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Ce duo détonne
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Ce duo détonne

Ce duo détonne

En 2020, il faisait campagne aux municipales à Orléans sur la liste de Nathalie Kerrien. Ancien socialiste et ancien Marcheur, Yann Chaillou se présente aujourd’hui aux élections départementales, en duo avec Sophie Rouquié, comme « candidats indépendants ». Expliquant ses motivations, il se confie (aussi) sur son récent parcours politique.
Benjamin Vasset
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Cela fait déjà quelques semaines qu’ils se sont lancés dans la campagne. Eux, ce sont Sophie Rouquié et Yann Chaillou, candidats aux élections départementales dans le canton d’Orléans 1, baptisé « Carmes-Madeleine ». Lors des dernières élections municipales à Orléans, ils s’étaient présentés sur la liste de Nathalie Kerrien, qui avait récolté un peu plus de 6 % des voix au premier tour. Avant cela, Sophie Rouquié avait appartenu aux Jeunes avec Macron, tandis que son compère, après avoir dirigé les Jeunes Socialistes du Loiret, avait été attaché parlementaire du député François de Rugy.

À 23 ans pour l’une et 27 ans pour l’autre, ces deux-là veulent désormais porter « la voix de la jeunesse » au sein d’un Conseil départemental qui « ronronne un peu ». « Aujourd’hui, on ressent une fracture qui s’agrandit entre les générations », constate Yann Chaillou. Nombre de leurs propositions sont ainsi centrées sur le social et la jeunesse. Le duo veut d’ailleurs agir dans les collèges, qui dépendent du Département, en luttant par exemple « contre la précarité menstruelle. Nous voulons implanter des distributeurs de produits hygiéniques. De plus, à l’instar de ce qui se passe à l’échelle des Régions, nous aimerions que chaque collégien puisse bénéficier au moins une fois, lors de sa scolarité, d’un voyage en Europe. » Pour la jeunesse et la solidarité, le binôme propose aussi un « chèque-engagement » de 50 à 200 € à destination des associations et des membres des bureaux pour inciter à s’engager.

L’environnement, un thème qui mobilise la jeunesse, est également l’un des chevaux de bataille du couple. À ce sujet, Yann Chaillou s’étonne que le Département ait accepté sans sourciller de vendre il y a quelques mois certains de ses terrains situés à Ardon à des promoteurs (voir notre édition du 1er avril). « Sur les 28 élus présents lors de la Commission ayant acté cette vente, personne ne s’y est opposé, pas même Thierry Soler (EELV) ou Nathalie Kerrien. » Sur le volet environnemental et sur le sujet départemental qui continue de cristalliser certaines tensions, à savoir la déviation de Jargeau, Yann Chaillou juge que cet aménagement « ressemble à une proposition de l’ancien temps. Ça me fait penser à Notre-Dame-des-Landes. C’est une gabegie, une dépense d’argent pour rien. »

« Je n’ai jamais voté à droite »

Les propositions du binôme semblent donc plutôt pencher d’un côté de l’échiquier politique, et d’ailleurs, le duo se présente comme « indépendant, sans étiquette et de centre-gauche ». Cependant, Yann Chaillou n’est pas sans savoir que son itinéraire a fait gloser ces derniers mois, notamment lorsqu’il fut question, entre les deux tours des élections municipales, que la liste de Nathalie Kerrien s’associe à celle de Serge Grouard. Une hypothèse qui déclencha, un temps, la fureur de certains de ses ex- « amis » socialistes. « On m’avait promis un poste à la mairie, dans les services, pour m’occuper de la démocratie de proximité, revient l’intéressé. À vrai dire, notre liste s’est vu proposer très peu de postes d’élus, mais énormément de postes en interne. On nous proposait la lune ! » Une lune qu’il a choisie, personnellement, de ne pas décrocher. « Moi, j’ai toujours été au même endroit, plaide-t-il. Je n’ai pas bougé, je n’ai jamais voté à droite. » Quant à son ancienne tête de liste, Nathalie Kerrien, qui a été embauchée dans le cabinet de l’actuel maire d’Orléans, il commente : « Je comprends humainement qu’elle ait rejoint Serge Grouard, avec qui elle est amie, mais c’est une erreur politique de l’avoir fait ». Pas de quoi, toutefois, remettre en cause l’ensemble de l’aventure vécue avec l’ancienne adjointe à la culture : « si je devais le refaire, je referais exactement pareil, explique Yann Chaillou. Ça a été une super expérience. Ce fut une belle campagne, avec de belles rencontres. On s’est vraiment fendu la poire tout en travaillant dur. Les seuls regrets que j’ai, c’est que Nathalie ne se soit pas déclarée plus tôt. On a perdu du temps à l’allumage. » Yann Chaillou tire aussi deux leçons de cette campagne des municipales, qui peuvent paraître contradictoires : « notre projet était fondamentalement de gauche, mais on n’a pas voulu assez le dire. Je pense aussi qu’on aurait dû davantage « taper » sur Olivier Carré, parce que notre électorat était chez lui. » Désormais, pour ce binôme, le match se joue sur un autre terrain.

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