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Faut-il sauver le soldat glyphosate ?
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Faut-il sauver le soldat glyphosate ?

Faut-il sauver le soldat glyphosate ?

Alors que le renouvellement de l'autorisation d'utiliser le glyphosate doit être tranché d'ici à la fin d'année au niveau européen, les agriculteurs de la FNSEA en Centre-Val de Loire, ainsi que ceux de la FRSEA Bretagne, cherchent à disqualifier l'étude réalisée par Campagne glyphosate France. 
Gaëla Messerli
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Le glyphosate sera-t-il interdit en Europe ? La décision interviendra avant la fin de l’année. D’ici là, le compte à rebours est lancé, et les pros comme les antis sortent d’ores et déjà l’artillerie lourde. Mercredi dernier, les agriculteurs de la FNSEA Région Centre-Val de Loire, associés à leurs collègues bretons, ont voulu démontrer, en compagnie de deux écotoxicologues, l’invalidité de l’étude réalisée par Campagne Glyphosate France entre juin 2018 et janvier 2020. Celle-ci se basait sur 6 848 prélèvements d’urine de citoyens recueillis sur 63 départements français et analysés par le laboratoire allemand Biocheck. Les résultats, qui avaient été publiés dans la revue scientifique spécialisée Environmental Science and Pollution Research, étaient alors sans appel pour les « pisseurs volontaires » : les urines de 99,8 % des Français testés présentaient un taux de glyphosate quantifiable et un taux moyen de 1,19 ng/mL. Les taux les plus forts se retrouvaient chez les hommes et chez les agriculteurs – notamment les viticulteurs – mais aussi particulièrement chez les fumeurs. Michel Vaudour, agriculteur, responsable du groupe « glyphosate » à la FNSEA Centre-Val de Loire et Jean-Yves Chauveau, journaliste à Terre de Touraine, ont crié la semaine dernière à la manipulation : après avoir réalisé eux-mêmes des tests et trouvé des résultats différents, ils se sont attaqués au protocole de l’étude de Campagne Glyphosate France. Celle-ci aurait été, selon eux, montée « sur la base de faux tests ». Pour les écotoxicologues Joël Guillemain et François Hubert, la méthode utilisée (ELISA) était moins fiable que la méthode chromatographique. Et le protocole ne serait pas valide, car les tests utilisés par les « pisseurs volontaires » seraient à l’origine des tests de détection du glyphosate… dans l’eau. Les agriculteurs pointent aussi des échantillonnages non-représentatifs. Pour eux, les résultats sont donc biaisés.

Quels impacts ?

Fransisca Soler était l’une 48 « pisseurs volontaires » du Loiret. Elle estime avoir suivi à l’époque le protocole, et renvoie aujourd’hui vers l’étude réalisée par Campagne Glyphosate, qui compte en son sein « plusieurs chercheurs français d’universités différentes. » Avec 0,83 ng/ml de cet herbicide dans ses urines, elle n’était pas la plus imprégnée. Mais pour elle, « on ne peut pas nier les effets du glyphosate sur la santé. On ne stigmatise pas les agriculteurs, mais un syndicat ne peut pas diriger la politique agricole d’un pays et mettre la pression sur un Gouvernement ». Pour les agriculteurs de la FNSEA, qui expliquent que « correctement utilisé, le glyphosate n’est pas cancérogène », l’affaire ne s’arrêtera pas là : un dossier pour dénoncer la méthode des tests de Campagne Glyphosate France a été transmis en avril dernier au procureur de Tours. « Nous avons été auditionnés, disent-ils. L’information devrait rejoindre les plaintes déposées par les pisseurs volontaires au Parquet de Paris et son Pôle santé. »

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