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Place d’arc, chantier maous !

Place d’arc, chantier maous !

Acteurs publics et privés devraient mettre leurs énergies et leur argent en commun pour transformer en profondeur Place d’Arc et ses abords. Un chantier à englober dans le projet de requalification des mails, et qui met en lumière l’enjeu des mobilités en centre-ville d’Orléans.
Benjamin Vasset
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Les 30 800 m2 actuels de Place d’Arc devraient avoir, d’ici quelques années, des petits frères. Jeudi dernier, à l’occasion du conseil municipal d’Orléans, la majorité a dévoilé le grand projet qu’elle nourrissait pour réorganiser le grand centre commercial du centre-ville, jugé « vieillissant » et « en perte de dynamique ». Carrefour et sa filiale Carmilia, qui exploite Place d’Arc, ont ainsi pour objectif d’étendre « pour 8 500 m2 environ les surfaces de plancher ». La construction d’un immeuble de logements « pour une surface de plancher de 5 000 m2 environ » est également envisagée. La métamorphose de l’ensemble irait même (beaucoup) plus loin, avec la suppression programmée de la trémie et de la passerelle reliant l’entrée principale de Place d’Arc à la rue de la République. Ce projet « nécessite ainsi une requalification de l’ensemble de la place Albert Ier, avec dévoiement partiel des voieries, déplacement de la station bus et dévoiement de la ligne de tramway ». Le premier visage qu’offre Orléans aux visiteurs arrivant par le train en serait donc complètement modifié. 

Si les procédures préliminaires suivaient leurs cours, les premiers coups de pioche pourraient intervenir dès… 2025. On souhaite bon courage aux cabinets d’urbanisme et aux services de la Ville et de la Métropole pour planifier un chantier qui s’annonce corsé, car cette transformation de Place d’Arc (une nouvelle directrice, Cécile Quentin, est d’ailleurs arrivée, ndlr) s’inscrit dans le projet, plus large, de requalification des mails porté par l’intercommunalité orléanaise et son maire-président, Serge Grouard. L’idée de ce dernier est ainsi de transformer cette ceinture faisant le tour du centre-ville d’Orléans en « boulevard urbain », et d’en finir progressivement avec le concept « d’autoroute urbaine » qui définit pour l’instant les mails. « Retrouver la continuité des faubourgs », « faire émerger un réseau de places », « lier patrimoine d’aujourd’hui et de demain » ou réaliser une promenade « mettant en valeur la ville-jardin » : telles sont les promesses de reprise des mails exprimées par Serge Grouard. Pour autant, il n’est pas question de procéder à l’ensemble de cette requalification dès la fin de ce mandat : la première partie de l’ouvrage s’attaquera au morceau allant du pont Joffre jusqu’à la place d’Arc, le tronçon allant de la place Albert Ier jusqu’au Théâtre étant lancée après 2026. Mais encore faudra-t-il que l’équipe actuellement en place se maintienne à Orléans après les prochaines élections municipales : c’est donc un lourd héritage que Serge Grouard laissera aux futures équipes dirigeantes, d’autant que tout cela ne se paiera pas en monnaie de singe. En février dernier, l’ensemble du projet de requalification des mails avait été estimée par le conseil métropolitain à 60 M€. Jeudi dernier, le conseil municipal d’Orléans indiquait que 30 M€ seraient visiblement fléchés pour la seule requalification des alentours de Place d’Arc. « Mais on sait qu’on approchera les 50 M€ », a déjà jugé Baptiste Chapuis, conseiller municipal d’opposition socialiste, qui s’étonne que la somme engagée par Carrefour pour refaire Place d’Arc ne dépasse pas 8 M€. Une « contribution bloquée » dont Charles-Éric Lemaignen, adjoint à la circulation, s’est au contraire félicité : pour lui, il est important que cette somme, dans le contexte actuel, soit sacralisée. 

Diminuer la circulation

Cependant, l’opposition voit plutôt d’un bon œil ce projet de transformation de Place d’Arc, que la conseillère municipale communiste Dominique Tripet compare d’ailleurs à une « verrue » urbaine. L’élu écologiste Jean-Philippe Grand, qui demande toutefois à ce que cette métamorphose ne déséquilibre pas l’offre commerciale du centre-ville d’Orléans, se montre quant à lui plutôt favorable à la réalisation d’un grand ensemble d’habitation : selon lui, « construire la ville sur la ville » permet de la densifier et ne pas consommer autre part des espaces naturels et agricoles pour construire des logements nécessaires. 

Reste que l’une des grandes questions de ce projet sera d’organiser la circulation pendant les travaux, mais surtout après. Car Charles-Éric Lemaignen livre des chiffres qui donnent le tournis : selon lui, cette zone du centre-ville fait se croiser en moyenne, tous les samedis, pas moins de 35 000 voitures roulant d’est en ouest (et inversement) et 40 000 piétons marchant du nord au sud (et inversement). Pour l’instant, par la grâce de la fameuse passerelle, tout ce petit monde s’évite. À l’avenir, et puisque la passerelle serait détruite, il faudra donc inventer un système de croisement entre piétons, voitures, tramway, bus et vélos. Bon courage ! La majorité municipale paraît cependant tabler sur la requalification complète des mails pour faire diminuer sensiblement le trafic automobile sur cet axe. « On peut même imaginer un site propre bus ou tram sur les mails ! », lance d’ailleurs Charles-Éric Lemaignen. L’opposition n’en croit pas ses oreilles, elle qui tance régulièrement une majorité qu’elle juge trop « bagnolarde ». Du calme, cependant : Romain Roy, adjoint orléanais en charge du développement durable, est là pour rassurer les automobilistes inquiets : « Nous ne sommes pas pour le zéro voiture, car demain, notre voiture sera autonome, partagée et décarbonée. L’idée n’est pas non plus de mettre tout le monde sur un vélo, mais de rééquilibrer les modes de déplacement. » Le nouveau plan de circulation qui devrait être présenté au début de l’année 2023 par la majorité orléanaise sera l’une des pièces de cette refonte de la circulation en centre-ville et sur sa ceinture. Bref, un dossier à tiroirs, qui s’annonce bouillant !

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