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Jérôme Schenck Le cœur sur les mains
Portrait

Jérôme Schenck Le cœur sur les mains

Ce Loirétain est l'un des fondateurs de l’association Les Mains tendues, qui vient en aide aux plus démunis en leur offrant un repas et de la chaleur humaine. Récemment, il s’est occupé des étudiants orléanais lors de distributions qui leur ont apporté un peu de réconfort.
Gaëla Messerli
Jerome Schenck
12/05/1970  Naissance à Orléans
11/03/2018  Création de l'association Les Mains tendues
2021  Collecte en ligne sur Helloasso pour l'achat d'un véhicule dédié à l'hygiène et aux services

Jérôme Schenck est un enfant du pays, comme on dit. « Je suis né pendant les fêtes de Jeanne d’Arc, sourit-il. Ma mère était institutrice et mon père travaillait pour la Chambre d’agriculture du Loiret. » À cette époque, les instituteurs avaient un logement de fonction, et le garçon a donc grandi à Saint-Denis-de-l’Hôtel. Il a commencé sa scolarité dans sa commune, est passé par Jargeau et Châteauneuf-sur-Loire, avant de finir sa scolarité à Benjam’. « Après, j’ai étudié la langue anglaise à la fac, mais je n’y suis pas resté longtemps…, complète-t-il. J’ai cependant gardé une passion pour la culture américaine. » Après l’armée, il est entré en tant que liquidateur de retraite chez Malakoff Humanis, où il a d’ailleurs été élu représentant du personnel. « Depuis que je suis petit, j’ai toujours pris soin et défendu les autres, explique-t-il. Avec une mère institutrice et un père cadre, j’ai très vite compris la chance que j’avais… » 

Pour Jérôme Schenck, avoir Les Mains tendues était donc une évidence. « Ma femme aidait à l’association Action Froid, à Orléans, qui s’occupe des sans domicile fixe en hiver, raconte Jérôme Schenck. Elle m’a demandé de cuisiner, et c’est devenu très naturel. Cette association s’est arrêtée et nous avons repris avec un petit collectif. Nous avons commencé par servir une vingtaine de repas et maintenant, avec Les Mains tendues, nous avons une quarantaine d’adhérents et distribuons au moins 120 repas par semaine. » Ainsi l’association propose toutes les semaines des produits alimentaires, un repas chaud – « soigné », insiste ce bon vivant – et des produits d’hygiène. « Nous avons rapidement partagé les charges avec d’autres associations comme Les Gamelles de l’amitié pour les produits pour animaux et Les Cœurs d’Hermès pour les vêtements. Nous travaillons le plus possible avec d’autres associations. »

Il faut dire que la misère n’est pas tout à fait en voie d’extinction sur Orléans et sa métropole. « Quai du Roi, nous rencontrons une population précaire qui a souvent navigué avec la rue », constate Jérôme Schenck. Lors des maraudes qui sillonnent les ponts et les quartiers, lui et ses équipes vont à la rencontre des plus fragilisés, avec des mets et des mots qui réchauffent. « On prend le temps, on boit le café., dit-il. L’important, au-delà de l’aide alimentaire, c’est le lien social. » Gâteaux ou cartes de Noël réalisés à l’intention des bénéficiaires ont toujours un vif succès. Et puis il y a les anniversaires  ; « On essaye de les célébrer, quand on le sait, avec un petit cadeau, explique Jérôme Schenck. Mes 50 ans, je les ai fêtés l’an dernier à l’arrière d’une camionnette… Ce n’est pas ce que je m’imaginais, mais en fin de compte, ça me ressemble. » 

« mes 50 ans, je les ai fêtés à l’arrière d’une camionnette »

L’homme passe sa vie à rencontrer dans la rue des personnes âgées de 16 à 75 ans. N’a-t-il pas envie, quand même, de les sortir de là ? « Il ne faut pas avoir le syndrome du super-
héros et rester humble, répond-il. On sait que l’on ne règle pas tout. Cependant, aider ces personnes à maintenir le lien social leur permet de garder la tête hors de l’eau. » Pour la maintenir à l’air libre, il faut aussi intervenir rapidement quand quelqu’un est en train de basculer. « Nous avons eu le cas d’un monsieur qui s’est retrouvé dehors, mais qui avait un travail, raconte le co-fondateur des Mains Tendues. Nous lui avons fourni une tente et un vélo. Le but était qu’il ne perde pas son emploi : finalement, il a réussi à rebondir. Nous avons aussi croisé un jeune couple qui venait de quitter la région parisienne en laissant ses deux jeunes enfants chez la belle-mère, après une dispute. Nous avons essayé de les convaincre de repartir. La vie dans la rue, c’est très dur et, pour une femme, c’est encore pire… » D’ailleurs, Jérôme Schenck relève qu’à Orléans, « des jeunes filles tout juste majeures vendent leur corps contre une protection ou pour assouvir une addiction ». 

Nouvelles précarités

Depuis l’an dernier, son association vient également en aide à une population qu’elle voyait peu, jusqu’à présent : les étudiants. « Avec l’association O’SEM, nous avons servi près de 380 étudiants lors de notre dernière distribution. Désormais, des collectivités proposent aussi des choses, heureusement… » Pour sa part, l’association a des projets, notamment d’organiser une collecte en ligne pour acquérir un véhicule afin de créer un lieu de convivialité. Celui-ci pourrait servir « à des échanges, à recharger un portable, à accéder à une tablette et à une imprimante pour des démarches administratives, avec un point d’eau. Et si on avait une douche, ce serait royal ». À bon entendeur…

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