Le TVB continue de se structurer !

Malgré la crise sanitaire qui a causé l’arrêt du sport de haut niveau depuis la mi-mars et les incertitudes concernant les futurs revenus liés aux partenariats, le club franchit un nouveau cap dans sa professionnalisation en se transformant en SASP (Société anonyme sportive professionnelle) le 1er juillet. Une nouvelle étape importante pour rester au sommet du volley français alors que la concurrence ne cesse de se renforcer...
Patrice Naour
Pascal Foussard, DG du TVB

Pendant la crise sanitaire, le TVB est au boulot ! Après une assemblée générale en visioconférence pour entériner la transformation du club en SASP (Société anonyme sportive professionnelle), le comité directeur a désigné le nouveau président de l’association Tours Volley-Ball, Christian Chebassier mercredi 17 juin.

Cette évolution juridique était rendue obligatoire par la loi qui oblige une association réalisant plus de 1,2 M€ de recettes à se transformer en société. Ce qui est le cas du TVB ces dernières saisons, son budget de 2,2 M€ étant couvert à plus de 60 % par ses recettes propres (partenariats privés et recettes matchs). Au terme de cette transformation qui reprend un schéma bien connu dans toutes les structures du sport professionnel, le TVB se scinde en deux entités : d’un côté la nouvelle SASP créée au 1er juillet détenue à 100 % par l’association et qui gèrera l’entité professionnelle du club sous la présidence Yves Bouget, actuel président du TVB ; de l’autre l’association qui continuera de chapeauter toutes les autres activités du club amateur et qui détient l’agrément du ministère et la licence de la Fédération pour participer aux différentes compétitions et championnats jeunes et amateurs. C’est donc le trésorier actuel du TVB, Christian Chebassier, qui en prend la présidence.

Cette mise en conformité avec la loi réalisée, rien ne changera sur le plan sportif pour le TVB dont l’objectif demeure le même d’année en année : rester le meilleur club français comme c’est le cas depuis une décennie. « Cette transformation ne change pas grand-chose dans le fonctionnement du club, explique Pascal Foussard, le directeur général du TVB. Elle n’apporte pas davantage de moyens, au contraire même puisqu’elle a un coût, mais elle nous donne davantage de responsabilités car le TVB possède à présent une structure professionnelle et, à ce titre, se doit d’être encore plus exemplaire pour l’ensemble de nos partenaires, entreprises et collectivités… »

Sur le plan sportif, il y a bien longtemps que le club tourangeau est un modèle à suivre, pour les autres équipes du volley-ball français bien sûr, mais aussi pour les clubs des autres disciplines tourangeaux. Car, faut-il le rappeler, le TVB est le seul club de la ville à n’avoir pas connu de dépôt de bilan. Le basket, champion de France au début des années 80, le rugby en pro D2, le hockey, le hand en D1 à Saint-Cyr il y a 10 ans, le Tours FC en 1993 puis sanctionné par une rétrogradation en N3 il y a un an à cause de ses finances chancelantes… La liste est longue des séismes qui ont secoué le sport tourangeau à intervalles réguliers, mais jamais le TVB n’a été concerné. « Nous avons connu des périodes délicates aussi mais nous avons toujours veillé à ne pas vivre au-dessus de nos moyens, explique Pascal Foussard, qui rappelle que plus de 60 % du budget du TVB provient de recettes privées alors que dans la majorité des autres clubs de Ligue A, jusqu’à très récemment, les proportions étaient inverses, les subventions publiques finançant largement les adversaires du TVB. Le modèle tourangeau fait de plus en plus d’adeptes, à Tours où l’UTBM et les Remparts sont aussi dynamiques en termes de partenariats, mais aussi dans le volley français où des clubs comme Chaumont, Narbonne ou Montpellier s’inspirent du TVB pour tenter de rivaliser avec lui.

Le TVB pionnier avec son club entreprises

Quel est-il ce modèle, justement, cité en exemple au plan national et qui a permis au TVB de devenir le plus grand club de l’histoire du volley français sur le dernière décennie ? « C’était une fusée à plusieurs étages, raconte Pascal Foussard qui a vécu la progression du club au fil des ans, d’abord comme joueur, puis entraîneur, manageur et enfin directeur général. On s’est d’abord appuyé sur le public en s’efforçant dès le début de l’aventure dans les années 80 d’attirer le plus de spectateurs possibles, notamment en misant sur la gratuité au démarrage. Une fois le public fidélisé, il était plus facile de « vendre » le volley à nos partenaires… »

Ce qu’a très bien su faire le club en créant en 1990 le TV BEntreprises, véritable club des entreprises partenaires. Là encore Tours fut précurseur dans ce secteur : rassembler des partenaires au sein d’un club, non seulement pour qu’ils soutiennent financièrement le TVB, mais également pour qu’ils puissent se rencontrer, échanger entre eux et, au final, développer leur chiffre d’affaires. Chaque année, le TVBE permet ainsi à 180 à 200 partenaires de se rencontrer dans une ambiance conviviale les soirs de match. Une stratégie gagnant-gagnant, à la fois pour le club, qui engrange ainsi des recettes précieuses, mais aussi pour ses partenaires qui développent leur business via le TVBE.

Grâce à cette stratégie, animée au quotidien par Nathalie Hénault, en charge des partenariats, le TVB a pris une longueur d’avance sur ses adversaires nationaux pour décrocher 8 titres de champions dont 6 entre 2010 et 2019. « Effectivement, nous avons le plus gros budget de Ligue A, mais si on en est là, c’est grâce au travail réalisé depuis toutes ces années, à la fidélité de nos partenaires, comme à l’engagement de tous, de plus fidèle des bénévoles jusqu’au président, en passant par tous les éducateurs et licenciés, insiste Pascal Foussard. Car l’argent procure des moyens mais c’est sur le terrain au quotidien que se gagnent les titres… »

La crise actuelle, qui touche l’ensemble du sport français et qui pourrait mettre de nombreux clubs en difficulté, peut aussi affecter le TVB puisqu’il dépend de la bonne santé de ses partenaires. « Nous avons commencé la commercialisation des partenariats pour la saison prochaine et, pour le moment, cela se passe plutôt bien, explique Pascal Foussard. Nous avons des partenaires fidèles qui sont heureux de se retrouver autour du club, mais certains rencontreront peut-être aussi des difficultés, on essaiera d’adapter nos offres et de faire du sur-mesure pour leur permettre de nous accompagner… » 

Le TVB attend aussi un signal fort des collectivités en ces temps incertains. « Vivement que les élections municipales aient lieu qu’on puisse avoir un interlocuteur à la mairie pour avancer sur différents dossiers, s’impatiente Pascal Foussard. Plus que jamais le TVB veut continuer d’avancer, car en sport, c’est bien connu, si tu ne progresses plus, tu régresses. Et après 10 ans au sommet, le TVB n’est vraiment pas prêt à régresser !

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