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Théâtre : y a-t-il un problème ?
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Théâtre : y a-t-il un problème ?

Théâtre : y a-t-il un problème ?

Alors qu’il devait mener sa mission jusqu’à la fin de l’année, François-Xavier Hauville, le directeur de la Scène Nationale (SNO) et du Théâtre d’Orléans, a décidé de quitter son poste dès à présent. S’il ne veut pas faire de son cas personnel une question centrale, sa description du fonctionnement actuel du Théâtre interroge en termes de lisibilité et de rayonnement.
Benjamin Vasset
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À l’écouter dans un premier temps, il n’y a pas de problèmes, pas de sujet. Le directeur de la Scène Nationale et du Théâtre d’Orléans quitte ses fonctions, et ce serait dans la logique des choses… « J’ai quand même 72 ans et demi, laissez-moi partir en retraite ! » commence François-Xavier Hauville. Celui-ci a fait annoncer jeudi dernier par voie de communiqué qu’il se « libérait de ses engagements » qui devaient courir jusqu’à la fin de l’année 2021. Un départ précipité ? « Non, il n’y a aucun loup, nous répond d’abord François-Xavier Hauville. Je pars deux mois plus tôt que ce qui avait été acté. Le processus de recrutement de mon successeur est lancé ; donc que je parte le 1er novembre ou le 1er janvier, cela revient au même ».

En poussant un peu, on s’aperçoit qu’il y a quand même du mou dans la corde à nœuds dans le fonctionnement actuel du Théâtre d’Orléans. Aujourd’hui, celui-ci est une « coquille » qui abrite cinq structures de création et/ou de diffusion de spectacles vivants : la Scène Nationale d’Orléans, le Centre Dramatique National (CDN), le CADO, le Centre Chorégraphique National (CCN) et l’Orchestre Symphonique d’Orléans. « Une situation unique en France », assure du reste François-Xavier Hauville, directeur depuis 14 ans de la Scène Nationale et… du Théâtre d’Orléans. Un « cumul » contractualisé qui lui intime d’accueillir des événements annexes que la Ville (principal financeur de la Scène Nationale), décide d’y localiser : ce fut par exemple le cas du festival Jazz or Jazz ou plus récemment du festival Cannes 1939 à Orléans, qui ont mobilisé des ressources et des équipes de… la Scène Nationale d’Orléans. « Ce Théâtre n’est pas le mien, je le dirige pour le compte de la Ville », rappelle François-Xavier Hauville. Au-delà de ces événements ponctuels, chacun des labels informe également, chaque année, le directeur du Théâtre des spectacles qu’elle veut programmer et dont les frais techniques sont payés par… la Scène Nationale d’Orléans. « Et moi, au début d’une saison, je ne sais pas combien cela va me coûter…, résume François-Xavier Hauville. Du coup, si on a des « surprises », on est en déficit en fin d’année. Je n’ai pas du tout la main sur la programmation artistique du Théâtre, mais je dois quand même faire tourner la boutique. Et au niveau de la programmation, en tant que directeur de la Scène Nationale, je me « mets dans les trous »… ». À l’écouter, il y aurait presque de quoi nourrir un peu de frustration. Mais il y aurait plutôt quelques pièces du puzzle à déplacer, semble estimer François-Xavier Hauville : « Le souci du Théâtre, c’est qu’il n’y a pas assez d’outils de travail. Le CDN devrait avoir, à l’extérieur, un lieu de fabrique et un plateau ; les relations avec le Théâtre (sic) en seraient fluidifiées. De plus, le vrai problème de cette maison, ce sont les financements : ils ne sont pas ajustés. Tout le monde se repose sur la Scène Nationale pour financer le tout… » Selon François-Xavier Hauville, la SNO reçoit chaque année 1,8 M€ de la Ville d’Orléans, 1,1 M€ de l’État et 70 000 € de la Région Centre-Val de Loire. « Le Département, lui, ne donne plus rien. Quant à la subvention de l’État, elle est la même depuis très longtemps. »

Une offre commune ?

À travers la question du départ de son directeur se pose donc celle du fonctionnement et de l’avenir du Théâtre, à qui la mairie a récemment offert une cure de jouvence en refaisant son parvis… mais pas (encore ?) ses intérieurs. François-Xavier Hauville évoque d’autre part la question d’une « billetterie commune » entre toutes les structures qui devra être abordée dans un futur proche : « mais pour cela, il faut une volonté politique pour l’imposer… » Le futur ex-directeur du Théâtre soulève finalement, ici, le seul enjeu qui vaille : la lisibilité de l’offre pour le grand public et le rayonnement de l’établissement dans la métropole. En attendant que se mettent en place ces éventuels ajustements structurels qui nécessiteront un gros travail de calage entre la Ville, l’État (via la DRAC) et la Région, le Théâtre d’Orléans va être dirigé de façon intérimaire par Renaud Deback, qui occupait jusqu’alors le poste de directeur administratif et financier de la Scène Nationale, avant qu’un nouveau directeur ne soit nommé (pas avant le printemps prochain). À l’heure de tirer une ébauche de bilan, François-Xavier Hauville, qui dit n’avoir « absolument rien préparé pour la suite », pense-t-il cependant avoir laissé, au bout de quatorze ans, un Théâtre et une Scène Nationale dans dans un meilleur état qu’il ne les a trouvés ? « Je ne peux pas répondre à cette question. J’aimerais bien pouvoir dire que oui, mais ce n’est pas certain… » D’autres s’en chargeront pour lui.

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