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Perturbateurs endocriniens : la chasse a commencé !
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Perturbateurs endocriniens : la chasse a commencé !

Perturbateurs endocriniens : la chasse a commencé !

Il n’y a pas que la Covid-19 qui préoccupe les élus... Cet été, un rapport a été présenté à l’exécutif régional sur les perturbateurs endocriniens qui ont des effets sur la santé. Une charte avec des engagements est en cours d’élaboration pour apporter des réponses à ce problème de santé publique à l’échelle de la Région...
Gaëla Messerli
Alix Téry-Verbe, conseillère régionale déléguée à la prévention-santé-environnement.

Les perturbateurs endocriniens, ce sont ces substances qui altèrent les fonctions du système endocrinien et induisent en conséquence des effets nocifs sur la santé d’un organisme ou de ses descendants. Ces substances se trouvent dans notre environnement, mais aussi dans notre consommation, dans l’air qu’on respire, l’eau qu’on absorbe… D’où le choix de la Région de s’intéresser, depuis 2018, à cette problématique. Celle-ci a ainsi constitué un comité de pilotage de 90 membres appartenant aussi bien aux services et agences de l’État (ARS, Agence de l’eau Loire-Bretagne…) qu’aux laboratoires de recherches et aux associations.

Une étude a donc été réalisée à partir des données environnementales régionales, mais aussi d’extrapolations d’études menées hors région. Ce document met en évidence 39 substances prioritaires pour la région Centre-Val-de-Loire. « Nous avons fait le choix d’utiliser les données disponibles et de ne pas refaire les analyses pour nous concentrer sur les actions », explique la conseillère régionale Alix Tery-Verbe, déléguée à la prévention-santé-environnement.

39 substances pointées

Les données environnementales régionales identifient ainsi, dans cette étude, 15 substances dans la catégorie des pesticides et fertilisants, dont quatre ont des effets perturbateurs endocriniens avérés (lindane, perméthrine, DDT et simazine*) et cinq sont interdites (atrazine, simazine, lindane, DDT et imidaclopride*). « Malgré leur interdiction, ces produits sont tout de même quantifiés dans l’environnement régional », rapporte l’étude intitulée Sensibilisation des habitants de la région Centre-Val de Loire aux enjeux des perturbateurs endocriniens. Mais il y a aussi l’environnement domestique lié à l’utilisation de « produits d’entretien et de biocides ». On peut également ajouter cinq métaux majeurs repérés régionalement comme le mercure, l’arsenic ou le plomb et qui ont, selon les études nationales, des « effets toxiques classiques avérés et des effets perturbateurs endocriniens fortement suspectés. Les métaux sont présents dans certains produits alimentaires (produits de la mer). »

Cet état des lieux indique aussi six produits pharmaceutiques présents en région, dont « deux sont des perturbateurs endocriniens fortement suspectés », comme certains parabènes*. À noter que, même si elles ne sont pas quantifiées régionalement, six substances ont été identifiées par extrapolation « comme préoccupantes » au niveau des produits cosmétiques comme les parabènes, le triclosan* ou encore le benzophénone* 1 et 3. À cette liste qui donne déjà un peu le tournis s’ajoute neuf substances chimiques diverses jugées prioritaires, notamment les bisphénols, les phtalates et les dioxines.

Côté territoires concernés, sur 23 bassins de vie, quatre sembleraient moins prioritaires selon l’étude, mais le groupe de travail régional constate que les choses sont moins simples qu’il n’y paraît entre les territoires agricoles, les territoires industriels et ceux qui sont concernés par l’ensemble de ces paramètres, notamment en raison de la pluralité des types d’exposition. Les bassins de vie d’Orléans, de Pithiviers et de Loches font cependant partie des zones mixtes jugées prioritaires, car elles comptent « des surfaces agricoles utiles de plus de 50 %, avec des indices de fréquence de traitement supérieur à 3, mais également des émissions industrielles de COV dans l’air supérieures à 200 000 kg/an et des rejets industriels aqueux de demande chimique en oxygène et de matières en suspensions qui sont importants. » Mais au final, à la lumière des discussions au sein du comité de pilotage, difficile de trancher en matière de priorités sur les territoires, estime Alix Téry-Verbe.

« Des substances interdites mais pourtant quantifiées dans l’environnement régional… »

Pas d’interdictions possibles au niveau régional

La Région Centre-Val de Loire a donc choisi de cibler les populations sensibles pour son plan d’actions. Les perturbateurs endocriniens agissant sur le système hormonal, celui-ci connaît une activité plus importante lors de certaines périodes de la vie, comme la période prénatale et périnatale, la petite enfance et la puberté. « Nous sommes limités par la réglementation européenne au niveau des actions, car nous ne pouvons pas interdire les substances, mais nous pouvons sensibiliser et inciter, explique Alix Téry-Verbe. On sait que les 1 000 premiers jours de vie sont importants. Notre champ d’actions passe donc par la sensibilisation des professionnels de santé sur ce sujet, en partenariat avec les Départements, par exemple au niveau des PMI. Au niveau de la Région, nous pouvons toucher les lycéens à travers nos actions. Il y a également, à notre échelle, le levier de la commande publique au niveau des fabricants. Cette donnée rentre dans les thématiques environnementales de nos marchés. Il faut donc également sensibiliser nos services, les personnels comme les élus. »

Une charte bientôt signée

En effet, pour l’élue écologiste, l’un des volets d’action possible concerne le niveau des aides économiques. « Cela se discute au sein de notre hémicycle, et le but est d’être incitatif, affirme la conseillère régionale. Au niveau de la cosmétique, un domaine emblématique au niveau régional, certains industriels commencent déjà à réorienter leurs recherches ». Au niveau agricole, Alix-Téry-Verbe explique que la Région « a un plan bio pour soutenir la filière, mais l’idée n’est pas de viser les agriculteurs, victimes d’orientations politiques depuis des décennies, mais de pouvoir les accompagner dans le changement des pratiques. »

Le plan d’actions « est presque terminé. Il faut commencer à le lancer », conclut la conseillère régionale. D’ailleurs, la signature de la charte d’engagements « Villes & Territoires sans perturbateurs endocriniens » est prévue lors d’une des prochaines sessions du Conseil régional. De quoi pousser peut-être d’autres collectivités à s’engager en la matière, à la manière de l’opération 0 pesticide.

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