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Numérique : c’est Into The Wild !

Numérique : c’est Into The Wild !

Développeur web, analyste cybersécurité, data analyst… Tous ces métiers s’apprennent depuis quatre ans à la Wild Code School d’Orléans, qui fait sa rentrée en ce mois de septembre. Découverte d’un lieu original de formation, qui réserve quelques surprises au non-initié…
Ambre Blanes
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Alors que le monde a accéléré sa digitalisation, les entreprises recherchent des profils qualifiés pour relever de nouveaux challenges. Au début des années 2010, lors d’un hackathon (groupes de développeurs volontaires qui se réunissent sur un temps donné afin de travailler sur des projets de programmation informatique de manière collaborative) pour imaginer l’éducation de demain, Anna Stépanoff (enseignante normalienne) et Romain Coeur (programmeur) ont eu la vision d’une école accessible à toute personne créative et motivée où l’on apprendrait différemment, comme hors des sentiers battus – d’où le terme de « wild » –. Ils fondèrent alors en 2014 le premier campus de la Wild Code School qui vit le jour à La Loupe (Eure-et-Loir) et accueillit les premiers Wilders pour y suivre une formation en développement web. Six ans plus tard, 24 centres ont été ouverts à travers l’Europe, dont 13 en France, et un à Orléans.

La pédagogie de la Wild Code School est inversée par rapport à d’autres écoles : fondée sur le principe d’« apprendre à apprendre », elle donne des exercices aux élèves, puis délivre le cours théorique afin que ces derniers s’y présentent avec des notions et surtout des questions basées sur leur propre expérience. Du fait de cette approche et de sa communication moderne, l’école jouit d’une étiquette branchée qui vient dépoussiérer ce que l’on imagine des experts informatiques.

Le campus d’Orléans a ouvert en 2016 au Lab’O, et c’est Éléonore Bourguignon d’Herbigny, campus manager en poste depuis fin 2019, qui nous fait visiter les lieux. Un détail amusant est tout de suite à noter : ici, on code sans… chaussures, car « lorsque les pieds sont libres, l’esprit l’est aussi » ! Nous assistons ainsi, non sans étonnement, à un défilé de chaussons licornes, Stormtroopers et cochons roses… Éléonore précise en souriant : « non, ce n’est pas parce qu’on code qu’on est tout seul dans une pièce sans fenêtre à surfer jour et nuit sur le web… »

« Ici, on code sans chaussures, car lorsque « les pieds sont libres, l’esprit l’est aussi », dit-on… »

C’est même tout le contraire : à la Wild Code School, les étudiants travaillent sur des projets collaboratifs et évoluent dans un milieu prônant l’échange social. Chacun corrige de fait les exercices de ses camarades, et les étudiants restent en contact via une messagerie interne. Dans cet édifice, la campus manager a trois casquettes : elle gère la communication du campus, s’occupe du recrutement et de l’administratif des dossiers, puis veille à l’insertion professionnelle et au suivi de chaque étudiant. 

Des profils prêts à l’emploi

La Wild Code School recueille les besoins des entreprises locales pour y répondre avec des profils « prêts à l’emploi ». ITM Région, Draw me your garden, ou encore Keolis ont accueilli en stage ou recruté des wilders. Certaines de ces entreprises étant résidentes au Lab’O, le suivi s’en trouve facilité et les rencontres plus humaines. Éléonore apprécie d’ailleurs de ne pas avoir de routine avec ce poste : en dehors des formateurs, qui eux sont généralement freelance, elle est l’interlocutrice directe des étudiants.

Le réseau est très important au sein de la Wild Code School, si bien que les wilders bénéficient d’un système de parrainage afin de les soutenir dans cette étape dense de leur carrière. Certains diplômés reviennent même quelques temps plus tard en tant que formateur, juré ou recruteur. Des événements renforcent la cohésion, tels que les job dating ou les marathons de code, qui peuvent durer de 24 h à 48 h, l’objectif étant de rendre un projet le plus abouti possible au terme de cette période. La Wild Code School est aussi présente aux Human Tech Days, le salon des professionnels du numérique.

Et maintenant, des formations à distance

Depuis 2018, le campus orléanais accueille une trentaine d’élèves par formation. La rentrée de septembre, cette année, respecte presque la parité avec 12 femmes sur 31 wilders. Leur moyenne d’âge est de 30 ans, mais les profils vont de 19 à 50 ans. Certains se préparent à leur premier emploi, d’autres sont en reconversion professionnelle, voire en formation sur le temps de leur salariat. Différents métiers s’y apprennent : data analyst, analyste cybersécurité, développeur web… Les formations durent cinq mois, suivis de quatre mois de stage. Une semaine se partage comme suit : 35 h sur le campus et 15 h de pratique à domicile sur la plateforme en ligne appelée Odyssey. Les rentrées se tiennent en mars et septembre et se clôturent sur un Demo Day, temps fort durant lequel les groupes présentent les projets clients sur lesquels ils ont travaillé. Coût d’une formation ? 7 000 €. Des places sont financées par Pôle Emploi ou le Plan Régional de Formation, et il est possible de mobiliser son CPF.

En outre, l’expérience du confinement a convaincu l’école d’ouvrir un cursus full remote (à distance) en anglais et en français. D’abord éprouvé sur le campus de Milan qui aura servi d’éclaireur en la matière, il aura forcé à tout faire à distance. Mais les wilders se sont accrochés au point que les formateurs ne relèvent aucune différence de niveau avec les autres promotions. « Puisque rien n’est figé dans le marbre en langage informatique, les wilders doivent faire preuve d’adaptabilité, et le confinement a prouvé qu’ils en sont capables », se réjouit Éléonore Bourguignon d’Herbigny. 

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