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vélo, covoiturage… : le Loiret va-t-il révolutionner le transport ?
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vélo, covoiturage… : le Loiret va-t-il révolutionner le transport ?

vélo, covoiturage… : le Loiret va-t-il révolutionner le transport ?

Afin de diminuer l’usage de la voiture individuelle et de favoriser l’essor des « mobilités douces », et notamment le vélo, le Département veut mettre 100 M€ sur la table en bâtissant un réseau qui permette de mieux lier les différents modes de transports. Avec une expérimentation majeure au programme : la potentielle transformation de la voie ferrée entre Neuville-aux-Bois et Orléans.
Benjamin vasset
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Le Département va voter un schéma des mobilités proposant de lourdes transformations

Alors qu’il construit en ce moment un pont sur la Loire qui fait hurler les écologistes, le Département du Loiret va-t-il enclencher une révolution en matière de transports ? Il dit en tout cas  en avoir l’ambition, et la nouvelle politique qu’il envisage, celle d’une réduction des transports individuels carbonés, semble intéressante sur le papier. Un « schéma des mobilités » pose désormais les fondations d’un nouveau maillage du territoire qui s’appuie sur deux axes concrets : la sécurisation de 314 km d’itinéraires cyclables et la création d’un réseau de « points-nœuds multimodaux » sur l’ensemble du territoire. Celui-ci permettrait d’allier plusieurs types de transports (train, vélo, covoiturage…) pour aller d’un point A à un point B dans un délai raisonnable, et notamment en campagne. Car en zone rurale, beaucoup d’usagers expliquent tout simplement ne pas pouvoir se passer de leur voiture. « J’voudrais bien, mais j’peux point », disent-ils en substance, en regrettant que les pouvoirs publics ne leur mettent pas à disposition une offre de mobilité alternative suffisante et cohérente. 

Un réseau de « pôles de mobilité »

Dans le Loiret, la voiture représente ainsi près de 80 % des déplacements quotidiens. Une proportion bien trop importante alors que le réchauffement climatique semble s’emballer beaucoup plus vite que prévu. Alors, comment faire pour réduire l’usage de la voiture individuelle ? Le Département se veut aujourd’hui le maître d’œuvre d’une réflexion et d’un plan d’action dont, en théorie, il n’a pas la charge, puisque les mobilités dépendent des Régions et des intercommunalités. Mais les Départements, qui se plaignent d’avoir été dépouillés de leurs compétences, veulent retrouver de l’influence, d’autant plus qu’ils se considèrent comme la collectivité de la « proximité ». « Nous pensons que, sur cette question des mobilités, nous sommes la bonne échelle », souligne ainsi Marc Gaudet, le président du Conseil départemental du Loiret, qui en profite pour jeter une pierre dans le jardin de la Région. « Dans le Loiret, le réseau de bus REMI est aujourd’hui perfectible, lance-t-il. Il y a très clairement, sur le territoire, un manque de transports collectifs. » (voir encadré.) 

Dans ce dossier des transports en commun, le Département ne veut/peut pas mettre son nez, pas plus qu’il ne souhaite interférer dans les affaires des agglomérations du territoire, et donc de la Métropole d’Orléans, à laquelle il laisse la responsabilité d’organiser son réseau de transports en commun et de mobilités douces. Mais le Département veut agir en complétant l’offre existante. Son idée est simple : chaque Loirétain doit pouvoir, à l’avenir, habiter « à moins de 15 km d’un pôle de mobilité ». Ces pôles, qui devraient être une petite trentaine, pourront être aménagés aux abords des gares SNCF ou autour d’arrêts de transports en commun (car, bus) ; bref sur de grands « axes structurants » qui relient les principaux bassins de vie du département. Ces « pôles de mobilités » regrouperaient une offre de services comme des abris vélos sécurisés ou des ateliers de réparation, et seraient justement accessibles grâce à un réseau cyclable que le Département veut densifier et améliorer en s’appropriant les opérations de revêtement, la charge du foncier revenant aux communes ou aux intercommunalités. Le Conseil départemental a notamment identifié trois liaisons majeures pour rendre « le réseau cyclable efficace et sécurisé pour les déplacements du quotidien domicile-travail et domicile-collège) » : Orléans – Pithiviers – Le Malesherbois (64 km, dont 60 à aménager) ; Pithiviers – Montargis (44 km à aménager) et Orléans – Gien – Briare (74 km dont 63 à aménager). Des aménagements « d’itinéraires cyclables secondaires » sont également envisagés sous forme de subventions.

Cette « toile d’araignée » qu’Hervé Gaurat, président de la commission Mobilités au Département, souhaite étendre comprend quelques innovations surprenantes. Alors que l’aventure Spacetrain dans le Loiret a fait long feu (voir notre édition de la semaine dernière), le Département table lui sur le Draisy : un mode de déplacement collectif que la collectivité aimerait expérimenter entre Neuville-aux-Bois et Orléans. Il s’agirait en l’espèce d’un « train très léger » exploité par la SNCF et circulant sur une voie de chemin de fer désaffectée et pouvant transporter environ 80 personnes, dont 30 assises. Rien n’est encore fait, mais cette idée symbolise l’ambition du Département de réutiliser ces voies de chemin de fer « abandonnées » par les trains classiques pour d’autres modes de transport, comme le Draisy, donc, ou le… vélo : au grand dam de quelques chasseurs, la collectivité souhaite ainsi aménager une « véloroute » entre Sully-sur-Loire et Cerdon-du-Loiret en lieu et place d’anciens rails inutilisés. 

Tout le monde d’accord ?

Cette politique départementale a pour but de s’étaler sur les quinze ans à venir. « Elle représentera 7 M€ par an et 100 M€ d’investissements au total (dont 60 M€ pour les seuls aménagements cyclables) ; c’est une somme que l’on peut sanctuariser », affirme Marc Gaudet. Il reste maintenant à mettre cette ambition en pratique et à espérer que tous les partenaires accorderont leurs violons. Ainsi la Région, autorité compétente en matière de transports et dirigée par une coalition de gauche, acceptera-t-elle sans sourciller de voir ses plates-bandes empiétées par une collectivité de droite ? « J’attends qu’on nous dise : “Ne venez pas là-
dessus, vous n’avez pas le droit” », envisage ainsi Marc Gaudet. À une autre échelle, les intercommunalités et les communes du territoire accepteront-elles de se plier aux injonctions du Département ? « Le Département doit être pilote sur les mobilités, réaffirme Marc Gaudet. Nous avons dépensé un peu d’argent pour cette étude (sourire), il n’y a pas besoin d’en faire d’autres. La direction et l’orientation sont données. » En somme : emparez-vous de ce projet et des crédits qui iront avec.

Sous le soleil

Vous allez voir ce que vous allez voir, a failli dire de son côté Serge Grouard en commentant le « plan de solarisation » d’Orléans lancé prochainement avec la Métropole. Un Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) va ainsi permettre à des constructeurs d’installations photovoltaïques de se partager un gâteau d’une vingtaine de sites (voir encadrés) dont six à Orléans, qui seront recouverts de 145 ha d’équipements adéquats. Il est prévu, à objectif 2030, de produire 8 mégawatts-crête et de fournir ainsi plus de 1 850 foyers, lesquels ne seront pas forcément orléanais ou métropolitains, puisque « l’intégralité de ce qui sera produit en électricité sera destinée à de la revente intégrale ». Mais avec cette initiative, dont les premières installations devraient commencer fin 2023, début 2024, Orléans et sa métropole disent participer à la lutte générale contre le réchauffement. 

Serge Grouard s’est d’ailleurs élevé en faux contre les accusations d’immobilisme et le « manque d’ambition environnementale » formulé par son opposition. Le premier magistrat de la Ville a ainsi répété qu’Orléans était l’« une des seules villes de plus de 100 000 habitants à avoir déjà réduit de 12 % l’émission de ses gaz à effet de serre ». Le maire-président a aussi défendu les choix budgétaires qu’il pilote avec son adjoint aux finances, Michel Martin : les deux hommes ont fait de la stabilisation et de la réduction de la dette leur fil conducteur, et ils n’en dévieront pas. Celle-ci s’élèvera d’ailleurs à environ 90 M€ en fin d’année prochaine. Pour Serge Grouard, cette politique prudente préservera Orléans des vents contraires qui pourraient se lever prochainement. « Pour l’instant, les taux d’intérêt sont encore bas, et il y a encore beaucoup de capitaux flottants, analyse l’édile orléanais. Mais cette période ne durera pas. La dette nationale ne cesse d’augmenter, le déficit public de l’État est tous les ans de plus de 100 milliards d’euros. La situation est explosive, et il y a un moment où elle explosera. Dans ce contexte, je ne veux pas qu’Orléans soit embarquée dans un mouvement qu’elle ne maîtriserait plus. » 

Serge Grouard a cependant assuré que cette prudence n’empêcherait pas sa Ville d’investir l’an prochain (35 M€ fléchés), sans que les détails de ces investissements promis n’aient pour l’instant été détaillés. Il a aussi répété que les taux de fiscalité ne seront pas revus à la hausse, et qu’ils ne l’avaient pas été depuis plus de vingt ans, même si les bases, elles, continuent d’augmenter. Cet argument de la fiscalité pérenne, la majorité de droite se fait un plaisir de réitérer tous les ans à la même époque. « Mais depuis vingt ans que vous êtes aux manettes, vous aviez le temps et les moyens pour agir sur le plan environnemental, s’est engouffré Baptiste Chapuis. Alors, pourquoi n’a-t-on pas vu émerger de projets plus marquants ? »

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