Infiniment petit

La rédaction
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Il nous fallait bien une épidémie mondiale pour réfléchir un peu. Du temps que seuls les « Chinois de Chine », – comme le dirait l’inénarrable OSS 117 –, avaient été contaminés par le Covid-19, le monde occidental ne se posait pas tant de questions angoissées sur son modèle de développement. Or, depuis qu’il s’est aperçu, comme s’il découvrait l’eau chaude, que les miasmes n’avaient pas de frontières, il redécouvre aujourd’hui la poudre : et si nos économies étaient trop interdépendantes ? Et si nous « relocalisions » urgemment, de manière à ne pas voir des cycles de production à Douai se gripper dès lors qu’une usine tousse à Wuhan ? Il y a dans cette réflexion les prémices d’un monde où les échanges se rétréciraient, où les Hommes ne voyageraient plus aussi souvent à l’autre bout du monde ; où, en quelque sorte, le « village planétaire » que projetait Mac Luhan à la fin des années 60 se refragmenterait en autant de quartiers plus ou
moins autonomes. 

À revenir au plus près de chez soi, il y a à la fois un espoir et un risque. L’espoir, légèrement voltairien, de pouvoir recultiver son jardin en toute quiétude. Le risque : vouloir justement défendre ce pré carré que l’on se serait construit à l’abri du monde et de la concupiscence. Or, les frontières, c’est la guerre : si celles-ci se réverrouillent et ne servent qu’à violemment réprimer certains malheureux qui souhaiteraient les franchir, nous créerons les conditions de nouvelles rivalités et de nouvelles convoitises. 

Alors que l’Histoire contemporaine s’est construite sur un concept global d’agrandissement (des ressources et des moyens), il est probable que nous tendions désormais vers un rapetissement généralisé. À vrai dire, ce mouvement de balancier est finalement très commun. Un exemple, pour faire écho aux élections de dimanche : rappelons-nous qu’au fil des siècles, des habitants d’un même lieu se sont regroupés pour former des villages, puis des communes, puis des syndicats communaux, puis des intercommunalités. Cette organisation politique n’a jamais cessé de croître, délaissant parfois cette notion de proximité qui parle au tréfonds de l’âme humaine et que le citoyen réclame aujourd’hui de nouveau. À peine entérinées, les métropoles ne vont donc elles pas à contresens de l’Histoire ? Entre le ridiculement grand et l’infiniment petit, le bonheur sera, comme toujours, à rechercher dans une forme d’équilibre. 

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9
Oct
Saint-Jean-le-Blanc – Espace Montission – Avenue Jacques Douffiagues
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6
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Chécy – Espace George Sand
à 20 h
1
Oct
Orléans – Théâtre
à 19 h.
30
Sep
Fleury-les-Aubrais – Bibliothèque des Jacobins
à 16h30 et 17h30
28
Sep
Orléans – Théâtre Gérard Philippe.
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27
Sep
Orléans – Parc floral
à 15 h 30.
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