Une nouvelle énergie circule

La Covid-19 rebat les cartes : la transition écologique et énergétique des entreprises devient une priorité en Centre-Val de Loire. Dans le cadre de la COP régionale en faveur du climat, l’agence régionale Dev’Up travaille avec l’Ademe pour impulser un redémarrage économique durable.
C.S
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La transition écologique et énergétique n’est pas une nouveauté. En Centre-Val de Loire, elle est déjà impulsée, mue, notamment, par la création d’une COP régionale en 2019. Les enjeux sont listés de manière non-exhaustive : réaliser des achats durables, former et créer de nouveaux emplois qualifiés, produire et consommer localement, trouver des modes de transport plus doux et responsables. 

Dans le monde d’après, vraiment ?

Le tout repose sur une seule interrogation : à quel prix sommes-nous prêts à acheter nos biens de consommation ? S’il est illusoire de comparer avec les prix des biens fabriqués en Asie, notamment, il demeure « impossible de tout produire sur un seul territoire » restreint. Les réalités locales de consommation sont nationales, voire européennes. La crise de la Covid-19 accélère cette prise de conscience, surtout chez les plus jeunes. « Le redémarrage économique ne doit pas être un copié-collé d’avant le confinement », ne cesse de marteler, ces derniers mois, François Bonneau, le président de la Région Centre-Val de Loire et président de Dev’Up, agence régionale de développement économique. « Il doit se nourrir de la logique du développement durable, de l’économie d’énergie, de l’économie territoriale. » 

Alors, dans le cadre de la COP régionale, la communauté de développeurs de Dev’Up travaille avec l’Ademe (agence de la transition écologique) afin d’aider les entreprises du territoire à repenser leur impact écologique et énergétique. Avec des réglementations en constante évolution, les impulsions à donner en ce sens sont considérables. Plus : il faut pouvoir les maintenir jusqu’à une amélioration de la situation économique et environnementale. « Aujourd’hui, il faut que le développement des entreprises soit la rencontre de l’économie, du social et de l’environnemental, complète François Bonneau. Cette période de crise sanitaire, économique et sociale est un levier pour aller plus vite face à une situation environnementale préoccupante. » 

Travailler collectivement

Au début des questions sur l’écologie, dans les années 1980, les actions étaient parcellaires et les sujets (les déchets, la qualité de l’air, etc), très cloisonnés. Depuis trente ans, elles s’accélèrent sans parvenir à régler complètement la question de la transition écologique et énergétique. Enfin, cela fait déjà une vingtaine d’années que les communes du Centre-Val de Loire ont, paraît-il, la volonté de travailler sur le sujet. « On peut avoir des dizaines de dispositifs différents, mais sans mode de travail collectif, ils n’arrivent jamais à être efficaces, justifie Mohamed Amjahdi, directeur régional de l’Ademe. La Covid-19 va donner des moyens supplémentaires, notamment pour la décarbonation de l’industrie. » 

Les utilisations de l’hydrogène et de la méthanisation pour réduire l’empreinte carbone commencent d’ailleurs à faire son chemin : en Centre-Val de Loire, plusieurs projets voient le jour pour aller chercher l’énergie qui n’est pas valorisée à ce jour. Sur les économies d’énergie, de grosses entreprises, comme ERDF et La Poste, s’engagent « sur leur propre production interne » ; d’autres, notamment des transporteurs, doivent changer leur flotte de véhicules pour se lancer dans le biogaz. Ces avancées permettent de créer une dynamique intelligente en termes d’économie circulaire à travers le territoire régional. « La transition écologique et énergétique des entreprises est une vraie opportunité, souligne Mohamed Amjahdi. Son point d’entrée n’est plus la question écologique – le rejet de CO2 étant abstrait, mais l’image positive et la compétitivité verte des entreprises. » 

Malgré toutes ces belles déclarations, toujours est-il que, dans les faits, la démarche peut prendre du temps, l’accessibilité aux dispositifs de transition énergétique n’étant pas la meilleure qui soit. « On doit alléger les processus administratifs, admet-on à la Région. C’est compliqué d’attendre plusieurs années avant de lancer un projet de méthanisation ou de valorisation de l’énergie, par exemple. » Et l’État ne suit pas forcément le mouvement assez vite : en Centre-Val de Loire, quatre lignes de FRET ferroviaires ont récemment été réhabilitées. Mais, selon François Bonneau, il a fallu faire des pieds et des mains pour obtenir l’aide financière de l’État. Pour avancer les six autres projets de lignes de frets régionaux, la Région cherche donc d’autres solutions. Les acteurs (État, collectivités, entreprises, experts de l’environnement et de la transition écologique et énergétique) se rencontrent de plus en plus souvent, à la recherche de bonnes expériences.  

Le circulaire est-il trop petit ?

Dans le Loiret, les collectivités mettent en avant plusieurs projets innovants, comme celui de l’association de Dow, géant américain de la chimie, et Éco-Mobilier, éco-organisme en charge des déchets d’ameublement. Depuis le mois de juillet, ces deux entreprises collaborent à Semoy pour recycler chaque année, en France, les mousses de polyuréthane de quelque 200 000 matelas en de nouvelles matières premières. Cet exemple d’économie circulaire à grande échelle pourrait, peut-être, faire boule de neige. En Centre-Val de Loire, notamment en Touraine, plusieurs designers travaillent depuis plusieurs années sur le recyclage et l’innovation des matières premières. Malgré tout, le marché de l’économie circulaire reste un marché de niche. De plus en plus de citoyens, d’associations et de collectivités mettent en avant ses avantages, tant sur l’environnement que sur la formation et l’emploi, mais les actions peinent à se dessiner et à se mettre en place pour avancer en ce sens.

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