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Biosourcés : le Loiret se positionne
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Biosourcés : le Loiret se positionne

Biosourcés : le Loiret se positionne

En 2021, trois ouvrages collectifs du Loiret ont été récompensés au titre du palmarès des bâtiments biosourcés. Organisés par Envirobat Centre et décernés par un jury composé de professionnels, d’associations et d’institutionnels, ces prix mettent l’accent sur l’approche environnementale des projets. Une école à Jargeau, un centre de loisirs à Semoy et un nouveau cœur de village ont été, parmi d’autres réalisations, les témoins de cette dynamique qui enfle en région.
Laurence Boléat
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Pour ceux qui n’auraient pas d’appétence particulière pour le langage du bâtiment, rappelons qu’un matériau biosourcé est un matériau issu du vivant, d’origine végétale (bois, paille, chanvre, ouate de cellulose, terre crue…) ou animale (laine de mouton, plumes de canard…). Tous servent à isoler les murs, les combles perdus, les rampants de toiture ou à calfeutrer les gaines et les tuyaux. Ils ont pour vocation de remplacer les isolants traditionnels, tels que la laine de verre ou de roche, les polystyrènes, les polyuréthanes… Ces derniers étant beaucoup plus énergivores – donc polluants – à fabriquer.

À l’échelle nationale, les matériaux biosourcés représentent seulement 8 à 10 % des isolants, mais leur utilisation ne cesse de croître. Hormis le fait qu’ils possèdent d’excellentes performances thermiques, ils font beaucoup de bien à la planète et offrent à ceux qui vivent sous leurs bons auspices un confort des plus agréables. Mickey Leclercq, directeur de la Maison Feuillette, à Montargis, bâtiment précurseur au niveau mondial de l’ossature paille et bois, raconte : « les sons, les odeurs et la gestion de l’humidité sont différents à l’intérieur. La première fois que je suis entré dans une maison biosourcée, c’était un été, chez la fille de Pierre Rabhi (figure de l’écologie, mort en décembre 2021, ndlr). Lorsque je faisais un pas dehors, il faisait extrêmement chaud. Par contre, lorsque je rentrais dans la maison, cela changeait du tout au tout. La paille lutte contre le froid, mais aussi contre la chaleur, ce qui est de bon augure pour les canicules à venir… » 

Si la ouate de cellulose, fabriquée à partir de journaux recyclés, est la plus utilisée, la paille, la fibre et la laine de bois se positionnent vite derrière en région Centre-Val de Loire et dans le Loiret. D’après les calculs, si les 400 000 logements construits chaque année en France étaient isolés en paille, ils ne consommeraient pas plus de 10 % de la ressource… Il s’agit en outre du matériau le plus neutre en carbone, puisqu’il ne nécessite aucune transformation en usine. De plus, les agriculteurs savent très bien fabriquer des ballots aux coins bien droits, ne dépassant pas 20 % d’humidité, avec un poids minimum de 80 kilos au mètre carré. 

Porté par des pouvoirs publics qui donnent l’exemple, le Loiret fait partie des territoires les plus dynamiques en termes de construction de bâtiments biosourcés. En premier chef parce qu’il se situe à proximité de l’accès à la ressource. Le département produit des céréales à paille, et la région a bien compris tout l’intérêt économique à développer la filière : deux collèges ont ainsi été récemment livrés, tandis qu’un gymnase et un lycée en région sont en cours de livraison. Dans leur sillage, le chantier de la ZAC d’Alleville, à Saint-Jean-de-la-Ruelle, comprenant deux résidences de neuf logements chacune, est initié par Valloire Habitat. « Avant 2018, on dénombrait une quinzaine de projets de ce type, souligne Aymeric Prigent, assistant en maîtrise d’ouvrage en bâtiment public. Depuis, 25 nouveaux bâtiments sont sortis, notamment grâce à Accort-paille, qui a beaucoup œuvré pendant quatre ans. »  

Quand la facture fond…

Si l’ensemble d’un bâti (fenêtres, ventilation, plancher…) présente de bonnes caractéristiques, la facture de chauffage d’un bâtiment biosourcé peut aisément se diviser par trois, voire atteindre la norme dite passive. À Jargeau, le bâtiment périscolaire Madeleine, livré en 2019, en est un bon exemple : les architectes ont proposé de réaliser un bâtiment bioclimatique pour s’affranchir de l’énergie gaz qui chauffait le groupe scolaire attenant, évitant ainsi un redimensionnement de la chaudière et des installations, et l’augmentation des réseaux enterrés pour amener le gaz. L’ensemble de la construction a été réalisée en ossature bois comprenant un isolant paille et un bardage constitué de planches de pin Douglas brut de sciage. Résultat : aucun système de chauffage ! Pour Aymeric Prigent, la technique des biosourcés s’affiche ainsi comme la meilleure réponse pour l’avenir. Pas ou très peu de consommation énergétique pour se chauffer, des développements d’emploi sur le territoire, et une empreinte carbone qui correspond parfaitement aux nouvelles réglementations. 

Pourtant, le Loiret apparaît en retard sur le segment du particulier. Peu de maisons individuelles sont en effet construites en biosourcés, et le secteur de la rénovation ne relève pas non plus le défi, tout simplement parce que les entreprises susceptibles de conquérir ce marché ne trouvent pas la main d’œuvre qualifiée dans le domaine de l’isolant écologique. Un déficit que le Centre National de la Construction Paille Émile Feuillette, à Montargis, entend bien combler d’ici un an. Fin 2022, lorsque les salles de cours seront opérationnelles, une formation de 1 155 heures sur 9 mois permettra ainsi d’obtenir un diplôme d’Ouvrier Professionnel en Éco-Construction. Objectif : être capable d’exécuter des travaux dans une maison individuelle ou un petit collectif qui intègrent la notion de sobriété énergétique conforme aux exigences de développement durable. Un autre secteur reste à organiser : celui de la filière bois. Car pour tenir tous ces ballots de paille, il en faut ! Bien qu’elle possède le gigantesque massif forestier de la Sologne et la plus grande forêt domaniale de France, la région Centre-Val de Loire s’approvisionne encore, en majorité, dans d’autres régions… 

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