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Pas le droit 
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Pas le droit 

Pas le droit 

Benjamin Vasset
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Vendredi dernier, la Cour suprême des États-Unis d’Amérique a révoqué le droit constitutionnel à l’avortement, laissant à chacun des 52 États de la bannière étoilée le choix de l’interdire. Cette décision a fait l’effet d’une bombe au sein même de la « première démocratie du monde » comme à l’extérieur de ses frontières, où l’on s’est demandé comment tout cela était devenu possible. Dans son arrêt, la plus haute juridiction américaine répète ne pas interdire l’avortement, mais rendre « ce pouvoir au peuple et aux représentants élus ». En se réfugiant derrière l’argument du droit, qu’elle est d’ailleurs censée dire en toutes circonstances, la Cour suprême, qu’on dit noyautée par les forces plus conservatrices du pays, a cependant livré un arrêt éminemment politique. À 6 000 km de là, on serait bien en mal de se livrer à tout commentaire sur les ressorts d’une décision à la portée symbolique si forte, mais ce coup de semonce pose très clairement la question de qui, dans les systèmes démocratiques, peut et doit décider de la vie de ses citoyens, ainsi que de leurs libertés fondamentales.

Au-delà du sujet très précis de l’avortement, cette décision américaine interpelle et nous renvoie sur le rôle du magistrat et sur celui du représentant du peuple, sur la cohabitation parfois difficile entre les pouvoirs exécutif et législatif d’un côté et le pouvoir judiciaire de l’autre. En théorie, chacun a son champ d’action et son pré carré bien défini, et quand l’un de ces trois pouvoirs tente de s’immiscer dans les affaires de l’autre, cela ne se termine en général jamais très bien. Sans être expert en la matière, il nous semble que si les uns continuent à écrire les lois et les autres à les appliquer, alors la liberté a de bonnes chances de pouvoir prospérer ; mais lorsque le juge commence à penser qu’il a plus de pouvoir que le politique ou que le politique pense qu’il peut faire plier le juge, c’est alors que la démocratie se met à trembler. En se rappelant de ce qui s’est passé il y a une semaine aux États-Unis, puisse chacun continuer à respecter la maison de l’autre et se dire qu’il y a des limites à ne pas dépasser, à moins de vouloir faire œuvre d’une toute-puissance qui ne mène qu’aux larmes et au chaos. 

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