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Serge Grouard contre-attaque

Serge Grouard contre-attaque

Critiqué et attaqué par la maire socialiste de Fleury-les-Aubrais qui l’a accusé d’avoir « enterré » le Fleury Loiret Handball, le président de la Métropole et maire d’Orléans, Serge Grouard, a voulu, la semaine dernière, remettre l’église sur la place du village.
BENJAMIN VASSET
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Le président de la Métropole et maire d’Orléans s’est exprimé sur plusieurs sujets

Peu coutumier des conférences de presse depuis sa réélection comme maire d’Orléans, en juin 2020, Serge Grouard s’est exprimé vendredi dernier face aux médias locaux. Il fallait croire que l’heure était grave, ou en tout cas qu’elle était propice à délivrer quelques messages en termes de politique sportive ou de gestion de la Métropole, laquelle a encore vécu, dernièrement, des heures animées. 

Fleury Loiret Handball : il n’a « pas tué » le club

Serge Grouard n’est pas sourd. Depuis que le conseil métropolitain a refusé de verser une subvention exceptionnelle de 100 000 € au Fleury Loiret Handball, entraînant d’ailleurs mercredi dernier le placement du club en liquidation judiciaire, la mairie socialiste de Fleury a accusé le président de la Métropole d’avoir envoyé le FLH par le fond. Déplorant « l’agressivité » de Carole Canette, Serge Grouard a expliqué « vivre assez mal » le fait qu’il soit désigné comme l’Homme qui « a tué » le Fleury Loiret Handball. « Je veux bien porter toutes les responsabilités qu’on veut, mais je n’étais quand même pas aux manettes du club en 2019 ! », a-t-il rétorqué. Une date qu’il choisit comme étant le début des ennuis pour les Panthères. « En 2018/2019, le sponsoring du FLH s’élevait à 1,2 M€, a-t-il rappelé. Il descend à 638 000 € l’année suivante, puis à 471 000 € en 2020/2021 et à 367 000 € en 2021.2022. » Serge Grouard cible en fait la chute des ressources privées du club, liée pour partie au désengagement de Jean-Pierre Gontier et de ses magasins Leclerc, comme le poison lent qui aurait fini par avoir raison du Fleury Loiret Handball. C’est d’ailleurs l’argument que le président de la Métropole a aussi déployé pour expliquer pourquoi il avait fini par refuser de voter cette subvention exceptionnelle de 100 000 €, alors même qu’il avait signé un courrier en ce sens avec Carole Canette, quelques jours plus tôt. « J’étais d’accord pour que nous versions cette aide, mais sous la condition que 100 000 € de partenariat privé soient réunis, a-t-il insisté. Or, concrètement, ce tour de table n’a pas eu lieu, on ne nous a pas présenté ces 100 000 € supplémentaires avec des partenaires nommément cités (sic), hormis la Région et le Département. » Lesquels s’étaient engagés à apporter chacun 50 000 € supplémentaires, à condition que… la Métropole mette aussi 100 000 € au pot. Alors, Serge Grouard n’en démord pas : le passif du club était trop important pour que la Métropole comblât le trou : « sur la saison 2021/2022, reprend-il, le Fleury Loiret Handball avait des capitaux propres négatifs de 293 000 €. Or, le club avait déjà compté dans son bilan les 100 000 € de subvention exceptionnelle de la Métropole – qui n’avaient pas encore été votés –, ainsi que les 100 000 € venant de la Région et du Département, de sorte que la situation nette du club était, en réalité, de – 493 000 €. Je comprends qu’il y ait un certain jeu politique, mais les chiffres sont têtus : depuis 2019 et malgré les efforts du Fleury Loiret Handball, la situation s’est dégradée. »

« Il n’y aura pas d’autres clubs pros »

 « Bien malheureusement, je tourne cette page » du Fleury Loiret Handball, a continué Serge Grouard… en expliquant avoir pourtant la volonté d’aider le Cercle Jules Ferry (CJF), association à laquelle était adossée le FLH, pour remonter une équipe de handball de haut niveau dans la métropole. « Le club n’est pas mort, assène le président de la Métropole. Je maintiens ma proposition de partenariat avec le CJF et la Ville de Fleury. Je ne suis pas rancunier (sic), je suis disponible pour en parler. » Sous quelle forme ce « partenariat » pourrait-il prendre forme ? Serge Grouard n’a pas mis de chiffres sur la table, mais s’est dit prêt, au moins, à mettre le Palais des Sports à disposition. Reconnaissant que « le sport féminin était aujourd’hui bien moins aidé que le sport masculin », il a aussi balayé l’intention qui lui a été prêtée de vouloir « remplacer » le hand féminin par du volley féminin, en privilégiant l’ECO-
Volley au détriment des Panthères. « Nous avons déjà plusieurs équipes sportives de haut niveau, il n’est pas dans le projet de la Ville d’Orléans d’en monter d’autres, a affirmé Serge Grouard. Il n’y a pas de projet politique en ce sens. Je souhaite que l’USO et l’OLB remontent, c’est largement suffisant en termes de contributions financières. » Une déclaration qui a de quoi jeter le trouble, alors qu’en 2020, la subvention à l’ECO-Volley était passée de 20 000 à 120 000 €. Serge Grouard n’a pas dit s’il comptait revoir ce montant d’accompagnement dès l’année prochaine, mais il s’agit très clairement d’une pierre dans le jardin de son adjoint aux Sports, Thomas Renault, à l’initiative de ce projet de développement du volley féminin à Orléans. Une caresse pour commencer – « Thomas a essayé de trouver avec moi des solutions pour sauver les Panthères et il trouve de beaux événements pour CO’Met » – un taquet pour finir : « Au final, la décision revient au maire. » Circulez.  

« Une Métropole n’a pas de légitimité directe »

En expliquant pourquoi il avait voulu « rapatrier » l’OLB, l’USO -et les musées- dans le giron de la Ville d’Orléans, Serge Grouard a livré cette sentence : « La Métropole n’a pas la légitimité directe issue de l’élection. » Si les conseillers métropolitains sont effectivement d’abord des élus municipaux, c’est le terme de « légitimité » qui éclaire sur la vision qu’a Serge Grouard d’un établissement de coopération comme une Métropole. Cela signifie-t-il ainsi que, dans son esprit, un maire doit d’abord penser aux intérêts de sa commune avant ceux de l’intercommunalité à laquelle elle appartient ? « Quand nous nous sommes battus pour qu’Orléans ait le statut de Métropole, rappelle Serge Grouard, c’était pour qu’elle soit reconnue comme capitale de région (Tours lorgnait ce titre, ndlr) et qu’elle puisse jouer la cour des grands. Ce qui a amené un certain nombre de transferts de compétences. » Dont des transferts de compétences facultatives (clubs pros, musées) auxquels Serge Grouard n’a jamais goûtés, considérant qu’ils rabotaient le pouvoir du maire. Ces déclarations résonneront aux oreilles de certains élus – et ils sont nombreux – qui pensent que la dynamique métropolitaine est à l’arrêt. Mais sont-elles si surprenantes quand on se rappelle qu’en septembre 2021, lorsqu’il avait été interrogé sur la « métropolisation » éventuelle du Festival de Loire, Serge Grouard avait répondu, matois, que ce n’était pas aux « pingouins » de la Métropole de se prononcer sur le sujet ?

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