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« Lancer les grands projets »
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« Lancer les grands projets »

« Lancer les grands projets »

La troisième commune du Loiret et de la métropole a changé de bord l’an dernier, portant à sa tête la socialiste Carole Canette, alliée aux écologistes et aux communistes. Après une année passée à gérer les urgences, la maire de Fleury-les-Aubrais se dit désormais prête à lancer de nouveaux projets pour la ville. Et notamment à impulser une vraie dynamique au quartier Interives, qu’elle veut « raccrocher » au cœur de Fleury.
rpopos recueillis par benjamin vasset
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« Lancer les grands projets »-HEBDO-ORLEAN-359

Cela fait un peu plus d’un an que vous êtes devenue maire de Fleury-les-Aubrais. Quel bilan tirez-vous de cette grosse première année de mandature ?

Prendre une ville en la faisant changer de couleur politique, ce n’est jamais de tout repos. D’autant plus que nous avons dû gérer, aussi, la crise du Covid. Mais nous n’avons pas chômé : nous avons pris des premières mesures rapides, avec un programme de rénovations bâtimentaires légères, comme le rafraîchissement de la salle François-Vilon. Nous avons mis en place le premier budget participatif; nous  avons équipé la police municipale de vélos et nous avons élargi les horaires de certains services publics, comme la piscine. Parallèlement, nous avons commencé à travailler sur des grands projets. 

Lesquels ?

L’Ehpad est lancé. Nous le faisons de manière ouverte, avec la population de Fleury. Cet établissement ouvrira en 2024-2025. Nous voulons l’intégrer à la ville, en ne reléguant pas les personnes âgées aux confins de la cité. Je souhaite qu’ontravaille avec cet Ehpad sur le lien intergénérationnel, avec aussi l’ambition -même si nous ne décidons pas seuls- d’y élaborer des unités spécifiques liées à la maladie d’Alzheimer ou, au moins, d’en faire un lieu de ressources et de rencontres pour les aidants. Après, côté grands projets, la Maison pour Tous Jean-Vilar sera reconstruite ; il y aura aussi une salle des fêtes et un gymnase. Ensuite, on peut avoir des surprises, car notre patrimoine bâti est en piteux état. La piscine, par exemple, nous devons la regarder. Et nous ne pouvons pas laisser les locaux des services techniques et cadre de vie dans l’état dans lequel
ils sont. 

Vous avez planté deux « micro-forêts ». En quoi cela consiste-t-il ?

Ce sujet m’enthousiasme. Quand j’en avais parlé aux écologistes durant la campagne, ils m’avaient dit : « mais qu’est-ce que c’est que ce truc-là ? » À Fleury, sur une superficie de 1 300 m2, nous avons planté des essences pour l’essentiel natives, qui poussent six fois plus vite qu’une forêt normale. Ce n’est pas un lieu où l’on se promènera, mais un ilot de fraîcheur qui agira comme un piège à carbone et un réservoir à biodiversité. Deux micro-forêts en centre-ville ont déjà été plantées et, entre ces deux espaces, nous avons acquis un terrain pour en faire un parc urbain. Nous allons ensuite planter une troisième micro-forêt, puis une nouvelle chaque année. 

Concrètement, quelle va être la place de l’écologie dans les cinq prochaines années ?

Pas une rénovation, pas un projet, ne se fera sans cette dimension. Nous allons aussi favoriser l’agriculture bio en milieu urbain. Au niveau des écoles, une cour-oasis est inscrite au prochain budget. Et nous voulons, aussi, lutter contre les déchets alimentaires. Cela va d’’ailleurs s’inscrire dans une politique plus large, avec un nouveau projet cohérent de restauration scolaire. Nous voulons aussi faire du domaine de la Brossette un véritable lieu d’animation et de pédagogie sur l’environnement. Enfin, dans les prescriptions du PLU métropolitain, nous avons augmenté les surfaces protégées à Fleury. Le cœur de ville est déjà dense ; on ne tient pas à ultra-densifier. Oui, il faut loger les gens ; oui, il faut construire, mais pas n’importe comment. Nous avons d’ailleurs des dialogues très serrés vis-à-vis des promoteurs. Et nous pouvons nous le permettre, puisqu’Interives arrive…

Justement, où va Interives ?

Interives ne sera jamais la Défense orléanaise. C’est un quartier qui doit vivre, raccroché à la gare des Aubrais  mais aussi au centre-ville de Fleury. OK pour des bureaux, mais aussi pour des logements de tout type : d’ailleurs, il ne faut pas s’interdire de faire des logements sociaux à Interives, car je ne veux pas, à Fleury, de trois quartiers « politique de la ville » et, à côté, d’un quartier d’affaires et de luxe. Je ne veux pas non plus d’un quartier qui se remplisse à 8h30 et se vide à 20h. 

Vous semblez dire que ce quartier a été mal pensé…

Il a surtout été pensé comme raccroché à Paris, parce qu’on s’était imaginé que des sièges internationaux s’y installeraient. Moi, j’insiste : je veux qu’Interives soit raccroché à notre territoire et à notre population. À l’avenir, il doit se doter d’une identité qui ne soit pas que du bureau, d’autant plus que le télétravail va continuer à progresser. Il faut qu’il y ait de la vie et qu’on puisse se dire : « tiens, je vais aller faire un tour à Interives, parce que je sais qu’il s’y passe quelque chose ». Si vous avez une activité culturelle ou des métiers d’art, vous donnerez une identité à ce quartier, et pas seulement aux heures du bureau.

Ça tombe bien : il paraît que la salle de musiques actuelles orléanaise pourrait se construire pas loin d’Interives, à Libération…

J’ai entendu ça, je n’en sais rien… Mais je verrais ça d’un bon œil, oui.

Le téléphérique est enterré, mais maintenant… ?

Le franchissement des lignes de train existe déjà : c’est le tram, qui arrive à Libération. De là, pour rejoindre le cœur d’Interives, il faut deux minutes à vélo et six minutes à pied. Donc, je pense qu’il faut un cheminement clair, balisé et couvert quand il pleut. On prend le tram à Fleury ou Orléans, on descend à Libération, et on marche dans des conditions confortables. On peut innover : on a quand même réussi à économiser 15 M€ avec l’abandon
du téléphérique…

Parlons un peu de sport. Êtes-vous préoccupée par le début de saison des Panthères ? Et que comptez-vous faire ?

Je suis très attentive. Et je compte faire en sorte que la Métropole assume ses responsabilités. Quand on n’a pas, comme le FLH, de visibilité sur les recrutements parce qu’on n’a pas de visibilité financière, ce n’est pas facile. Les Panthères, c’est du haut niveau, c’est du rayonnement métropolitain. Je verrais comme une instrumentalisation le fait de se servir de des moins bons résultats des Panthères pour s’en débarrasser. 

Sans ça, le club est-il  bien géré ?

Un club féminin est toujours plus fragile financièrement. Et dans un contexte de crise sanitaire, de manque de visibilité financière et de transmission de gouvernance compliquée -puisque les choses n’ont pas été simples entre les deux présidents- le club a été fragilisé, et ces fragilités peuvent se ressentir sur le terrain. Après, ça va plus vite de dézinguer un club que d’en monter un. Je dis ça parce que des velléités existent de monter des nouveaux clubs féminins au niveau métropolitain…

Les récents bouleversements à la tête de la Métropole sont-ils de nature à ralentir durablement le développement du territoire ? Quelles leçons tirez-vous de cette grosse année de gouvernance Chaillou-Grouard ? 

Personnellement, j’ai eu plaisir à exercer ma vice-présidence au logement. Pour revenir sur le passé récent, Christophe Chaillou n’a pas été fabriqué par Serge Grouard. Oui, lors de son élection en juillet 2020, des voix du groupe de Serge Grouard s’étaient portées au deuxième tour sur nous. Mais nous ne les avions pas sollicitées ! La seule chose qui a changé aujourd’hui, c’est que la droite s’est reparlée. Ils ont le droit, mais qu’ils ne nous disent pas que c’est pour des histoires de gouvernance. Et pour répondre à votre question, non, la Métropole n’a pas perdu un an. Interives a continué de se construire, nous avons produit une réforme de la cotation des demandes de logement social… Des choses ont avancé. Maintenant, le sujet, avec la nouvelle gouvernance, va être d’être certain que toutes les communes seront respectées.

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