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Sophie Clerc et Romuald Colin « Fais ce que voudras »
Portrait

Sophie Clerc et Romuald Colin « Fais ce que voudras »

De l’urbanisme à la vigne, il y a plus d’un pas, que Sophie Clerc et Romuald Colin ont franchi définitivement début 2020. Avec leur Chai de Thélème, ils travaillent le cot, le gamay, le grolleau, et cultivent surtout une nouvelle manière de vivre.
Rédaction
Sophie Clerc et Romuald Colin
1996-1998 Installation comme urbanistes
2014 Premiers rangs de vignes
2018 Sophie s’installe comme viticultrice

Si nous avions rencontré Sophie Clerc et Romuald Colin il y a trois ou quatre ans, c’est sans doute dans leur cabinet d’urbanisme du Bourgueillois qu’ils nous auraient accueillis. Mais ça, c’était avant. Depuis un peu plus d’un an, les deux professionnels de l’aménagement sont vignerons à plein temps. S’ils consacrent 100 % de leur temps à la vigne depuis 2020, la transition entre deux métiers que rien ne semble relier a pris en réalité plusieurs années.

Rat des villes ou rat des champs ? Si le mot « urbanisme » évoque la vie citadine, le couple n’était cependant pas friand d’un rythme de vie à la ville : depuis 1998 ils sont installés à Huismes. « Nous voulions être à la campagne, dans la nature, mais notre travail ne nous permettait pas d’en profiter », explique Sophie, qui retrace à grands traits ces années à naviguer entre les bureaux des élus, les visites de terrain et le bureau d’études où il faut gérer une douzaine de salariés.

Et puis, surtout, un métier qui s’est transformé : non seulement il leur a fallu apprendre à devenir chef d’entreprise lorsqu’ils embauchent leurs premiers salariés en 2004, mais les réglementations ont évolué, et avec elles les collectivités où les intercommunalités prennent une place grandissante. Aux premières loges de la conception des PLU (Plans Locaux d’Urbanisme), pour lesquels ils aimaient dialoguer avec les élus pour les aider à dessiner l’avenir de leurs communes, Romuald et Sophie ont fini par ne plus se retrouver dans leur métier. « Nous nous sommes retrouvés à traiter des gros dossiers, en ayant moins de contact direct avec les élus, et sur des questions complexes puisqu’on est entré dans une phase de réduction de la consommation foncière et des zones constructibles. Donc la pression était plus forte, et on ne retrouvait plus le lien humain qui nous plaisait », se souvient Sophie.

Une installation hors appellations

Une petite idée fait alors son chemin : et si on faisait du vin ? Le projet pourrait sembler farfelu, alors Sophie se lance la première, pas à pas. Douze ares de vignes en 2014, pour tester. Puis une formation à distance au lycée viticole de Beaune pendant deux ans et demi, avec des stages pratiques, jusqu’en 2017. Elle s’installe officiellement en 2018, mais il leur faudra attendre la revente de leur cabinet d’urbanisme en 2019 pour changer véritablement de vie.

Il faut dans le même temps trouver des vignes, ce qui n’est pas une mince affaire dans une zone comme le Chinonais. Le couple fait donc le choix d’investir dans des terrains hors AOC, à Rivarennes et Cheillé, des communes où la pression sur le foncier est moindre. Car l’autre ambition de nos néo-vignerons était de partir de zéro : hors de question de racheter un domaine existant, s’ils se lançaient, c’était pour créer de A à Z ! Ce n’est pas pour rien qu’ils ont choisi le nom de Chai de Thélème, puisque la devise de l’abbaye imaginée par Rabelais était « Fais ce que voudras ».

Mais débarquer dans un nouveau professionnel à l’approche de la cinquantaine, pas trop compliqué ? « Nous avons fait le choix d’être en biodynamie, et on a découvert un milieu où les gens sont ouverts, et prêts à donner un coup de main ! Les cavistes aussi ont été très accueillants lorsque nous les avons contactés avec nos premières bouteilles », raconte le couple.

Un an après s’être lancés dans ce travail à plein temps, assis derrière une grande table de bois, dans leur maison huismoise, le couple dresse pour nous un premier bilan : « On y passe beaucoup de temps, mais on n’a pas l’impression de travailler, car c’est par passion, et on ne s’ennuie pas car on apprend tous les jours ! » L’autre point fort de cette reconversion, c’est pour Sophie et Romuald « avoir retrouvé la liberté, car lorsque nous avions des salariés nous ne pouvions pas prendre autant de risques, pour ne pas mettre leurs emplois en danger ».

Conscients d’avoir eu de la chance pour ces premières saisons sans gel ni maladie, les vignerons du Chai de Thélème profitent chaque jour des paysages variés de leurs différentes parcelles, en attendant de pouvoir ouvrir leur hébergement touristique, entre Loire à Vélo et œnotourisme. Avec un bilan clair : « Aujourd’hui nous n’avons plus de stress quotidien, et aucun regret. »

Une réponse

  1. Eh ben !!!
    Bravo à tous les deux pour votre courage et votre ténacité !!!!
    Et votre belle réussite surtout !!!
    Hâte de passer vous saluer au chai de Télème !!!

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