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Vaudeville à la Fleuryssoise
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Vaudeville à la Fleuryssoise

Vaudeville à la Fleuryssoise

À Fleury-les-Aubrais, le second tour des municipales apparaît comme un feuilleton à multiples rebondissements. Dernier en date dans la journée de mardi, durant laquelle la fusion des listes de Gérard Bourderiou et de Stéphane Kuzbyt n’eut finalement pas lieu, alors que tout annonçait un mariage. Au deuxième tour, face à la maire sortante UDI Marie-Agnès Linguet et la socialiste Carole Canette, il n'y aura donc que Stéphane Kuzbyt.
Gaëla Messerli
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Dans le Loiret, sur 325 communes, il n’en reste plus que 40 à n’avoir pas élu leur maire dès le premier tour des élections municipales. Dans la métropole orléanaise, c’est le cas à Fleury-les-Aubrais, où l’issue du scrutin, comme à Orléans, dépendra du poids des reports de voix mais aussi de la participation des électeurs en cette période post-confinement. La gestion de la crise de la Covid-19 et du confinement par la municipalité ainsi que les suites de la crise sanitaire joueront-elles dans l’esprit des électeurs potentiels ? Rappelons que Fleury a notamment abrité très récemment sur son territoire un cluster (Tradival) particulièrement médiatisé…

Linguet et Canette en favorites

En début de semaine, à l’heure des dépôts des candidatures, Marie-Agnès Linguet, comme de nombreux maires sortants, avait encore la tête dans la gestion post-Covid 19. « Le rôle de maire exige une grande souplesse », commentait l’édile, pour qui l’envie de continuer était cependant toujours là. « Servir sans se servir ni s’asservir », insistait Marie-Agnès Linguet, faisant sienne la maxime des Compagnons du Devoir. Et cela dans un contexte où les estocades politiques ont pourtant continué de pleuvoir. « La politique est un rapport de force, philosophait l’édile. Je ne pensais pas à cela au départ en m’engageant. Une crise économique et sociale se prépare, j’en suis convaincue. Nous sommes prêts pour y faire face. Et les Fleuryssois feront leur choix. » Pour le second tour, la maire sortante n’a pas fait alliance. « Elles ont été envisagées, mais elles ont été refusées. Et pas par nous ! », ne cache cependant pas Marie-Agnès Linguet, qui ne fait pas mauvaise figure de cette décision. « Nous avons un projet construit avec des amis – on peut les appeler ainsi, car nos liens sont forts. » Finalement, aucune union n’a été scellée et la maire de Fleury repartira donc avec une équipe échangée à l’assaut d’un deuxième mandat. 

« Comme à orléans, la crise en toile de fond »

De son côté, Carole Canette, qui conduit la liste d’union de la gauche et des écologistes et est arrivée en tête le soir du premier tour, se dit toujours prête à endosser la charge de maire. « Le premier tour a été le signe d’un souhait de changement et d’une confiance accordée », estime la candidate, qui mise au second tour sur un programme d’urgence et un plan d’actions dont la souplesse vont permettre, dit-elle, de s’adapter à la situation. En cela, Carole Canette n’est pas si éloignée de la dialectique employée par la liste de gauche EELV-PS-PC à Orléans. Pour ce deuxième tour, en tout cas, pas de changement d’équipe de son côté. « Elle est très solide et notre projet est construit », affirme la candidate. Il n’y a donc eu aucun rapprochement avec d’autres listes, ni de volonté de le faire. Carole Canette a d’ailleurs déposé sa liste dès le vendredi 29 mai, à la première heure. La socialiste s’étonne d’ailleurs que ses adversaires politiques se soient employés à négocier des fusions aussi tardivement. « Traditionnellement, cela se joue entre les deux tours, en une semaine, mais là, il y a eu deux mois… », fait-elle remarquer. 

Et une fusion manquée, une !

De fusion, justement, il en fut question durant tout le début de cette semaine. L’union entre la liste indépendante et écologiste menée par Stéphane Kuzbyt et la liste dite apolitique de Gérard Bourderiou, un ex-membre de l’équipe municipale actuelle de Marie-Agnès Linguet, devait a priori être l’événement de ce deuxième tour. Le 25 mai dernier, en prologue à une future alliance, Stéphane Kuzbyt indiquait ainsi sur son blog : « Les Fleuryssoises et les Fleuryssois veulent passer à autre chose, sans pour autant passer à n’importe quoi. » Le candidat analysait également le score de Carole Canette comme le « signe d’une adhésion limitée. » Pour lui, « l’union des appareils PS/PC, dans une ville pourtant historiquement ancrée à gauche » semblait « avoir fait le plein et en repli de 9 % par rapport à 2014. » 

Mais finalement, après de multiples rebondissements dans la journée de mardi, le mariage n’eut pas lieu. Certes, une liste Kuzbyt-Bourderiou fut bien déposée le 2 juin à 14h, mais la majorité des colistiers (21) de Gérard Bourderiou déposa également un… retrait ! De quoi invalider la fusion et obliger Stéphane Kuzbyt à redéposer, à 16h, une liste identique à celle du premier tour… « Nos programmes étaient pourtant compatibles, analysait après coup Stéphane Kuzbyt. Il y avait des personnes de qualité, comme Bernard Meunier. Je reste persuadé que c’est dommageable pour les Fleuryssois. Nous serons donc seuls avec mes colistiers à défendre une alternative. » Pour expliquer ce camouflet, Gérard Bourderiou précisait quant à lui, mardi soir : « j’avais prévenu mes colistiers que j’allais rallier la liste de Monsieur Kuzbyt. Je suis lucide : y aller seul n’était pas possible. C’était aller à la défaite, mais c’était aussi une perte d’argent et d’énergie. » Cependant, une partie de « ses meneuses (Sophie Loiseau notamment, ndlr) voulaient que l’on parte seules. » Gérard Bourderiou ne s’imaginait pas que ses colistiers utiliseraient l’article L-352 du code électoral, qui permet de retirer définitivement une liste si elle est signée par la majorité des colistiers. Le candidat estimait mardi soir que, dans cette affaire, « tout le monde était perdant, y compris les Fleuryssois. » Il devrait cependant donner officiellement, dans les jours qui viennent, son soutien à Stéphane Kuzbyt. Jointe par téléphone, Sophie Loiseau a annoncé pour sa part qu’une explication serait donnée par « l’équipe en fin de semaine » et qu’elle n’avait pas « fait signer » une vingtaine « de personnes sous la contrainte ».
Avec cet ultime rebondissement, le scrutin est clairement ouvert. Y aura-t-il des reports de voix liés à ce dernier acte ? Le confinement aura-t-il rapproché les habitants de leur maire ? Le 28 juin, les urnes parleront…

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