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Requalification des mails à Orléans : les élus métropolitains s’interrogent sur les modalités du projet

Requalification des mails à Orléans : les élus métropolitains s’interrogent sur les modalités du projet

On risque d’entendre parler pendant de longues années de la requalification des mails à Orléans… Avant les premiers travaux, envisagés l’année prochaine, les élus métropolitains s’interrogent déjà sur certaines modalités du projet.
B.V.
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Le chantier de CO’Met à peine refroidi, celui de l’ancien hôpital Porte-Madeleine encore sur le feu, voilà donc que la Métropole d’Orléans s’apprête à lancer un autre énorme projet, celui annoncé de requalification des mails. Le dessein est clairement impulsé par le maire d’Orléans et président de la Métropole depuis 2021, Serge Grouard, qui souhaite, pour faire court, transformer cette « autoroute urbaine » en « coulée verte ». Un projet de très grande ampleur –« pharaonique », disent même certains – qui devrait modifier le visage d’Orléans durant les cinquante prochaines années, mais surtout ancrer la cité johannique « dans le XXIe siècle », celui des combats environnementaux et climatiques qui font peser une lourde menace sur l’humanité tout entière.

Un projet pour toute la métropole ?

Dans un contexte pour le moins émollient de la Métropole, teinté de luttes d’influence et de changements politiques depuis 2020, le président de l’intercommunalité est accusé par ses détracteurs, principalement les communes de gauche (Saint-Jean-de-la-Ruelle, Saint-Jean-de-Braye, Fleury…) de privilégier les intérêts de la ville qu’il administre, Orléans, plutôt que ceux de la Métropole et des autres villes censées coopérer à des politiques communes. La transformation des mails envisagée va-t-elle ainsi uniquement profiter à Orléans, dont l’actuel boulevard urbain allant du pont Joffre au pont Thinat, entoure le centre-ville ? Ou va-t-elle bénéficier à tous les habitants de la métropole, qui pratiquent cet axe de circulation particulièrement emprunté ? Sur cette question, les avis divergent. Tous les élus métropolitains reconnaissent à peu près qu’une restructuration est nécessaire, tant les embouteillages sont fréquents sur cet axe. Reste que les maires de plusieurs communes craignent que cette restructuration ne fasse passer au second plan des requalifications de voierie secondaire dont ils disent avoir grand besoin : Saint-Jean-de-Braye aimerait ainsi que la Métropole se penche sur les cas de la RD 960 et 2152 ; Saint-Jean-de-la-Ruelle explique que la tête nord du pont de l’Europe va commencer à poser sérieusement problème, et Saran assure qu’il y aurait des choses à envisager plus sérieusement sur la RD 2020. Bref, chacun a « sa liste de courses », selon l’expression de Matthieu Schlesinger, le maire d’Olivet, qui n’en oublie pas pour sa part la RD 2020… au sud. La requalification des mails, qui prévoit un budget compris entre 60 et 100 M€ – une fourchette très large – va-t-elle ainsi empêcher d’autres travaux de voierie de se faire ? Serge Grouard calme le jeu : il indique qu’un audit des voies structurantes de la Métropole aura lieu très prochainement pour « programmer leurs réfections ».

Aller vite ou trop vite ?

Deuxième question en débat chez les élus métropolitains : ce gros projet des mails ne va-t-il pas un peu vite ? Le maire d’Olivet aimerait par exemple qu’on ne mette pas la charrue avant les bœufs, et que soit clairement établie, au préalable, une étude de hiérarchisation des voies et que l’on sache clairement où l’on va sur le dossier de la troisième ligne de tram. « Car, dit-il, ce ne sera forcément pas le même projet de requalification des mails. » C’est comme s’il y avait une jurisprudence CO’Met, un dossier sur lequel de nombreux élus ont battu leur coulpe, se reprochant a posteriori d’avoir été un peu vite en besogne au moment de la prise de décision.

Il semble pourtant que Serge Grouard, lui, veuille aller vite. Pour gagner du temps en prévision du prochain mandat – à partir de 2026 – et parce que, comme on l’a dit, la transformation des mails ne va pas se faire en trois semaines et deux coups de pioche. Les premiers travaux sont d’ailleurs envisagés dès… la mi-2024, soit un peu plus d’un an après la fin de la période de concertation préalable auprès des citoyens et des collectivités, dont le Conseil métropolitain a pris acte des remontées, jeudi dernier. Tout le monde a d’ailleurs salué une envie visible des habitants de changer les choses sur ces mails, même si Dominique Tripet, conseillère métropolitaine de gauche, nuance la portée de cette phase de dialogue : avec 304 contributions rapportées, on est en effet loin d’un raz-de-marée participatif et d’un véritable engouement populaire. « Le bonheur absolu n’est pas dans la requalification des mails », rappelle ainsi avec une pointe d’ironie Christophe Chaillou, le maire de Saint-Jean-de-la-Ruelle.

Si les habitants de la métropole ne se sont en effet guère engagés publiquement dans ce débat, il est probable qu’ils le soient pourtant un peu plus lorsque les pelleteuses et les marteaux-piqueurs commenceront leurs œuvres et rendront la circulation infernale entre le pont Joffre et la place d’Arc, première tranche de travaux ciblée, mais aussi lorsque la circulation du tram ligne A sera interrompue. Le maire et président de la Métropole qui sera alors aux commandes risque alors d’entendre sérieusement parler du pays par ses concitoyens, qui s’en ficheront alors bien de savoir qu’une « coulée verte » est en train de se bâtir sur plusieurs hectares. Certains élus métropolitains redoutent ainsi déjà la réaction des usagers et le report de la circulation qui en découlera… Le restant de l’année 2023 devrait toutefois servir à affiner ce projet d’envergure, à mettre en parallèle avec l’instauration d’une ZFE dans la métropole d’Orléans, en 2025.

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