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« Je suis un battant »
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« Je suis un battant »

« Je suis un battant »

Grièvement blessée aux jambes suite à une explosion survenue dans son véhicule d’assistance le 31 décembre dernier en Arabie Saoudite, Philippe Boutron, le président de l’USO, commence à voir le bout du tunnel. Réapparu publiquement la semaine dernière à Orléans, il se dit plus combatif que jamais.
Benjamin Vasset
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Le 4 mai dernier, lors de la traditionnelle soirée de fin de saison de l’USO, les partenaires du club ont réservé un accueil chaleureux à Philippe Boutron : c’était en effet la première sortie publique du président orléanais depuis « l’attentat » – terme qu’il utilise lui-même – dont il a été victime, le 31 décembre dernier, avant le départ du Dakar. Toujours hospitalisé à l’hôpital militaire de Percy, à Clamart, Philippe Boutron a toutefois le droit de rentrer le week-end chez lui. « Je passe tous les samedis matins à mon magasin – le Leclerc de Chécy, ndlr –, que mon fils gère avec moi », indique-t-il d’ailleurs.

Mercredi dernier, une autorisation de sortie lui a également été donnée pour venir saluer et retrouver les partenaires de l’USO, dont beaucoup s’étaient déplacés pour le voir. « Tu incarnes les valeurs de courage et de ténacité, tu es un exemple pour nous tous », lui a lancé Christel Royer, conseillère municipale d’Orléans. Juché sur des béquilles, Philippe Boutron a quant à lui d’abord voulu parler de son club, qui finit la saison dans le ventre mou du championnat de Nationale 1. Mais il a aussi dit à ses partenaires que « grâce à eux » et à leurs messages de soutien, il avait pu « gagner un mois sur (sa) remise en forme ». Rentré le lendemain à l’hôpital de Clamart, il est revenu, deux jours plus tard, au téléphone, sur les mois douloureux qu’il venait de traverser et sur l’avenir de l’USO.

Philippe Boutron, comment allez-vous aujourd’hui, sur le plan physique ?

Ça va. Je marche depuis une dizaine de jours avec des béquilles, ce qui me donne de l’autonomie. J’aimerais sortir de l’hôpital fin mai ; en attendant, aujourd’hui, je poursuis mon travail de rééducation. Je fais de la kiné pour me remuscler. J’ai eu un nerf rompu, ce qui fait qu’aujourd’hui, j’ai un pied inerte. J’espère cependant retrouver, à terme, l’intégralité de mes moyens physiques.

Et moralement, où en êtes-vous ?

Je suis un battant, je m’accroche. Je suis suivi psychologiquement, mais ma principale préoccupation, aujourd’hui, c’est de retrouver de l’autonomie. J’ai beaucoup bossé. Est-ce que j’ai de la colère ? Oui, forcément. Mais je me dis surtout que c’était vraiment pas de bol (sic)… Il y avait au moins 300 personnes du rallye dans l’hôtel (de Djeddah, d’où il sortait avant de monter dans le véhicule qui a explosé, ndlr), et c’est tombé sur nous… Maintenant, cet épisode m’apprend à relativiser certaines choses. On comprend que tout peut s’arrêter.

Vous referez du sport automobile ?

Bien sûr. Je referai le Dakar. Ce n’est pas ça qui va m’arrêter.

Que vous a apporté l’USO dans cette période que vous venez de vivre ?

Beaucoup de remontant. Parce qu’en deuxième partie de saison, on a beaucoup gagné… De voir les tee-shirts des joueurs avec des messages à mon attention, ça m’a beaucoup touché, tout comme les autres messages que j’ai reçus. Dès la saison prochaine, je vais me remettre à fond dedans.

Parlons de l’USO, justement : sur le terrain, pourquoi l’équipe termine-t-elle cette année dans le ventre mou du championnat ?

Sur la première partie de saison, on a payé certaines erreurs de recrutement, et on n’a pas non plus trouvé de système de jeu. Après la trêve, on a réduit l’effectif et, sur le terrain, on est repassé à trois derrière. On fait vraiment une super deuxième moitié d’exercice, en terminant même, je crois, 4e ou 5e des matchs retour.

L’actuel entraîneur, Xavier Collin, continue donc d’être l’homme de la situation ?

J’en suis très satisfait, oui. C’est un très bon coach. C’était un joueur de tempérament, et il continue d’apporter de la niaque sur le banc. C’est un vrai guide en termes d’envie et de motivation pour un groupe.

L’idée, pour la saison prochaine, sera donc de réduire le groupe ?

Oui, on a vu cette année qu’en agissant de cette manière, Laval et Annecy allaient monter en Ligue 2. Alors que Châteauroux, qui avait 34 contrats, va rester en Nationale 1. On va accueillir la saison prochaine 6 ou 7 joueurs expérimentés de Nationale 1 ou de Ligue 2, qu’on complètera ensuite par des prêts de clubs de Ligue 1, une fois que les effectifs se seront dessinés.

Vous avez annoncé demander une dérogation pour que l’USO puisse garder le statut professionnel l’année prochaine. Pourquoi cette requête serait-elle acceptée par les instances ?

Parce que l’année dernière déjà, des demandes similaires avait été acceptées pour d’autres clubs, comme le Red Star. Les instances ont la volonté que le troisième niveau du foot français se professionnalise. Avec la descente de Nancy de L2 en Nationale 1, il n’y aura d’ailleurs pratiquement plus que des clubs pros à ce niveau. C’est important de garder le statut pro pour le club en terme de fonctionnement, et parce que ça permet de signer des contrats professionnels avec les joueurs.

Quelle sera la situation financière de l’USO en cette fin d’exercice ?

C’est tendu, même si l’atterrissage final n’est pas terminé. Il y a le contrecoup des droits télés et du Covid. En France, les clubs pros ont perdu en moyenne entre 15 et 20 M€ en 2021, le PSG plus de 200 M€…. Nous, on est en train d’estimer les pertes. Cependant, le club est sain financièrement. Et comme chaque année, j’investirai de ma poche. L’année prochaine, on devrait avoir un budget compris entre 3 et 3,5 M€, ce qui nous placera à peu près dans le milieu de tableau des clubs de Nationale 1. Je ne clame donc pas trop fort que l’objectif, c’est la remontée, même si Annecy a montré cette année qu’on pouvait monter avec un budget raisonnable.

Le centre de formation va donc s’arrêter ?

Oui, il coûte trop cher, environ 1 M€ par an en frais de fonctionnement. On a pourtant réussi à en sortir 3-4 joueurs qu’on a ensuite signés. Après, si on remonte en Ligue 2, on pourra peut-être le remettre en route.

Pour clarifier les propos récents que vous avez tenus dans La Rep’ : êtes-vous vendeur ?

Je n’ai jamais dit que j’étais vendeur, j’ai dit que si des gens avec de gros moyens étaient prêts à venir, j’étais ouvert à tout. Ma principale préoccupation, c’est la pérennité du club. Mais je rassure tout le monde : je suis prêt à continuer, il n’y a pas de problèmes.

Avez-vous été sollicité depuis le début de l’année par d’éventuels repreneurs ?

Il y a eu des contacts, mais rien de sérieux. 

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