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Cold cases : la fin du secret ?
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Cold cases : la fin du secret ?

Cold cases : la fin du secret ?

Le 1er mars prochain, un Pôle judiciaire entièrement dédié aux crimes en série et aux affaires non élucidées – appelées également Cold cases – doit voir le jour à Nanterre. De quoi relancer, peut-être, certaines affaires loirétaines…
Gaëla Messerli
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Suite au rapport conduit par le magistrat Jacques Dallest, procureur de la Cour d’appel de Grenoble, la création d’un Pôle judiciaire consacré aux affaires non élucidées était attendue. C’est désormais officiel : le décret du 20 janvier 2022 confirme la création d’une ou plusieurs juridictions spécialisées pour connaître « les crimes commis contre les personnes lorsque ces crimes sont commis de façon sérielle ou n’ont pas été élucidés depuis au moins 18 mois ». 

Ce décret désigne le tribunal judiciaire de Nanterre comme pôle spécialisé pour ces procédures. 241 dossiers d’affaires non résolues sont concernés en France. Selon le ministère de la Justice, ils se répartissent en 173 crimes non élucidés et 68 procédures de crimes en série.

Orléans concernée

Cette innovation peut-elle permettre de relancer certaines affaires loirétaines ? Au Parquet d’Orléans, la Procureure de la République Emmanuelle Bochenek-Puren et l’un des juges d’instruction auprès du pôle criminel du Tribunal d’Orléans rappellent que toutes les affaires ne sont pas destinées à rejoindre ce nouveau Pôle national, puisque le taux d’élucidation de la Direction territoriale de la police judiciaire est en effet de 97 %… Moins de 3 % des affaires sur le plan de la statistique sont donc des affaires non résolues. À cela s’ajoute un cadre précis concernant la nature des affaires qui seront traitées par ce Pôle : il s’agit bien de crimes. Même non-résolue, une affaire d’accident avec un délit de fuite n’en fait donc pas partie.

Le cadre posé reste néanmoins assez large et demandera un fléchage par les Parquets, concèdent les magistrats orléanais. Pourtant, « l’affaire Caroline Marcel a vocation à rejoindre ce pôle, estime, à Orléans, Emmanuelle Bochenek-Puren. Mais ce n’est pas une décision qui se prend unilatéralement. Il y a un processus judiciaire qui permet de le faire. Le procureur de la République peut demander au juge d’instruction saisi de se dessaisir au profit au profit du pôle spécialisé. La demande peut également venir des parties prenantes. » À l’instar de l’appel à témoins diffusé la semaine dernière sur M6 concernant cette affaire (voir encadré), l’objectif est « de donner les meilleures chances à ces affaires d’aboutir ». 

Il faudra des moyens…

Néanmoins, malgré la création de ce Pôle spécialisé, la question des moyens accordés à la Justice reste toujours d’actualité, tant sur le plan logistique, avec la conservation des scellés, que du nombre de magistrats dédiés au nouveau pôle spécialisé. « La spécialisation doit s’accompagner de moyens », estime un juge d’instruction orléanais qui a en charge entre… 110 et 140 dossiers criminels par an. Pour l’heure, selon le site du ministère la Justice, trois juges d’instruction entièrement dédiés devaient intégrer ce Pôle judiciaire spécialisé à Nanterre, ainsi que trois greffiers et deux juristes assistants.  

De nouveaux éléments dans l’affaire Caroline Marcel

Lors de l’émission d’Appel à témoins, diffusée la semaine dernière sur M6, deux nouveaux éléments importants – une bague et un véhicule – ont été évoqués par le Parquet d’Orléans et l’Office Central pour la Répression des Violences aux Personnes concernant l’affaire Caroline Marcel, joggeuse retrouvée morte dans le Loiret, le 23 juin 2008. Une camionnette Renault Trafic blanche avec un hublot à l’arrière aurait été garée, le soir du drame, rue du Bac, à Olivet, à proximité du chemin où courait Caroline Marcel. Ce véhicule n’ayant jamais été retrouvé, toute information le concernant est recherchée. 

L’autre élément qui a été présenté à l’antenne est une bague de style or blanc (notre photo) avec une pierre centrale sertie à griffes, entourée par un pavage de brillants « d’un modèle assez courant d’une valeur relativement modeste, qui peut être acheté en grande surface », indiquait sur le plateau d’M6 Emmanuelle Bochenek-Puren, procureure d’Orléans. La victime aurait acheté ce bijou quelques jours avant sa mort. Or, celui-ci n’a jamais été retrouvé, au contraire des autres bijoux, malgré le sondage du Loiret et les perquisitions effectuées. Si vous l’avez trouvé aux abords du sentier ou sur la commune d’Olivet ou bien dans des circonstances anormales, si elle vous a été offerte sans que vous puissiez en préciser son origine, votre témoignage peut faire progresser l’enquête. Côté pistes, deux directions semblent toujours conservées : la piste d’un proche de l’époque (au cours de l’émission, la famille et les amis ont longuement évoqué son dernier compagnon jaloux, mais aucun élément l’incriminant n’a été relevé par les enquêteurs jusqu’à présent, ndlr) et celle de la mauvaise rencontre. 

Pour apporter un témoignage, Direction Départementale de la Sécurité Publique : 02 38 24 33 30.

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