Incendie du Naos, à Fleury-Les-Aubrais : Un homme de 30 ans condamné

Ce mardi, le Tribunal correctionnel d'Orléans jugeait l'affaire concernant l'incendie de la discothèque le Naos, à Fleury-les-Aubrais, qui s’était déroulé dans la nuit du 24 au 25 avril 2018. Sur les trois prévenus dans le box des accusés, seul l'un d'entre eux, M., a été jugé coupable et condamné à 5 ans de prison.
G. M.

L’incendie du Naos fut l’un de ceux qui toucha plusieurs boîtes de nuit de l’agglomération orléanaise jusqu’en février 2019. « Il y a aussi eu le Nova, dont l’incendie a été circonscrit, le Naos, donc, le 25 avril 2018, puis le Pavillon en mai 2018, encore une tentative au Nova et, pour finir, en février 2019, l’incendie du Phénix », a résumé mardi après-midi le Parquet, qui voit dans ces affaires une vengeance pour des raisons de concurrence dans le milieu de la nuit. Sauf que pour l’heure, seule l’affaire du Naos a été présentée en audience. « Les autres affaires sont toujours en cours », a commenté le Parquet. 

 « Je ne veux pas mourir, je suis trop jeune… » 

Encadrés par l’escorte, trois prévenus aux casiers judiciaires déjà bien remplis ont donc comparu mardi, dont M., Tunisien ou Algérien de 30 ans. Son identité est plus qu’incertaine, en raison de ses faux-papiers. On sait cependant qu’il vit en France depuis 2001, et qu’il serait déjà connu de la Justice sous l’une de ses identités. Dans l’affaire le concernant, c’est son ADN qui a amené les enquêteurs vers cet homme, qui se présente comme un peintre travaillant au noir. En effet, l’ADN en question était présente sur un bout d’allumette qui a servi à ouvrir la porte d’un quai de déchargement du bâtiment abritant la discothèque. Les enquêteurs ont aussi constaté que le portable de M. avait été borné dans le secteur du Naos, la nuit du 25 avril 2018. 

Si l’accusé, qui habitait alors aux Blossières, a reconnu à l’audience avoir forcé la serrure du quai de déchargement avec une allumette, il a nié avoir incendié le Naos. « C’est un pote à moi, un Réunionnais qui vit dans la campagne d’Orléans, qui m’a proposé un billet de 500 € » pour forcer cette porte, a-t-il expliqué. Selon lui, cet ami dont il n’a pas souhaité révéler l’identité par peur de représailles – « je ne veux pas mourir, je suis trop jeune… », aurait eu l’intention de voler une voiture près du Naos. Mais M. se serait, lui, arrêté là dans cette affaire. 

 « À mort le Naos, c’est fini ! »

À ses côtés au Tribunal, deux de ses amis comparaissaient également. Mais aucune trace de leur ADN n’a été retrouvée sur les lieux. Pour O., soupçonné d’être l’instigateur du sinistre, seul un appel nocturne de M., le soir de l’incendie, et sa venue à Saran « pour fumer une chicha », vers 3 h du matin, les relient. Il y a également l’envoi sur Snapchat du message : « À mort le Naos, c’est fini ! », quelques jours après l’incendie. Et, enfin, un témoin sous X qui l’accuse… Troisième larron : un certain S. Hormis son amitié pour M., sa venue régulière au kebab proche du Naos, un téléphone éteint la nuit de l’incendie et des bornages dans le même secteur que son ami, peu d’éléments le mettent directement en cause dans l’affaire. Seuls deux témoignages l’ont reconnu, « à la démarche » ou « à sa silhouette », sur les vidéos de surveillance du Naos. 

« Le mobile de l’incendie est resté bien flou… »

Et le mobile ? Hormis une dette entre deux des protagonistes évoquée par un témoignage sous X, il reste en tout cas bien flou. C’est d’ailleurs à cette conclusion, soutenue par la défense, qu’est aussi arrivée la Cour. Celle-ci a relaxé S. – qui est ressorti libre – et O., mais elle a condamné M. à cinq ans de prison avec maintien en détention. Quant au préjudice de la SARL Quinte Flush, qui possède le Naos, il a renvoyé sur intérêts civils. L’avocat de la partie civile a chiffré la perte d’exploitation et les travaux qui n’ont pas encore eu lieu à la discothèque à plus de deux millions d’euros. Le préjudice moral pour « l’atteinte quasi-définitive à l’image commerciale » de l’entreprise a, lui, été estimé à près de 10 000 €.

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