Portrait

Justine Davasse : Madame Zéro déchet

Cette trentenaire est la créatrice des Mouvements Zéro, une émission en podcast initialement diffusée sur Radio Campus. Sinon, elle anime des ateliers autour du Zéro Déchet à Orléans.
Gaëla messerli
03/01/1989 : Naissance à Orléans
2014/2015 : Année d’étude en Finlande
Automne 2020 : Sortie du livre Le Guide des Mouvements Zéro, chez Tana éditions.

Vous connaissez certainement le Zéro déchet, Béa Johnson ou Jérémie Pichon. À Orléans, il y a Justine Davasse et les Mouvements Zéro. Avec ses podcasts autour de ce sujet qui touche l’environnement comme le quotidien, cette jeune femme est l’une des figures du Zéro Déchet à Orléans. Depuis son retour à Orléans – après une année en Finlande, nous y reviendrons – elle a fait de son mode de vie… son métier. En effet, elle anime des ateliers, où elle apprend à faire sa propre lessive ou son dentifrice, et des conférences sur la question. Elle prépare aussi un guide qui devrait sortir à l’automne prochain.

Celle qui est née à l’ancien hôpital Porte-Madeleine a grandi à Saint-Jean-de-Luz. Elle a ensuite passé un BTS communication à Bordeaux, avec dans l’idée de « devenir publicitaire. Petite, je croyais que je pouvais convaincre les gens d’acheter n’importe quoi, sourit-elle. Mais je me suis rendu compte que ce n’était pas pour moi. » Départ donc pour l’Angleterre, comme jeune fille au pair, « pour apprendre à parler anglais ». S’ensuivit un stage en Irlande. « J’ai travaillé dans une galerie à Cork, raconte-t-elle. Je faisais des ateliers avec les enfants et l’après-midi, des cookies pour le café de la galerie. J’ai appris plein de choses là-bas ! » De retour à 23 ans à Saint-Jean-de-Luz, elle chercha ce qu’elle « allait faire de sa vie. Mais mon père venait d’être rapatrié de Côte-d’Ivoire et se trouvait à Orléans chez ma grand-mère. Il m’a dit qu’il y avait une fac… » En jetant un coup d’œil sur les filières proposées, la jeune fille remarqua la linguistique et l’enseignement du français aux étrangers. Elle enchaîna licence et master.

Le Zéro déchet – ou ZD – lui est venu grâce à des lectures de la bloggeuse Lauren Singer (Trash is for Tossers) et de l’activiste Rob Greenfield, qu’elle fit venir à Orléans en 2017. Mais c’est en Finlande qu’elle eut un déclic. « En 3e année de licence, je vivais en collocation et, à chaque départ des étudiants ERASMUS, ils laissaient tout ce qui ne rentrait pas dans la valise dans la cuisine commune. Une sorte de No Man’s Land avant le déchet… Un jour, les agents d’entretien m’ont prévenu qu’ils allaient tout jeter. Cela m’a choquée. »

Dehors le plastique !

Justine Davasse choisit alors de trier, d’appeler une association et de partager la nourriture laissée. À son retour à Orléans, elle transforma son appartement en mode « zéro déchet. J’ai commencé en me débarrassant de tout le plastique au niveau alimentaire. » Elle s’enquit aussi de trois boîtes en Inox et d’une gourde. « J’ai peu acheté en neuf, le reste est venu de la Ressourcerie », affirme celle qui combat l’image d’un « zéro déchet bobo. » À part les pantalons qu’elle a du mal à trouver à sa taille en occasion, elle cherche à faire réparer et à recoudre au maximum les vêtements et les objets. Et lorsqu’elle investit, elle mise sur du durable. « Je suis assez triste quand les objets me lâchent », soupire-t-elle. Ses Mouvements zéro sont nés de là. « En 60 podcasts et avec toutes les personnes que j’ai rencontrées, allant du veganisme à la politique, je me suis finalement fait moi-même ma formation en transition ».

En parallèle des corrections de son livre, la jeune femme anime aujourd’hui des ateliers – notamment autour de la lessive maison, le 25 février, avec Orléans Métropole – pour apprendre aux autres à se lancer dans le Zéro déchet. Un travail en autoentrepreneur aujourd’hui difficilement rémunérateur, ne cache pas la jeune femme, qui s’intéresse à la condition des militants écologistes et autres chantres de l’environnement souvent réduits à la précarité pour être en accord avec leurs idées. De quoi nourrir le propos d’une conférence gesticulée qu’elle prépare en se rendant actuellement une fois par mois, à Lille, dans une coopérative d’éducation populaire. « On ne parle jamais d’argent dans les milieux écologistes », justifie-t-elle. Avec son one-woman show politique intitulé Le burn-out du colibri, elle compte bien briser un tabou. On a hâte d’en savoir plus !

2 réponses

  1. Bonsoir, je vous ai écoutée tout à l’heure sur la 5, dans tous les conseils donnés, il y avait celui de changer de banque, comment savoir si ma banque est respectable et dans le contraire de quelle façon choisir la nouvelle?
    merci bonne soirée.
    martoune

  2. Le crédit coopératif est un bon début. A chaque transaction 15-20 centimes à une asso ou autre structure de l’économie sociale et solidaire de votre choix. Mieux que financer l’industrie de l’armement avec BNP et consorts…J’en suis très heureuse !

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