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« Laisser le sport aux sportifs »

« Laisser le sport aux sportifs »

À la fin de cette saison, trois des quatre clubs professionnels de l’agglomération orléanaise ont été sportivement relégués dans une division inférieure. Pointée du doigt, la Métropole est-elle la seule responsable de ce fiasco ? Conseiller métropolitain en charge du sport de haut niveau, Thomas Renault répond aux critiques. Entretien musclé.
Benjamin Vasset
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Le week-end dernier, les Septors de Saran, relégués en Proligue, sont venus clore à leur manière le Petit Chelem à l’envers du sport métropolitain : alors que l’USO,, en foot, a échoué dans sa quête de remontée en Ligue 2, le Fleury Loiret Handball et Orléans Loiret Basket ont quant à eux chuté en deuxième division nationale de leurs sports respectifs. Ces mauvais résultats ont logiquement fait naître des interrogations sur la façon dont le sport professionnel était géré par Orléans Métropole, qui avait repris cette compétence aux communes en 2018. Problème : ce transfert, dont certains pensaient qu’il allait permettre d’augmenter les moyens mis à disposition de chacun des quatre clubs professionnels, n’a pas abouti à des rentrées d’argent supplémentaires, hormis pour la saison 2020/2021, où le partage d’une subvention exceptionnelle de 300 000 € a d’ailleurs donné lieu à quelques discussions animées et rancœurs mal digérées. Mais déjà, à cette époque, était posée la critique qu’aucun projet sportif métropolitain digne de ce nom n’avait été discuté, engagé et voté. À l’automne dernier, l’hypothèse de « retransférer » l’OLB et l’USO à la Ville d’Orléans a été l’un des sujets qui ont fait tomber le président de la Métropole, Christophe Chaillou. Sept mois plus tard, le bilan sportif de ces quatre clubs à la fin de cette saison, ainsi que les difficultés financières du Fleury Loiret Handball, mettent encore davantage la Métropole devant ses responsabilités. Thomas Renault, adjoint au sport à la Ville d’Orléans et conseiller métropolitain en charge du sport de haut niveau, a accepté de répondre à nos questions. Attention : ça pique. 

Son constat : « La non-reconduction de la subvention exceptionnelle n’était pas mon choix »

Chacun à leur tour, officiellement ou sous le manteau, les clubs pros de l’agglo ont pu pointer le manque de moyens alloués cette année par la Métropole. « L’argent aide à avoir des résultats, mais il ne fait pas tout, pose d’abord Thomas Renault. Cependant, les accompagnements financiers de la Métropole ont été les mêmes cette année qu’en 2018 : depuis, rien n’a changé, hormis en 2020/2021, où une subvention exceptionnelle de 300 000 € a été ventilée, et je m’étais d’ailleurs battu pour qu’elle le soit. Conséquence : en fin de saison 2020/2021, les résultats des clubs étaient bons. La décision politique, pour 2021/2022, a été de ne pas reconduire cette enveloppe exceptionnelle. Je n’ai pas eu voix au chapitre, ce n’était pas mon choix. Et aujourd’hui, force est de constater que tout le monde descend. Alors oui, la Métropole a une petite part de responsabilités. Mais aujourd’hui, le sport ne représente que 0,4 % du budget métropolitain. Vu les débats qu’il amène, on peut se dire qu’il mériterait plus. Car clairement, aujourd’hui, il faut l’admettre : le sport de haut niveau n’est pas une priorité pour la Métropole. Alors qu’on a un formidable outil avec CO’Met, on ne prend pas assez la mesure de ce que le sport peut rapporter en termes de rayonnement et de retombées économiques. Avec les Jeux, il faut pourtant qu’on en prenne conscience ! Après, j’entends qu’il n’y a pas de projet sportif à la Métropole. Je tiens à dire que c’est faux : ce projet que j’ai écrit existe, et il est détaillé (il le met sur la table). Il a même été présenté en octobre 2020 aux maires et aux communes qui souhaitaient le voir. Ce document avait été validé avant que je sois élu. Je veux bien me faire taper dessus, mais à condition d’avoir les armes nécessaires pour avoir des résultats. Car par rapport à ce qui avait été validé, aussi bien par Christophe Chaillou que par Serge Grouard, ce n’est pas la réalité d’aujourd’hui (sic). Pourtant, et je dis ça en toute humilité : qui mieux que moi connaît le sport à la Métropole ? Je ne veux pas avoir une délégation à 50 %, alors il faut me laisser piloter de A à Z. Est-ce que je m’adresse au président de la Métropole en disant cela ? Non, je m’adresse à tous les élus. »

Sa solution : « je demande un débat de fond »

Par cette prise de parole engageante, Thomas Renault envoie-t-il un message pour faire bouger les choses de l’intérieur, ou entonne-t-il un chant du cygne ? « Non, je ne compte pas démissionner, répond-il, car ce ne serait pas aller au bout de ses idées. Il y a une politique à mener. Après, si on ne veut plus de moi, c’est différent, mais par contre, derrière, il faudra assumer. C’est donc aux 89 élus de la Métropole de décider. Moi, je veux que les choses bougent, je demande à ce qu’il y ait un débat de fond sur le sport. Pour l’instant, c’est vrai, ce débat n’est toujours pas dans le calendrier. Et pourtant, dans cette période, nous devons être au rebond de tous les clubs qui sont descendus et savoir ce que nous voulons faire. Pour ma part, je pense que le sport, qui est certes une compétence facultative pour la Métropole, doit être accompagné et développé. » 

Son projet : « créer une marque territoriale commune »

« Si on veut créer une vraie politique sportive métropolitaine, il ne faut pas s’arrêter aux quatre clubs pros, mais englober aussi CO’Met, les Jeux olympiques et les autres équipements, estime Thomas Renault. À mon avis, il faut créer une marque territoriale commune – un peu comme Chartres et Dijon – et pouvoir mutualiser entre les clubs. Par exemple, pourquoi ne pas penser à des abonnements multi-pass qui fonctionneraient dans l’ensemble des clubs professionnels ? Qu’est-ce qui nous empêcherait également d’avoir des billets et des équipementiers uniques ? Une régie commerciale commune ? Ça aussi, il faut y réfléchir : sur le partenariat, il faut travailler ensemble plutôt que travailler les uns contre les autres. Orléans n’a jamais réussi jusqu’à présent à être une grande métropole sportive – même si on a environ 30 000 pratiquants sur le territoire – mais plus une métropole d’événements sportifs. Chez nous, ce n’est pas culturel. Est-ce qu’on doit le devenir ? C’est une question qu’on peut se poser. Mais encore une fois, avec CO’Met qui arrive, si on n’a pas de réelle dynamique sportive, qu’est-ce qu’on fait de cet outil ? »

2 réponses

  1. Complètement d’accord avec lui. Les Élus ont une perception étriqué et tronqué du Sport en général. Et ils peinent à voir son importance. Sauf au moment de se faire élire ou pour l’avoir comme outil du lien social

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