Logement social : un problème orléanais ?

Entre rénovations et démolitions, la restructuration de l’offre de logement social est bien visible dans la métropole orléanaise. Mais malgré de nombreux travaux en cours, huit communes de l’agglomération restent en deçà des objectifs fixés. À qui la faute ?
Gaëla Messerli
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« Aujourd’hui, à l’échelle de la métropole, 20 % des résidences principales sont des logements sociaux, 80 % d’entre eux sont des logements collectifs et 20 % des logements individuels », indique d’emblée Carole Canette, vice-présidente d’Orléans Métropole en charge du logement et de la rénovation urbaine. Pour la maire de Fleury-les-Aubrais, une commune qui compte de nombreux logements sociaux sur son sol, la problématique est aujourd’hui le retard de certaines autres villes de l’agglomération en la matière : huit d’entre elles – Saint-Pryvé Saint-Mesmin, Saint-Jean-le-Blanc, Chécy, Ingré, La Chapelle-Saint-Mesmin, Olivet, Ormes et Saint-Denis-en-Val – ne seraient ainsi pas dans les clous de la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain (SRU). « Il y a des constructions, mais on n’est pas au seuil, continue Carole Canette. Ce n’est pas qu’une question de nombre de logements, mais aussi de mixité et d’effort partagé. On ne peut pas créer des « ghettos » de population à l’échelle d’une commune ou d’un quartier ». L’élue plaide ainsi pour une pluralité de l’offre.

Élue orléanaise et conseillère métropolitaine (PC), Dominique Tripet, également administratrice à la Confédération nationale du Logement, constate amèrement qu’« aujourd’hui, il y a plus de 10 000 demandes en souffrance sur la métropole. » « Il y a eu 11 262 demandes en 2019 et 2 793 attributions, reconnaît Carole Canette. Il faut analyser la nature de ces demandes qui n’aboutissent pas. » Dominique Tripet reprend : si, pour elle, il est normal que des démolitions de logements sociaux se concrétisent, il faut par contre s’assurer que « le même nombre de logements soient reconstruits. Or, ce n’est pas le cas… »

Olivet mauvais élève ?

Côté préfecture du Loiret, on indique que 13 communes de la métropole sont soumises à l’obligation d’avoir 20 % de logements sociaux. Parmi celles-ci, pour la période 2017-2019, « huit ne remplissent effectivement pas le quota et quatre n’ont pas encore atteint les objectifs triennaux fixés et peuvent potentiellement être soumises à un arrêté de carence, venant augmenter les prélèvements sur leurs ressources fiscales. » Cet arrêté n’a, cependant, pas encore été pris.

Du côté de la mairie d’Olivet, habituellement citée parmi les « mauvais élèves », on explique qu’au niveau de la loi SRU, la commune est « aujourd’hui à 12,52 % de logements sociaux, ce qui représente 10 295 logements. Nous partons de loin car Olivet n’est pas une ville industrielle, et nous avons la contrainte d’être en zone inondable ainsi qu’en zone naturelle et agricole. Mais nous construisons du logement social dans nos opérations ! Dans la ZAC du Larry, il y a, ainsi, plus de 20 % de logements sociaux. Nous avons, sinon, 14 orientations d’aménagement et de programmation dans le nouveau PLU, qui prévoit à moyen terme 120 logements sociaux et 70 logements dans la future ZAC du Clos du Bourg. » Matthieu Schlesinger, le maire, pointe le problème du prix du foncier, qui dissuaderait les bailleurs. « Ce n’est pas que l’on ne veut pas, mais c’est que l’on ne peut pas !, affirme l’édile. Si l’on voulait tout rattraper, il ne faudrait construire que du logement social pendant cinq ou six ans ! Nous payons des pénalités et nous l’acceptons, mais au niveau de l’échelle de la Métropole, les 20 % sont atteints… » Pour lui, c’est, d’ailleurs, à ce niveau-là, que se joue la politique de l’habitat. « On met bien 40 millions d’euros dans des rénovations ; il serait possible d’aider les acquisitions des bailleurs… », enjoint le maire d’Olivet.

Orléans vers un développement « raisonnable » de logements sociaux

Ces contraintes avancées par Matthieu Schlesinger, Laurence Cornaire, adjointe à l’habitat et au logement social à Orléans, les comprend. « Chacun doit faire à sa mesure », dit-elle. La Ville d’Orléans n’a, il est vrai, pas de quoi rougir sur ce dossier, avec 24,70 % de logements sociaux sur son territoire. « Cela correspond à 54 % de l’offre métropolitaine, soit 15 410 logements », indique Laurence Cornaire, qui assure qu’Orléans continuera à construire des logements sociaux « de manière raisonnable ». « Le taux de pression est aujourd’hui d’un appartement pour six demandes, ajoute-t-elle. Nous poursuivons les opérations d’ANRU 2 sur l’Argonne, et nous devrions avoir bientôt au conseil municipal des délibérations concernant la T17 et la dalle à La Source. »

Pour l’élue orléanaise, même si l’objectif initial du logement social est d’être transitoire, celui-ci « a tendance, depuis les années 80, à devenir pérenne, et il faut en tenir compte. Ainsi, 30 % des logements de la T17 ne sont pas occupés. Ce n’est pas qu’ils sont insalubres, c’est juste qu’ils ne correspondent plus à la demande. » Dans l’opposition orléanaise, Dominique Tripet craint que le « parc social ne soit plus réservé qu’aux seuls précaires. » L’élue communiste pointe en outre un autre problème : « à La Source, on a pu voir des loyers augmenter de 10 % la première année, puis de 5 % les années qui suivent. Ce n’est pas acceptable ! »

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