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Christian Ravanel : Merci patron !
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Christian Ravanel : Merci patron !
Portrait

Christian Ravanel : Merci patron !

Candidat aux élections municipales à Orléans en 2020, ce spécialiste du monde de la petite enfance a créé il y a six ans une entreprise dans le… bâtiment, un secteur dont il ignorait presque tout et qu’il a appris à découvrir, parfois douloureusement…
Benjamin Vasset
17/09/1986 : Naissance au Honduras
24/12/1989 : Arrivée en France
2015 : Création de son entreprise Batiprox

On l’avait croisé dans une autre vie pas si lointaine, au moment de la campagne des élections municipales à Orléans, en 2020. À l’époque, il traînait dans le sillage de la liste « citoyenne » de Philippe Rabier, Orléans Ensemble, puis de celle d’Orléans Écologique et Solidaire (OSE), menée par Jean-Philippe Grand. La politique, une affaire de famille pour Christian Ravanel, né au Honduras il y a 35 ans puis adopté très jeune par Jean Ravanel, ancien maire de Chamonix qui fut aussi directeur de cabinet de Jacques-Chaban Delmas. « La politique, j’ai baigné dedans », s’exclame aujourd’hui ce Saranais, toujours très au fait de l’actualité locale et nationale. « Si Jean-Philippe Grand avait été élu, j’aurais été son adjoint à la sécurité », confie-t-il d’ailleurs, lui qui refuse de s’étiqueter à droite ou à gauche. « Je suis citoyen », clame-t-il, bien qu’on devine chez lui une fibre sociale en partie liée à son histoire personnelle. « Je sais d’où je viens et je sais que j’ai eu beaucoup de chance, en étant né au Honduras, d’avoir été élevé dans le XVIe arrondissement de Paris », reconnaît-il sobrement. 

Paris, une ville où Christian Ravanel a effectué ses premières maraudes et où il a commencé à exercer professionnellement dans la protection de l’enfance, avant de bifurquer vers le Loiret. Là, il travaille pour le compte du Conseil départemental, dans l’une des Maisons de l’Enfance du territoire. Un burn-out le convainc ensuite de changer de voie et de se lancer dans un monde alors inconnu pour lui : le bâtiment. Avec un associé, il monte la société Batiprox, dont les premiers pas se font « au-dessus de (son) garage, dans un local de 20 m2 ». « Je commençais sur les chantiers à 6h30 en arrivant dans ma Seat Ibiza », poursuit-il, pour qu’on cerne bien le tableau. L’entreprise déménage ensuite rue du Faubourg-Bannier à Orléans, se met à embaucher puis se trouve confrontée à la crise du Covid au début de l’année 2020. Fermée pendant trois mois, Batiprox rouvre en juin puis déménage un an plus tard à Saran, dans des locaux plus spacieux de 260 m2.

Jusqu’ici, tout va bien ? C’est un peu plus compliqué que cela. Entre-temps, Christian Ravanel se sépare de l’associé avec qui il s’était lancé. Aujourd’hui, il dit avoir pris en pleine face les coups en douce et autres petites trahisons qui font parfois la spécificité d’un milieu qu’il a découvert à vitesse grand V. « Dans le bâtiment, balance-t-il, tout tourne autour de l’argent. C’est extrêmement difficile de trouver des personnes qui soient à la fois compétentes et intègres. » Sans nommer qui que ce soit, il parle pêle-mêle de « vol de clientèle », d’autoentrepreneurs travaillant sans garantie décennale ou autres joyeusetés similaires. Lui soutient mordicus qu’il a pris le contre-pied de ces pratiques douteuses, affirmant préférer avoir moins de clients, mais mieux les servir. « Aujourd’hui, on n’est pas les moins chers ni les plus chers, ni les meilleurs ni les moins bons, clame Christian Ravanel, mais je pense vraiment qu’on fait partie des plus honnêtes, En plus, j’ai l’avantage de connaître parfaitement tout ce qui concerne le juridique. Donc, il ne faut pas m’attaquer… » Entrepreneur non salarié, Christian Ravanel a les idées longues pour sa société, qu’il conçoit comme une « marque » dont le nom serait à lui seul le gage d’un travail sérieux. Employant aujourd’hui un plombier et un climaticien en CDI, il travaille aussi en lien avec une dizaine de partenaires sur la métropole pour garantir un plus grand nombre de prestations. Il serait ainsi une sorte de porteur d’affaires qui trancherait avec « les boîtes multi-services », qu’il qualifie de « catastrophes ».

« Comme une grande »

Se faufilant dans les possibilités qu’offre le web, Christian Ravanel voudrait également faire de sa société le « Doctolib du dépannage », grâce à un système de réservations sur Internet, « où chacun peut choisir l’heure d’une intervention, son type de devis », etc. Ambitieux, l’homme affirme que Batiprox, « une petite entreprise structurée comme une grande », pourrait s’ouvrir à l’univers de la franchise si sa croissance suit son cours. En attendant, il dit vouloir aussi « montrer l’exemple » dans tous les arpents de sa vie, et notamment dans celle d’entrepreneur. « Avec mes gars, on avale tous la même poussière », résume-t-il. À bas la gauche caviar, vive la gauche camtar !

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