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Un budget socialement correct
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Un budget socialement correct

Un budget socialement correct

Le vote du budget du 15 février dernier a été l’occasion de présenter les priorités et les premiers chantiers de la nouvelle majorité. Au menu de ces projets structurants, entre autres : le lancement des études pour la nouvelle cuisine centrale et d’une concertation sur une « maison de l’Hospitalité », tiers-lieu innovant qui pourrait être un marqueur fort de la ville…
Patrice Naour
Un budget socialement correct

En présentant le premier budget de sa mandature, la nouvelle équipe municipale a choisi de marquer son terrain, à la fois sur le social et l’environnemental. Au grand dam des deux groupes d’opposition qui n’y trouvent pas leur compte. À droite, autour de Christophe Bouchet et Thibault Coulon dans le groupe « Tours Ensemble », on ne voit dans ce budget « aucun marqueur fort ni colonne vertébrale » tout en déplorant que le soutien à l’économie locale en soit absent en ces temps de crise sanitaire. 

Au centre, les Progressistes autour de leur chef de file LREM, Benoist Pierre, regrettent la « mollesse » de la réponse à la crise sociale alors que le gouvernement a tout mis en place à travers différents dispositifs pour que le « quoi qu’il en coûte » se décline aussi
au niveau local. 

Chacun.e jugera (on emploie ici l’écriture inclusive dont il a aussi été question lors de ce conseil municipal, Olivier Lebreton, du groupe Tours Ensemble regrettant sa généralisation dans le magazine municipal, ce qui pollue la lecture selon lui). Encore une fois chacun.e jugera…

Au-delà de ces joutes oratoires de bonne guerre dans l’arène qu’est devenu le conseil municipal, il faut évidemment retenir les grandes lignes du budget (voir ci-dessous) qui se veut à la fois « offensif » avec une hausse significative des investissements et « une réponse forte à la crise sociale actuelle » selon les mots du nouveau maire Emmanuel Denis qui passait là son premier grand oral budgétaire et qu’on a senti soulagé à l’issue de cet exercice qui aura tout de même duré plus de douze heures !

Autres points notables : la fiscalité n’augmente pas et les dépenses de fonctionnement augmentent peu (+ 0,4 %) ; le désendettement se poursuit (- 3,2 M€ de dette en 2020) et la capacité d’épargne s’accroît.

Nouvelle recette pour la cuisine centrale
Parmi les mesures fortes annoncées par la nouvelle municipalité, il y a bien sûr le lancement du projet de la future cuisine centrale. Pour remplacer l’unité actuelle, en service depuis 1976 et totalement obsolète, l’équipe Bouchet avait opté pour un GIP (Groupe d’intérêt public) avec le CHRU de Tours afin de réaliser une cuisine commune pour les hôpitaux et les écoles sur le site de Trousseau qui est lui-même appelé à être totalement réhabilité dans les prochaines années. 

Outre les économies qu’elle engendrait a priori pour les finances de la Ville, une telle mutualisation permettait de faire passer les 8 000 à 10 000 repas par jour des enfants (4 millions par an au total) parmi les dizaines de milliers de repas servis sur l’ensemble des sites du CHRU. Changement de cap donc pour la nouvelle majorité qui, entre autres arguments, estime qu’une cuisine plus petite garantira une meilleure qualité des repas tout en permettant un meilleur contrôle de l’approvisionnement. L’objectif étant de faire de cette nouvelle cuisine un pivot du futur plan alimentaire territorial en soutenant les producteurs du territoire métropolitain, mais aussi un outil d’éducation au goût et aux produits locaux. De même, la mise en place de repas bio et végétariens semble plus aisée dans ce cadre-là puisque la Ville aura la main sur les menus…

Alice Wanneroy, l’adjointe en charge du projet, y travaille depuis la rentrée et a notamment prévu une concertation avec les usagers, c’est-à-dire les parents d’élèves. Aucun site n’est pour l’instant choisi pour cet équipement dont le coût est évalué à 10 à 12 millions, mais plusieurs options existent pour succéder à celui du quartier des Fontaines.

L’idée d’une « maison de l’Hospitalité » sur le feu
Autre projet phare pour la ville : une future « maison de l’Hospitalité » devrait aussi voir le jour dans les années à venir. « Un projet voulu pour accueillir, orienter, informer toutes les personnes qui arrivent sur le sol tourangeau » selon Cathy Münsch-
Masset, la 1re adjointe en charge du social et de la solidarité. L’idée, actuellement en réflexion avec tous les acteurs et associations concernées – Chrétiens Migrants Émergences, Entraide & Solidarités, Jeunesse & Habitat, Utopia 56… –, serait d’en faire un lieu d’accueil sans discrimination. Mais au-delà de sa vocation sociale, cette maison pourrait aussi prendre la forme d’un tiers-lieu ouvert sur la ville avec hébergement ou non (c’est à définir), un lieu de vie (accueil de jour, conciergerie, etc.), doté, pourquoi pas, d’un équipement culturel pour organiser des animations et accueillir ainsi d’autres publics.

La réflexion suit son cours : verdict avant l’été. Une fois que les usages du lieu seront définis, restera alors à trouver un site pour installer cette maison qui pourrait porter le nom de Rose-Marie Merceron, militante infatigable au sein de Chrétiens Migrants pour lesquels elle s’est battue ces
dernières décennies…

Dans le même registre, la Ville travaille aussi à chercher trois nouveaux lieux d’accueil pour Les Restos du Coeur sur la ville (trois autres lieux d’accueil pour les Restos du Cœur doivent ouvrir sur la ville (dans le quartier Maryse Bastié, à Tours Nord et à Tours Sud).

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