Portrait

Guillaume Dechambenoît : Cerveau long

Malgré sa timidité originelle, ce grand passionné de danse, spécialiste du système nerveux, nous décline entre éclats de rire et anecdotes son parcours oscillant entre plusieurs disciplines.
Ambre Blanes
20/04/1985 : Naissance à Paris
Octobre 2015 : Création de l’agence Iro
Novembre 2017 : Entrée au Lab'O

Guillaume Dechambenoît est né à Paris et a bourlingué dès son plus jeune âge entre la France et l’Afrique. Il a oscillé entre Abidjan à Dakar, est passé par La Ferté Saint-Aubin, où ses parents avaient une maison, et réside désormais, en famille, à Orléans. Si sur la place du Martroi, où nous l’avons rencontré, il n’est pas évident de parler de neurosciences entre le manège qui tourne et le tramway qui passe, cette symphonie prend tout son sens tandis qu’il évoque l’émotion sonore. Ayant toujours été fan d’autodidaxie, le jeune homme adore comprendre comment marchent les choses : « j’ai appris à faire du vélo tout seul, à nager tout seul… Je devais faire les choses tout seul, sinon ce n’était pas bien ! », avoue-t-il. En atteste son parcours de vie, comme un jeu de ping-pong entre Paris et le Québec, entre la danse et l’étude du système nerveux.

En 2004, Guillaume Dechambenoît intègre ainsi un bachelor en biotechnologie à l’Université de Sherbrooke, puis s’inscrit en 2007 en master en neurosciences cognitives et comportementales à Paris 6. Il fait son premier stage à l’Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique, dans une équipe dédiée à l’étude de l’acoustique des salles et y étudie le rapport entre le son et le mouvement, en écho à la danse qu’il pratique sur son temps libre. Au Canada, il se passionne pour la neurophysiologie. Son stage de deuxième année se fait ensuite au Laboratoire Psychologie de la Perception à Paris. Il mise alors sur la neuroesthétique, un thème à l’époque plutôt apprécié des chercheurs en fin de carrière. « Le jugement esthétique – dire que l’on aime bien quelque chose – est différencié de l’émotion esthétique – ce qui nous submerge – en passant par des marqueurs physiologiques et somatiques », explique-t-il. Mais ne trouvant aucun mentor prompt à le laisser labourer ce champ, il repart alors vers la danse hip-hop, discipline qu’il pratique depuis l’âge de 20 ans, et enchaîne les auditions parisiennes. Pris sur le festival de Suresnes, il y vit une expérience qui le « marque » beaucoup : malgré le stress, il se révèle très bon en improvisation.

« un solide background en neurosciences »

En 2012, à 25 ans, Guillaume Dechambenoît trouve l’amour et revient à la case départ, dans le Loiret. C’est là qu’il crée la compagnie Aede, « un énorme laboratoire créatif », avec lequel il s’épanouit dans la rédaction d’essais cognitifs. Il organise des battles de danse, compose une bande dessinée et des courts-métrages et, petit à petit, construit l’un de ses modèles de réflexion actuels : l’architecture de pensée. En octobre 2015, il crée l’agence Iro (qui signifie « l‘ensemble des teintes », en japonais), laquelle lui permet de toucher à tout, mais avec un fil rouge qu’il définit ainsi : « je voulais une entreprise qui mime le fonctionnement du cerveau, pour avoir une vue intégrative. Devant un projet de com’, pédagogique, ou autre, mon travail, c’est de connecter tous mes outils ensemble pour m’adapter à la problématique du client et y répondre en créant une solution. » Grâce à son solide background en neurosciences, il vient ainsi en aide aux entreprises dans leur transformation, leur réorganisation et leur conduite du changement en s’inspirant des modèles d’organisation du vivant : « Tout groupe est un cerveau social répondant aux mêmes règles qu’une cellule, et ces modes d’organisation naturels ont fait leurs preuves pendant des millions d’années ! Souvent, on me parle de posture managériale, mais on en oublie comment circule l’information au sein d’un système. »

Grand vulgarisateur

Aujourd’hui, Guillaume Dechambenoît et ses cellules grises sont au Lab’O, via le programme d’accélération d’Orléans Technopole, Saxo45, pour accompagner le développement d’Opus, un logiciel de production et de gestion des connaissances collectives. Il s’agit pour lui de maintenir une cohérence entre les systèmes d’information, l’humain et l’environnement (car plus l’entreprise est importante, plus gros sont les « silos » qui s’y forment), en proposant des conférences et animation d’ateliers sur un format « comme à la maison » et en vulgarisant ainsi des notions complexes. Si l’on en croit le refrain de sa carrière, il est fort à parier qu’il saura encore prochainement se renouveler et s’adapter aux innovations futures…

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