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Comment protéger nos aînés ?

Comment protéger nos aînés ?

À l'heure où notre département dépasse encore le seuil d'alerte pour ce qui est du taux d'incidence, tout le monde se demande comment protéger les personnes les plus âgées. La découverte d’un cluster, la semaine dernière, dans un EHPAD orléanais, vient rappeler à quel point la vigilance est de mise pour préserver la santé de nos aînés.
Gaëla Messerli
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Le 23 septembre dernier sur France 2, Jean Castex assurait que le Gouvernement ne reconfinerait pas les EHPAD. Cependant, le Premier ministre a appelé les seniors à la prudence et à se protéger. Christophe Lugnot, le directeur de cabinet de l’ARS Centre-Val de Loire, prolonge ce message dans les territoires. Et rappelle que les EHPAD et autres maisons de retraite « ont la main en matière de protocoles. Outre les gestes barrières et la distanciation sociale, nous nous sommes aperçus, en échangeant avec eux, que les personnels devaient rappeler à certaines familles qu’il fallait éviter les embrassades… » 

 « Pas de flambée dans les EHPAD »

Christophe Lugnot rappelle néanmoins que la situation n’est actuellement pas la même dans les EHPAD de la région et du Loiret qu’à la sortie du confinement. « Nous ne sommes pas dans des situations de quarantaine, les établissements ne sont pas sous cloche, explique-t-il. Même si, évidemment, les personnes contaminées restent en chambre. » Pour le représentant de l’ARS, il est aujourd’hui important de respecter tous les gestes barrières. Actuellement, dans le Loiret, seul l’EHPAD Pierre Pagot, à Orléans, est considéré « comme un cluster, mais il est maîtrisé. Dans d’autres EHPAD, il y a quelques cas, mais qui ne sont pas des clusters. Aujourd’hui, il n’y a pas de flambée dans les EHPAD. Néanmoins, comme il s’agit d’établissements regroupant des personnes fragiles, nous devons être vigilants. » 

Dans les résidences seniors Idylia de la Métropole, on applique ainsi un protocole sanitaire « avec port du masque et gel hydroalcoolique. Mais il n’y a pas de limitation dans les visites. Les gens sont ici chez eux », indique la directrice coordinatrice Stéphanie Coutan, qui a constaté que le moral de ses résidents était meilleur depuis la reprise des activités et la réouverture des parties communes. « Les activités ont repris avec de la distanciation sociale et le port de la visière pour tous les membres de la chorale notamment, poursuit la directrice. Sinon, chaque résident doit apporter son stylo pour certaines activités. Pour celles qui sont manuelles, nous faisons en sorte que nos résidents n’aient pas à partager leur matériel. » À cela s’ajoute, pour les équipes, la désinfection des tables et des chaises dès que les personnes partent. « Les jeux de cartes et les jeux de société sont de nouveau remis à disposition, avec un nettoyage de mains au gel hydroalcoolique demandé en amont », insiste Stéphanie Coutan. 

Le masque, même en privé

En dehors des EHPAD, comment protéger nos aînés ? Que l’on ait 17 ou 50 ans, tout le monde a dans son entourage une personne à risque ou une grand-mère qui peut être fragile. Aussi, nombreux sont ceux qui se posent la question de se faire dépister avant un déjeuner en famille. Est-ce pertinent ? Le docteur Thierry Prazuck, chef de service des maladies infectieuses du CHRO, répond que « de nouveaux tests à destination des personnes asymptomatiques sont en train d’arriver cette semaine. Ils devraient être à terme disponibles en pharmacie. » Au niveau de l’ARS Centre-Val de Loire, Christophe Lugnot estime que les tests, s’ils « peuvent permettre de rassurer les familles », ne font pas tout. « Il faut également continuer de respecter les gestes barrières et le port du masque lors des réunions de famille pour les personnes âgées ou à risque », rappelle ainsi Thierry Prazuck. 

Se faire vacciner contre la grippe 

De plus, en cette saison automnale qui s’ouvre, les autorités de santé conseillent aux plus de 65 ans et aux personnes fragiles de se faire vacciner contre la grippe. Parce qu’il sera plus facile d’établir des diagnostics et parce que « la couverture vaccinale des plus de 65 ans aujourd’hui est d’à peine à 50 %, alors qu’elle devrait être de 70 % comme chez nos voisins anglais », observe le docteur Thierry Prazuck. L’Académie Nationale de Médecine a d’ailleurs publié, dès le 13 mai dernier, des recommandations afin « d’associer la vaccination antigrippale et la vaccination anti-pneumococcique chez les personnes âgées de plus de 65 ans en raison de la gravité des infections invasives à pneumocoque sur ce terrain ». Elle préconise aussi « de rendre obligatoire la vaccination antigrippale pour tous les soignants et les personnels sociaux en contact avec les personnes vulnérables, en particulier dans les EHPAD, les institutions, les hôpitaux et les crèches ». Au printemps, l’Académie Nationale de Médecine demandait également d’inscrire l’obligation pour les médecins de proposer la vaccination antigrippale à toutes les personnes consultantes.

Cette campagne vaccinale contre la grippe devrait démarrer le 13 octobre. Pour rappel, selon le Groupe d’expertise et d’information sur la grippe, cette maladie a causé 12 000 décès l’hiver 2018-2019 en France, principalement les personnes de 85 ans et plus, et dans une moindre mesure les 65-84 ans. Néanmoins, sur la grippe comme sur d’autres maladies de saison, le port du masque et le gel hydroalcoolique devraient, déjà, avoir un effet positif…  

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