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Tous contre François Bonneau !
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Tous contre François Bonneau !

Tous contre François Bonneau !

Avec la confirmation par le gouvernement de la date des élections régionales les 20 et 27 juin prochain, les différentes listes ont pu rentrer en campagne pour la conquête des 77 sièges de l’exécutif régional. À 67 ans, l’actuel François Bonneau, réélu d’un souffle en 2015, brigue un 4e mandat à la tête d’une liste d’union PS-PCF. Mais la concurrence s’annonce rude pour maintenir la région à gauche...
P. N.

Le risque, c’est l’éparpillement des voix… » Un observateur avisé de la chose politique à gauche, élu d’Indre-et-Loire, ne cache pas son inquiétude : face à la multiplication des listes à gauche et au centre de l’échiquier politique avec, notamment, les écologistes – alliés dans la majorité rose-verte actuelle – qui partent de leur côté, le jeu, pour le président sortant serra serré. Très serré. Mais n’en a-t-il pas l’habitude après tout ? À chaque élection, beaucoup donnent François Bonneau battu. Et finalement, il se révèle battant et gagnant. Comme en 2015 où, par le jeu d’une triangulaire, il a devancé de moins d’1 point et de 8 500 voix (sur un peu plus d’un million de votes) la liste d’union de la droite menée par Philippe Vigier (35,42 % contre 34,58 %). Le RN arrivant en 3e position avec 30 % des suffrages.

D’ailleurs, lors de la présentation des premiers noms de sa liste le 24 avril dernier, le président sortant – mais pas encore sorti – ,
se voulait rassurant en déclarant à propos de la liste EELV – LFI conduite par Charles
Fournier, son propre vice-président à la transition écologique et citoyenne : « Mais il n’y a aucun doute, nous nous retrouverons et nous rassemblerons au second tour… »

La gauche désunie au 1er tour

Sauf instincts suicidaires des uns ou des autres, on ne peut que le rejoindre sur ce point : si les alliés d’aujourd’hui veulent rester aux commandes, ils devront encore s’allier demain… Mais il faut bien entendu attendre les résultats du 1er tour pour savoir qui sera le rallié de l’autre. Car si on peut croire Bonneau quand il dit qu’ils sauront faire alliance avec Fournier, encore faut-il voir dans quel ordre… Qu’on ne s’y trompe pas, si les Verts sont partis au combat sous leur propre bannière, c’est qu’ils espèrent bien faire la nique à leurs alliés socialistes. Aux dernières élections municipales de 2020, les écologistes ont gagné du terrain – accrochant notamment la ville de Tours à leur tableau de chasse avec les socialistes comme supplétifs – et ils espèrent surfer sur cet esprit écolo qui s’est développé au cours de la crise de la Covid, pour devancer leurs « amis » socialistes au 1er tour et les rallier à leur panache en vue du second. L’enjeu est donc considérable pour le président sortant : il s’agit bien de déterminer le leadership à gauche au 1er tour ! S’il est devancé par ses alliés, il devra laisser la place et dire adieu à un 4e mandat… L’autre inconnue du 1er tour étant le nombre de listes qui franchiront la barre des 10 % pour se maintenir au second : triangulaire ou quadrangulaire, cela change beaucoup de choses…

Le Vert Charles Fournier part de son côté

Une autre liste teintée de vert se lance aussi dans la bataille. Elle est conduite par Christelle de Crémiers, actuelle 11e vice-présidente au tourisme, terroir et à l’alimentation, élue en 2015 sur la liste de Charles Fournier et qui joue l’indépendance cette fois-ci à la tête d’une liste citoyenne « Démocratie écologique ». En Indre-et-Loire, ses têtes de liste sont Corinne Taillole et Mathieu Fuyard. Cette liste « intégralement citoyenne et indépendante des partis » peut priver la liste de EELV-LFI de voix précieuses dans sa quête du leadership à gauche.

De son côté, pour sa liste « Un nouveau souffle », Charles Fournier peut compter sur le soutien de La France Insoumise, incarnée au niveau national par Jean-Luc Mélenchon. Tandis que François Bonneau a reçu, lui, l’appui du PCF et d’une dizaines de formations et mouvements de gauche, du centre et écologistes. En Indre-et-Loire, la liste PS-PC, « Plus fort ensemble », est conduite par le binôme constitué par l’agricultrice de Luynes, Témanuata Girard, ex-secrétaire nationale de la Confédération Paysanne, et par Jean-Patrick Gille, l’ancien député socialiste de Tours, aujourd’hui adjoint à la mairie et vice-président à la Métropole.

Fesneau aussi bien que Macron ?

L’autre menace pour François Bonneau vient du centre. Son élection de 2015, il la doit à la triangulaire du second tour mettant aux prises sa liste d’union de la gauche avec la droite et le RN. Mais, depuis lors, l’élection d’Emmanuel Macron en 2017 a changé la donne. Le président de la République avec son « ni gauche, ni droite » a rallié à lui des électeurs de gauche ET de droite. En sera-t-il de même pour Marc Fesneau, le candidat LREM – Modem à ces Régionales ? L’ancien député Modem du Loir-et-Cher, actuel ministre des Relations avec le Parlement et à la Participation citoyenne, parviendra-t-il à faire comme son chef de file et à détourner des voix et de gauche et de droite vers sa candidature ? Rien n’est moins sûr. On le sait depuis les dernières municipales, il est très difficile pour les représentants macronistes d’exister dans des élections locales… Il y a fort à parier que le mouvement présidentiel aura les mêmes difficultés à exister sur la scène régionale. À moins que l’ancrage territorial réel de Marc Fesneau sur sa terre d’élection du Loir-et-Cher lui permette de faire le poids. Toujours est-il que liste LREM – Modem est une autre mauvaise nouvelle pour François Bonneau car certains électeurs de centre-gauche pourraient se laisser séduire par le représentant du parti présidentiel…

La droite unie derrière Forissier

François Bonneau retrouve aussi ses adversaires traditionnels comme en 2015.
Guillaume Peltier, le chef de l’opposition LR à la Région, ayant décliné l’invitation à mener le combat, la liste d’union de la droite et du centre droit LR-UDI est conduite par le conseiller régional et député de l’Indre Nicolas
Forissier. À 60 ans, ce chef d’entreprise a une belle carrière politique derrière lui puisqu’il est, notamment, élu député dès 1993. Il fut aussi maire de La Châtre (Indre) entre 1995 et 2017 et secrétaire d’État chargé de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche et des Affaires Rurales en 2004 et 2005, sous Jacques Chirac. « Vous savez, je n’ai raté qu’une élection sur dix-neuf depuis le début de ma carrière politique… » annonce-t-il malicieux. Il espère donc devancer tous ses adversaires au 1er tour Mais rien n’est acquis… En Indre-et-Loire, la liste de Nicolas Forissier
a pour tête de liste le maire de Joué-lès-Tours, Frédéric Augis, un poids lourd de la droite locale, très proche de Philippe Briand dont il a été l’attaché parlementaire jusqu’à son élection comme maire en 2014. Nicolas
Forissier a « recruté » à ses côtés un autre Tourangeau en la personne de Marc Angenault, le maire de Loches, qui occupe les fonctions de directeur de campagne.

Avec Nikolic, le RN joue la carte jeune

Quant au RN, il a désigné comme tête de liste un jeune Eurélien de 34 ans, Aleksandar Nikolic.
Il fait partie de ces nouveaux visages du Rassemblement National. Père de famille, pompier volontaire, ancien commerçant dans le prêt-à-porter, il travaille aujourd’hui comme permanent au siège du RN où on le dit proche de Jordan Bardella, député européen et figure montante du parti de Marine Le Pen. Son objectif est bien entendu de faire mieux que les 30 % récoltés en 2015 par Philippe Loiseau et d’être le premier à conquérir une région pour le compte du RN, ce qui serait un véritable séisme politique en France.

Deux autres listes sont également engagées dans ces régionales. Il y a celle de Lutte ouvrière, conduite par Farida Megdoud, une enseignante orléanaise, déjà candidate aux Régionales en 2010 et 2015. Et puis le
Tourangeau Guillaume Lapaque, ancien du Modem à Tours, commerçant à Bourgueil et à ce titre président de la Fédération Départementale des Unions commerciales d’Indre-et-Loire, s’est allié avec le Loir-et-Chérien Gildas Vieira, candidat de La France Autrement, pour créer une liste citoyenne « sans étiquette », mais à dominante professionnelle avec des artisans, commerçants, professionnels du tourisme… Ils veulent œuvrer pour une plus grande proximité avec les habitants de la région et un rééquilibrage entre villes et zones rurales…

Mais leur problème est d’abord de pouvoir faire campagne en période de semi-confinement, déplacements contraints et mesures sanitaires contraignantes… Ce qui pourrait amener Guillaume Lapaque à renoncer. Et c’est un élément clé de cette campagne qui se déroule dans un contexte très particulier. Il va être difficile pour les nouveaux venus d’émerger et, de fait, il y a une prime aux élus déjà présents sur la scène régionale, et François Bonneau n’est pas le moins bien placé pour bénéficier de cette
situation inédite…

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