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« Macron président des riches ? Cette expression me hérisse ! »
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« Macron président des riches ? Cette expression me hérisse ! »

« Macron président des riches ? Cette expression me hérisse ! »

Le président de la République est en campagne ; tout le monde le voit, tout le monde le sait. Nouveau référent départemental de La République en Marche (LREM) dans le Loiret, Nicolas Bertrand, lui, ne fait pas mystère de la candidature d’Emmanuel Macron. Et explique pourquoi il poussera à sa réélection.
Benjamin Vasset
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La candidature d’Emmanuel Macron est un secret de polichinelle. Quand dira-t-il clairement qu’il se représente et, surtout, pour quoi faire ? 

À mon avis, il ne le fera pas avant mi-février, début mars. Ce sera une campagne express, pour dire qu’il faut continuer ce qui a été entrepris depuis cinq ans, c’est-à-dire la réforme de la France, de l’économie, de la société. Beaucoup de choses ont été faites, mais beaucoup restent à faire. 

Quels sont les thèmes qui seront mis en avant lors de la campagne de Macron ?

Déjà le fait que depuis cinq ans, grâce à la réforme de l’assurance-chômage, à la baisse des taxes sur le travail, la majorité a remis les gens au travail. Emmanuel Macron va aussi axer sur l’éducation : ça grogne beaucoup en ce moment, mais le dédoublement des classes en zone prioritaire a été une mesure importante. J’espère que dans le prochain quinquennat, elle sera élargie. Et puis, il y a le bilan sur l’environnement : je sais que ce n’est pas ce que les gens retiennent le plus, mais la majorité a avancé à vitesse grand V sur le charbon, la protection des animaux, etc. Quant à la santé, Emmanuel Macron a mis fin au numerus clausus ; une décision qui aurait dû être prise depuis 20 ans. 

Aujourd’hui, au bout du quinquennat, le pays n’est-il cependant pas plus fracturé qu’il y a cinq ans ?

Le pays est fracturé, mais dire qu’il l’est plus qu’il y a cinq ans, je ne sais pas. Je crois que les réseaux sociaux, les chaînes d’info en continu accentuent ce sentiment. Ces chaînes passent leurs temps à monter les gens les uns contre les autres… 

Quand certains montent les vaccinés contre les non-vaccinés…

Sur ce sujet, remettons les choses en perspective : en 1991, quand la vaccination contre l’hépatite est rendue obligatoire, y a-t-il des problèmes ? C’est vrai qu’il y a aujourd’hui une méfiance envers les élites et la science. Mais prenons un peu de hauteur : même en prenant de l’aspirine, vous pouvez avoir un problème. Il ne faut pas tout gober comme un bêta. 

Dire qu’un « irresponsable n’est plus un citoyen » en parlant des non-vaccinés, même si l’on voit le but recherché, cela ne contribue-t-il pas à éloigner les gens de la politique ?

Vous savez, les gens n’ont plus confiance ni envers les politiques, ni envers les journalistes… On ne peut pas dire qu’en France, on n’a pas de choix démocratiques, alors qu’on va peut-être avoir onze candidats au premier tour de la présidentielle. Dans notre tradition française, on aime bien voter pour quelqu’un et puis lui taper dessus après. Alors oui, le Président peut peut-être parfois avoir une phrase un peu polémique, mais ce n’est quand même pas le politique le plus polémiste, je crois…

Vous ne pouvez pas nier, cependant, que les classes populaires sont aujourd’hui assez éloignées d’Emmanuel Macron et de son parti…

Nous, sur le terrain, on va beaucoup vers les gens ; après, c’est clair que les gars sur les ronds-points, on ne les a pas tous convaincus. Mais quand j’entends dire « Macron, président des riches », ça me hérisse. Moi, je suis un ouvrier, j’ai trois enfants, il y a des moments où l’on rame. Et quand je vois tout ce qui a été débloqué en termes d’aides… Beaucoup ont retenu l’histoire des 5€ de moins pour les aides de la CAF, mais on n’a pas assez expliqué que c’était pour limiter la hausse des loyers. Il y a eu des choses faites pour les étudiants, pour les ménages modestes, et quand le chômage baisse, on ne peut pas faire plus social que de redonner du travail aux gens. 

Donc, Emmanuel Macron n’a pas été un Président de droite ?

Ça, ça ne veut plus rien dire. Vous savez, moi, j’ai été rocardiste, deloriste, démocrate-socialiste. Sous ce quinquennat, je pense qu’il y a eu beaucoup de mesures sociétales qui sont sorties, comme la PMA pour toutes. Macron a fait des réformes que la gauche voulait faire. Les Français ont toujours aimé la cohabitation, et cette cohabitation, le Président l’a proposée d’entrée de jeu, en faisant travailler ensemble des gens comme Le Drian, plutôt de gauche, et Darmanin, plutôt de droite. Aujourd’hui, je suis atterré de voir le nombre de gens qui se disent gaullistes et qui vont voter Zemmour, qui est pétainiste. 

Valérie Pécresse est-elle le principal danger pour le Président sortant ? 

De quelle Pécresse me parlez-vous ? De celle qui quitte les LR parce qu’elle trouve que Morano est trop à droite, ou de la Pécresse qui la reprend dans son équipe de campagne ? Si elle est élue, ce sera une Hollande de droite : joviale, mais incapable de tenir sa majorité. Comment peut-elle allier dans un Gouvernement des gens de l’UDI et des gens de Sens Commun ? 

L’ancrage local de LREM  est encore à construire. Pourquoi le macronisme n’a-t-il pas encore dépassé la seule figure de Macron ?

On a quand même des députés et, dans le Loiret, environ 150 élus LREM. Après, il y a eu des élections où les sortants ont quand même une grosse prime et où, c’est vrai, on ne s’y est pas toujours bien pris. Mais tout cela se construit. Il est probable que la structuration du parti n’a pas été assez forte dans la ruralité et ça, j’y travaille. Mais dans des baronnies locales, ce n’est pas facile. Mine de rien, le gaullisme a mis 20 ans à s’implanter. Je ne compare pas De Gaulle à Macron, mais chez nous, le schéma n’a pas été classique, avec une construction qui a d’abord commencé par la tête. 

Quand seront annoncés les candidats qui arboreront les couleurs de la majorité présidentielle ? 

Les investitures officielles ne seront pas données avant la présidentielle. Les candidats devraient se présenter sous la bannière d’Ensemble Citoyens. Dans la 6e circonscription, si Richard Ramos (Modem) se représente, il n’y aura pas d’autres candidats de la maison commune en face de lui. De la même façon, si nos deux députées sortantes (Caroline Janvier et Stéphanie Rist) souhaitent se représenter, il n’y a, à mon sens, aucune raison qu’elles ne soient pas réinvesties. 

Vos deux députées ont-elles fait du bon boulot ? Il se dit que les militants de LREM en local n’ont pas toujours des mots tendres à l’égard de Stéphanie Rist… 

Elles ont bien bossé à l’Assemblée comme sur le terrain. Personne ne peut le contester. Après, sur la contestation d’adhérents par rapport aux députés, je ne peux rien en dire. Honnêtement, c’est à la marge. Personne n’ira s’opposer aux investitures de Stéphanie et de Caroline. 

Quelle circonscription vous semble la plus (re)gagnable ?

A priori, celle de Stéphanie (la première). Dans la 2e, Caroline Janvier a fait un super boulot ; elle s’est toujours bien entendue avec les référents locaux. Peut-être que la plus difficile sera celle de Richard Ramos (6e). Mais nous mettrons toutes nos troupes au service de toutes le circonscriptions.

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