se tourner vers les associations caritatives.

+ 13 % d’allocataires du RSA depuis mars

Ces données ne sont que deux parmi d’autres qui tendent toutes au même constat : la précarité s’accroît et avec elle la pauvreté car, de l’une à l’autre, il n’y a qu’un pas. Le 25 septembre dernier, en ouverture de la dernière session du Conseil départemental qui a, entre autres missions sociales, assuré la gestion du RSA (Revenu de solidarité active), Jean-Gérard Paumier, président de l’exécutif départemental a aussi rappelé qu’en ce début d’automne, « la crise sanitaire commence à faire sentir ses préoccupantes conséquences économiques et sociales. Cela se traduit par une augmentation forte des allocataires du RSA, plus 13 %, c’est-à-dire près de 1 900 nouveaux allocataires depuis mars ». Conséquence : le budget initialement prévu de 80 M€ ne sera pas suffisant pour couvrir les besoins qui devraient dépasser les 86 M€. Et Jean-Gérard Paumier de rappeler « qu’en 2010, date de création du RSA, son coût s’élevait à 49 M€ pour le Département, compensé par l’État à 81 %. Aujourd’hui, la dépense dépassera 86 M€ compensée à 55 %. Je regrette qu’à ce jour les 6 M€ supplémentaires qui découlent directement de la crise sanitaire et constituent notre obligation au titre de la solidarité nationale n’aient fait l’objet d’aucune annonce de compensation par l’État ».

Au-delà du message politique à destination du Gouvernement, le constat s’impose : la crise engendrant des coûts supplémentaires pour la collectivité.

Une 3e épicerie sociale mobile sur Tours ?

À Tours, le dernier conseil municipal en date du 29 septembre dernier a aussi été l’occasion d’annoncer des mesures pour lutter contre cette précarité croissante. Pas d’enveloppe budgétaire supplémentaire dédiée mais un renforcement des moyens humains et logistiques pour accompagner les associations spécialisées dans l’aide alimentaire et l’accueil des publics pauvres et précaires, familles en difficulté aussi bien que les sans-abri ou les migrants en voie d’intégration. « Nous sommes prêts à faire face car les effets de la crise commencent à se faire sentir, explique Cathy Munsch-Masset, 1re adjointe, en charge de la Solidarité. Il est difficile de prévoir les besoins supplémentaires mais les associations évaluent aussi à 10-15 % les besoins supplémentaires. » La ville va créer 8 postes de service civique sous l’égide de l’association Uniscité qui seront mis à disposition des différentes associations pour les accompagner dans leurs différentes tâches avec des moyens humains supplémentaires. La municipalité est aussi prête à financer une 3e épicerie sociale mobile. Deux sont déjà en circulation, financées notamment par l’État et le Département. « Si les besoins augmentent, nous apporterons notre contribution à l’achat d’un véhicule pour apporter ce service dans les trois quartiers de la ville où nous avons constaté des besoins, à savoir les Fontaines, les quais de Loire à Tours centre et à Tours-nord », précise Cathy Munsch-Masset. Pour rappel, ces épiceries sociales vendent les denrées à 10 % du prix, ce qui permet aux personnes en difficulté, qui ne veulent ou ne peuvent pas s’adresser à une association d’aide alimentaire, de s’approvisionner à moindre coût. Mais aujourd’hui ces petits prix s’avèrent souvent encore trop chers pour beaucoup…

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