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Une gifle pour réveiller la Métropole
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Une gifle pour réveiller la Métropole

Une gifle pour réveiller la Métropole

Un an après son accession à la présidence de l’exécutif métropolitain issu des élections municipales de juin 2020, Wilfried Schwartz, le maire de La Riche, a démissionné pour des raisons peu claires. La Métropole doit lui trouver un successeur avant le 8 juillet, date du prochain conseil métropolitain…
Rédaction

Il affirme qu’il avait prévu de démissionner et que l’événement qui s’est produit mercredi 23 juin (lire ci-dessous) n’a fait qu’accélérer son annonce. Toujours est-il que Wilfried Schwartz, réélu maire de La Riche dès le premier tour des municipales en mars 2020 avec 77 % des voix, puis élu, à 35 ans, plus jeune président d’une métropole en France en juillet dernier, a annoncé jeudi 24 juin qu’il allait démissionner de son poste.

Le lendemain, vendredi 25 juin, il faisait une déclaration à la presse dans laquelle il se disait victime de « pièges » visant « à salir l’honneur d’un homme politique » et de « coups bas ». Il se déclarait aussi « surpris d’apprendre que certains ont travaillé à ma démission la veille de mon intention ».

Que cette démission soit liée directement ou non à l’affaire de la plainte de son directeur de cabinet ne change pas grand-chose à l’affaire pour la Métropole qui doit se trouver un nouveau
président avant le 8 juillet.

Adoubé par Philippe Briand

Retour un an en arrière à l’issue du second tour des Municipales de juin 2020 : la droite, avec la défaite de Christophe Bouchet à Tours, n’a plus la majorité au conseil métropolitain. Pour la gauche et les écologistes emmenés par Emmanuel Denis, nouveau maire de Tours, qui est la ville-centre qui envoie le plus d’élus au conseil métropolitain, il est hors de question de prolonger le statu quo d’une Métropole gérée collégialement par le bureau des 22 maires davantage que par l’assemblée de 88 conseillers (depuis l’an passé). Les électeurs ont voté pour le changement à Tours, il faut que cela se traduise aussi à la Métropole. Mais si le rapport de forces s’est rééquilibré en faveur de la gauche, elle n’a pas une majorité assurée pour imposer son candidat, si tant est qu’elle en ait un à l’époque…

Il faut donc trouver une candidature qui fasse consensus. Qui donc pour incarner cette nouvelle ère métropolitaine qui s’ouvre ? Emmanuel Denis, maire Vert, nouveau venu en politique, ne se sent pas d’assumer les deux casquettes de maire et président, sans compter que ce « cumul » ne serait pas bien vu par ses amis écologistes, opposés à toute forme de cumul. Philippe Briand, représentant de la droite, ne fait pas l’unanimité chez les nouveaux élus de gauche à Tours. Et puis il a une autre échéance en tête : il sait que le printemps 2021 sera celui du procès Bygmalion et il ne peut pas assumer la présidence d’une métropole en étant sous les feux de l’actualité judiciaire, ce qui affaiblirait la fonction. D’ailleurs, il attend toujours le verdict du procès qui s’est déroulé en mai pour septembre prochain. Il pourrait alors être condamné à 3 ans de prison avec sursis et 5 ans d’inéligibilité et de privation de droits civiques si le jugement suit le réquisitoire du procureur. Autant dire qu’une telle condamnation écarterait sans doute le pdg du groupe CityA de la vie politique définitivement.

Rose pâle ou vert flashy ?

Christian Gatard, le maire socialiste de
 Chambray-lès-Tours, a pour lui l’expérience d’un vice-président aux fiances qui gère la métropole avec sérieux. Mais il est un peu trop rose pâle pour les élus de la nouvelle majorité verte-rose-rouge de Tours et, en outre, il n’est pas très chaud, à 64 ans, pour aller affronter ces « jeunes Turcs » – qu’il a accueilli avec bienveillance et pédagogie lors des premiers conseils métropolitains en leur dispensant quelques cours de finances publiques – dans l’arène métropolitaine.

Reste Wilfried Schwartz, élu maire de La Riche en 2014 à 29 ans et réélu triomphalement en 2020. Issu du PS, il n’affiche plus les couleurs de son parti d’origine, et, après été tenté un temps par le macronisme, fait, après tout, un élu de gauche présentable. Il est adoubé par Philippe Briand lui-même qui le désigne comme son successeur, ce qui n’est pas rien dans une vie politique. Il a donc cet avantage de faire consensus à droite aussi, car la jeune métropole de Tours-Val de Loire ne peut pas s’offrir le luxe de guerres au sein du conseil, elle doit faire avancer les nombreux dossiers dans le cadre de ses compétences élargies découlant du statut de métropole acquis en 2017. Cela passe donc par un travail collégial et constructif acté par des votes clairs pour que les choses avancent vite. L’heure n’est pas à la guéguerre politique, mais à l’action !

Las, depuis un an, la Métropole donne l’impression d’avancer au ralenti. Et les interrogations sur les capacités de Wilfried Schwartz à mettre ces nouvelles missions en musique étaient exprimées de plus en plus ouvertement par certains élus ces derniers temps. Son intention de briguer un mandat de conseiller départemental en a surpris et irrité plus d’un qui attendaient la fin de l’épisode des élections départementales pour demander des explications à « leur » président. Il a préféré anticiper ces difficultés à venir en annonçant sa démission pour se consacrer à sa ville de La Riche et à son nouveau mandat de conseiller départemental pour lequel il a été élu dimanche 27 juin.

Retour un an en arrière ?

Et l’on revient donc… un an en arrière : quel président pour Tours Métropole ? Les candidats sont les mêmes mais leurs positions ont évolué. Emmanuel Denis ne ferme pas à la porte à la présidence, mais fera-t-il l’unanimité auprès des maires de droite ? Christian Gatard a le profil, mais lui, le socialiste modéré, sera-t-il adoubé par les jeunes élus sur sa gauche ? Le jeune maire LR de Fondettes, Cédric de Oliveira, pourrait aussi cocher certaines cases, mais il vient tout juste d’être élu au Département, un territoire qui lui sied bien en tant que président de l’association des maires d’Indre-et-Loire.

Les 22 maires, en contact permanent depuis le 24 juin, doivent donc trouver parmi eux le mouton à cinq pattes capable de rassembler une majorité derrière lui. Car le nouveau président doit, si ce n’est faire l’unanimité, du moins obtenir un large consensus pour faire enfin décoller Tours Métropole… 

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