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Ligne B : le passage par le boulevard Jean-Royer ne résout pas tout
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Ligne B : le passage par le boulevard Jean-Royer ne résout pas tout

Ligne B : le passage par le boulevard Jean-Royer ne résout pas tout

Le projet de la 2e ligne de tramway est relancé. Sur proposition de la conférence des maires, le conseil métropolitain a voté l’abandon du tracé par le boulevard Béranger au profit du passage par le boulevard Jean-Royer qui, s’il règle le problème des arbres centenaires, comprend aussi des inconvénients. Explications.
Par Alain Devineau et Mathis Navard, créateur du site letramdetours.net, membres du collectif citoyen pour la mobilité et le tramway

Les dernières analyses racinaires menées sur le mail Béranger et le courrier adressé aux élus par la Préfète début avril ont donc enterré toute possibilité pour le tramway d’emprunter cette artère. Si seul le tronçon reliant Tours à Chambray-lès-Tours avait dû être réalisé, l’ensemble du processus de consultation publique serait à reprendre. Nous serions revenus au stade de 2018, avec près de quatre ans de retard ! Alors qu’en optant pour le boulevard Jean-Royer, le processus engagé depuis 2018 peut continuer même si c’est sur un autre itinéraire. D’autant plus que ce scénario n’est pas inconnu puisqu’il avait été soumis à la concertation sous la forme d’une variante. Nul besoin de repartir de zéro donc. Selon le bilan du garant, les avis exprimés à l’époque étaient très serrés. 178 participants défendaient le boulevard Béranger et 170 un tracé par le boulevard Jean-Royer. Les projections de fréquentation n’étaient pas plus éloignées. On s’attendait à 39 1000 voyages par jour par l’hypercentre et à 35 860 voyages par jour pour l’option sud. Des données qui ne tiennent pas compte du potentiel conséquent de renouvellement urbain dans le quartier Lakanal-Strasbourg, ce qui n’est pas le cas du secteur sauvegardé autour du mail Béranger qui n’évoluera pas sur le plan urbanistique dans les prochaines années.

Un tracé plus économique, mais à l’insertion délicate

En toute logique, le choix du boulevard Jean-Royer devrait générer quelques économies. 2,2 kilomètres de rails ne seront plus à poser et aucun procédé d’alimentation par le sol – plus coûteux – ne sera exigé. La succession de virages serrés entre Saint-Éloi et le futur quartier des casernes Beaumont-
Chauveau sera remplacée par une ligne droite de 1,6 kilomètre qui ne pourra qu’améliorer nettement la rapidité et le confort du service. Sur les 22 stations initialement annoncées, une ne sera sans doute plus à construire. Cette variante n’est cependant pas sans comporter son lot de défis. Malgré une largeur moyenne de 14,50 mètres de façade à façade, l’enchaînement des sorties de garage complexifiera l’insertion du tramway sur Jean-Royer. Un passage sur la voirie nord serait à privilégier entre les casernes Beaumont-Chauveau et la place de Strasbourg, puis un basculement sur la partie sud semble tout indiqué jusqu’à la place de la Liberté. Cette dernière est par ailleurs appelée à devenir un « hub » central d’intermodalité.

Une 3e ligne pour relier Tours à La Riche sans correspondance

Espérons que l’abandon du boulevard Béranger ne signifiera pas pour autant qu’il sera nécessaire de changer de tramway pour rejoindre le centre-ville de Tours depuis La Riche. La fameuse « rupture de charge » doit être évitée à tout prix. Bonne nouvelle, cela est techniquement possible. En effet, une fois les deux lignes construites, nous disposerons d’un réseau constitué de quatre branches irriguant Tours-Nord, Joué-lès-Tours, La Riche et Chambray-lès-Tours. L’ensemble de l’infrastructure étant en place, il semble impératif d’offrir un service sans correspondance entre le terminus de Vaucanson et La Riche. En réalité, il s’agirait d’une 3e ligne qui ne nécessiterait pas la construction de nouvelles voies. Cette stratégie a déjà été adoptée par la Ville d’Angers qui s’apprête à inaugurer deux nouvelles lignes l’année prochaine. Le potentiel d’une liaison directe allant de La Riche à Joué-lès-Tours mériterait également d’être étudié.

Cette 3e – voire cette 4e – ligne garantirait des passages à des fréquences plus soutenues, mais nécessiterait l’achat de rames supplémentaires. Pour les financer sans alourdir davantage l’enveloppe du projet déjà conséquente, des économies sont à rechercher.

Des économies à aller chercher du côté de Chambray-lès-Tours

En ce sens, la pertinence des 2,5 derniers kilomètres entre l’hôpital Trousseau et le terminus chambraisien de La Papoterie doit être à nouveau questionnée. Les abords de ce tronçon estimé à environ 80 M€ sont majoritairement composés d’espaces boisés qui sont par définition faiblement peuplés. Rien ne paraît justifier un mode de transport aussi lourd et structurant si ce n’est la réalisation d’un parking-relais dont la capacité a récemment été divisée par deux en raison de la présence d’une zone humide. Son objectif est d’encourager les déplacements automobiles en provenance de la vallée de l’Indre alors que 36 millions d’euros viennent pourtant d’être investis pour moderniser l’axe ferroviaire Tours-Loches.

Les hôpitaux mal desservis ?

Plus surprenante encore, la desserte de l’enceinte hospitalière de Trousseau n’est pas garantie puisque le tramway ne rentrera pas en son cœur. Un choix difficilement compréhensible lorsque l’on connaît les difficultés de mobilité qui concernent une partie des visiteurs des établissements de santé. De plus, il prive Saint-Avertin de tout prolongement ultérieur. Le problème se pose de la même manière pour le site de Bretonneau, et ce, quelle que soit la configuration retenue. Autant dire que la relance de ce dossier est un signal positif qui doit aussi s’accompagner de son lot de remises en question afin que l’extension du réseau de tramway de la Métropole tourangelle soit guidée par le bon sens et le pragmatisme.

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