« La crise actuelle ne fait que renforcer nos propositions »

Arrivé en tête au 1er tour avec 35,5 % des voix, le candidat de la gauche écologique ne change pas de cap : la crise sanitaire a mis en lumière certaines mesures contenues dans son programme comme le développement du vélo, des produits locaux ou des circuits courts...
Propos recueillis par Patrice Naour

Que vous inspire la date du 28 juin fixée pour le second tour ?

Nous n’avions pas de préférence, nous avons toujours dit que la date qui serait proposée nous conviendrait à condition que les conditions sanitaires soient bonnes et que la santé de nos concitoyens ne soit pas mise en danger. Au vu de ce qui se passe depuis le début du déconfinement, je pense que ça sera le cas. Après, il peut se passer des choses en un mois mais le gouvernement a prévu aussi ce cas de figure. Donc nous serons prêts…

Ce n’est pas prématuré malgré tout ?

Non, je ne pense pas. Il est quand même temps que le processus démocratique aille à son terme. Le mandat des équipes en place est arrivé à son terme et vu la crise qui menace et qui va nécessiter des mesures fortes, autant que les nouveaux exécutifs soient installés pour mener à bien les actions indispensables pour y faire face. Il faut aller au terme du processus élections pour que les choses soient claires pour la population et tous les acteurs de la vie publique, sociale, économique. Il faut avancer car la crise menace…

Il n’y a pas de risques que ces équipes justement soient mal élues ou peu légitimes ?

Non, je réfute cet argument. On peut s’interroger sur l’abstention du 1er tour, mais elle n’a pas faussé les résultats. Elle touche toutes les listes, nous aussi on a des électeurs qui ne se sont pas déplacés au 1er tour… C’est valable pour toutes les listes.

Revenons un peu en arrière sur ce 1er tour, comment jugez-vous le résultat ? 

Nous sommes plutôt satisfaits. Si l’on se réfère au sondage qui avait été publié avant le 1er tour, les résultats reflètent globalement ce qui était annoncé, avec le même ordre des listes et les mêmes ordres de grandeur. Ces résultats sont tout à fait significatifs et nous confortent dans notre volonté de porter un projet alternatif, écologique et social dans un contexte de crise qui nécessite des mesures fortes. Et nous sommes prêts à assumer les responsabilités si les Tourangeaux nous accordent leur confiance le 28 juin.

Aucune alliance à attendre entre les deux tours ?

L’union, nous l’avons faite à gauche avant le 1er tour, nous n’avons aucune modification à apporter à notre liste qui ne bougera pas. On continue avec la même équipe sur la même dynamique.

Comment mener campagne durant cette période particulière ?

Il va falloir se réinventer et imaginer d’autres dispositifs si on ne peut pas rassembler un public nombreux. Pourquoi ne pas utiliser un mégaphone pour faire une réunion en respectant les distances barrières ? On pourra déjà aller au contact sur les marchés en respectant les distances… Nous avons un certain nombre d’idées que nous appliquerons le moment venu. Mais rien ne dit non plus que les règles sanitaires ne seront pas assouplies si la pandémie continue de s’atténuer comme cela semble être le cas… 

Comment avez-vous vécu la période de confinement ?

Après quelques semaines de pause, nous avons repris la campagne électorale sur les réseaux sociaux en organisant, entre autres, des débats sur certaines questions importantes qui se posaient alors, comme l’école ou la crise qui frappe la culture pour laquelle nous avons fait des propositions concrètes. Et puis cette crise n’a fait que renforcer notre programme et nous conforter dans notre démarche. Quelques exemples : cela fait des années que nous prônons le développement du vélo sur le territoire de la Métropole, on voit que la crise va permettre d’accélérer ce processus. Idem pour l’alimentation : notre programme comprend tout un volet de mesures pour développer une alimentation locale de qualité, avec des circuits courts, le bio dans les cantines, etc… Que veulent les gens aujourd’hui ? Manger des aliments sains produits dans le respect de l’environnement… Il suffit de regarder notre programme pour voir que nous répondons parfaitement aux problématiques posées par cette crise sanitaire qui, malheureusement, risque de se doubler d’une crise économique et sociale. 

Que ferez-vous prioritairement si vous êtes élu le 28 juin ?

Nous avons prévu un plan de mesures pour répondre à l’urgence de la crise qui se profile. Ces mesures qui sont dans notre programme prennent tout leur sens dans le contexte actuel et seront donc renforcées et appliquées rapidement. Il y aura un plan d’urgence pour soutenir le commerce et l’économie en partenariat avec la Région qui a créé le Fonds Renaissance. Nous organiserons aussi cet été une grande saison culturelle avec des événements itinérants pour animer la ville et soutenir le secteur de la culture, particulièrement menacé. Notre projet de maisons de santé dans plusieurs quartiers est aussi une priorité pour accompagner les plus fragiles. Nous renforcerons l’accompagnement scolaire avec la gratuité des devoirs pour lutter contre le décrochage scolaire qui s’est accru pendant le confinement. Nous mettrons aussi en place un important plan d’aides alimentaires en concertation avec les associations qui œuvrent au quotidien pour accompagner les plus fragiles qui sont, malheureusement, de plus en plus nombreux dans notre ville. Je peux aussi citer le réseau vélos qu’il faut renforcer et bien d’autres mesures à prendre rapidement. Croyez-moi, nous sommes prêts à agir très rapidement si les Tourangeaux nous accordent leur confiance !

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