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Donne une heure à ton voisin !
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Donne une heure à ton voisin !

Donne une heure à ton voisin !

À la mi-décembre, Marc Gaudet, président du Département du Loiret et Pauline Martin, présidente de l'Association des Maires du Loiret, ont lancé un appel à la solidarité de proximité en s'associant à L'Heure Civique. Par le biais de cette plateforme, il s’agit d’offrir une heure de son temps pour accompagner son voisinage, souvent des personnes âgées, dans des petits gestes de la vie quotidienne. 
Gaëla Messerli
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L’objectif de L’Heure Civique est simple : proposer aux Loirétains de donner une heure par mois pour une action solidaire organisée dans leur quartier ou pour aider spontanément un voisin qui en a besoin. L’appel a été lancé auprès des Maires du Loiret, invités à relayer l’initiative et à animer ce mouvement d’entraide de voisinage dans les municipalités. « J’ai créé la Fête des Voisins après avoir constaté qu’une de mes voisines étaient morte depuis quatre mois, raconte Atanase Périfan, le créateur de L’Heure Civique, mais aussi de la Fête des Voisins, donc, et de Voisins solidaires. Le Département du Loiret est le premier département à lancer L’Heure Civique. Nous faisons appel à la mobilisation des citoyens : tout le monde peut donner une heure de son temps par mois, et même plus, en y prenant goût. Les gens ont besoin de retisser du lien social dans le contexte qui est le nôtre. »

Derrière cette mobilisation solidaire, une histoire de rencontres : en effet, le fondateur de la Fête des Voisins est… voisin du directeur général du Département de l’Île d’Oléron. Grâce à cette relation, Atanase Périfan a pu obtenir un rendez-vous avec Marc Gaudet pour lui présenter son initiative : « cela devait durer quelques minutes, et nous sommes finalement restés trois-quarts d’heure ensemble. J’ai ensuite rencontré Pauline Martin, la présidente de l’Association des Maires du Loiret. »

Beaucoup d’actifs d’une trentaine d’années

Marc Gaudet, président du Département, contextualise : « on a vu un élan de solidarité citoyen lors du confinement dans le Loiret. Cela a été le cas aussi en interne, au Conseil départemental : certains de nos agents se sont portés volontaires pour des missions qui ne sont pas les leur habituellement, alors qu’ils auraient pu rester chez eux. Cette solidarité spontanée ne date pas d’hier : je l’ai ressentie au moment des inondations de 2016. Beaucoup plus loin, je me souviens aussi qu’en 1979, au moment d’un épisode de neige, on avait, dans le nord du département, hébergé à la ferme des naufragés de la route ! » L’Heure Civique est donc, pour le Département, collectivité « chef de file des solidarités » comme le rappelle Marc Gaudet, une bonne solution pour rassembler « cette spontanéité » allant du manque de bras dans les associations caritatives – « composées souvent de beaucoup de seniors » – jusqu’à l’accompagnement des personnes âgées « qui pourraient par exemple avoir besoin de s’inscrire sur Doctolib pour la vaccination contre la Covid ou bénéficier de nombreux autres petits gestes. »

Alors qu’il n’y a pas eu beaucoup de communication autour du sujet jusqu’à présent, 116 Loirétains étaient déjà inscrits à L’Heure Civique en fin de semaine dernière. Au top des villes les plus représentées, on retrouvait Meung-sur-Loire, Pithiviers, Orléans, mais aussi Olivet ou Neuville-aux-Bois. Le public inscrit était pour l’heure majoritairement féminin : « des actifs autour de 30-40 ans, qui n’ont pas forcément de temps pour s’engager dans des associations ou des jeunes retraités qui ne veulent pas se sentir à part de la société. » Aider sa voisine âgée en lui faisant ses courses, soulager un aidant, aider aux devoirs, partager son savoir… Les possibilités sont nombreuses, même si les premières inscriptions se tournent plus vers du service envers les plus âgés, indique Atanase Périfan.

« Aider sur le terrain »

Parmi ces premiers volontaires, il y a Céline, 45 ans, qui travaille dans le marketing et habite Meung-sur-Loire. Cette maman d’une grande fille pensionnaire a choisi de quitter la région parisienne pour s’installer en décembre 2019 dans le Loiret. « J’ai quitté l’ Île-de-France pour avoir justement l’impression d’être tout le temps en vacances ! », explique-t-elle, reconnaissant toutefois ne pas avoir encore pu visiter les châteaux de la Loire à cause du contexte sanitaire… Elle espère cependant nouer de nouveaux liens grâce à l’initiative de L’Heure Civique. « Aujourd’hui, on est sur nos écrans toute la journée, indique-t-elle. Il y a une forme d’isolement professionnel. En plus, les lieux culturels sont fermés et il n’y a presque plus d’activités de loisirs… » Céline est aussi animée par l’envie d’être utile : « je veux participer à la promotion du dispositif mais aussi aider sur le terrain. Cela peut être en proposant mes bras à une association qui en a besoin. Parfois, il est bon de se laisser porter ! »

Parmi les inscrits, Gaëlle, 48 ans, vit dans une zone pavillonnaire de Saint-Jean-de-la-Ruelle. Elle travaille dans l’approvisionnement et élève seule son fils de 17 ans. Elle rend déjà service à l’un de ses voisins, âgé de 90 ans. « Je n’ai pas attendu L’Heure Civique pour aider les autres, dit-elle. Aider, c’est dans ma nature ! » L’an dernier, en milieu d’année, Gaëlle a perdu son emploi. « Je me promenais souvent et, en discutant avec un monsieur âgé, on a sympathisé, raconte-t-elle. Il n’est pas seul : un infirmier vient le voir et il reçoit son repas à domicile. Mais je me suis aperçu que son frigo était plein d’aliments périmés… Je lui ai proposé de l’aider à le trier et à ranger, et cela m’a fait plaisir. » Une autre fois, elle est venue l’aider pour mettre les végétaux dans des sacs. Même si Gaëlle a, depuis, retrouvé du travail, elle a encore envie de rendre service. « Je cherchais un moyen pour trouver des petites missions comme celle-là et, en cherchant « bénévolat » sur Internet, je suis tombée sur L’Heure Civique. C’est sans contrainte et j’aime bien le nom, car il y a le mot « civique » ; c’est important au niveau du sens, car nous vivons en société. À l’école, il y a un enseignement moral et civique. Pourtant, l’isolement est de plus en plus criant… » Suite à son inscription, deux visioconférences de présentation lui ont été proposées, mais Gaëlle les a « toutes les deux loupées. J’ai écrit alors un mail, ajoute-t-elle, et le 24 décembre, j’ai eu Atanase Périfan au téléphone. On a discuté pendant une heure ! » Si l’initiative en est pour le moment à ces débuts, Gaëlle « compte aller jusqu’au bout dans la démarche. » Elle a déjà placé une affiche dans sa commune, et espère bien recruter de nouveaux volontaires ! 

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