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Les professionnels accusent le coup
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Les professionnels accusent le coup

Les professionnels accusent le coup

Alors que les rassemblements sont de nouveau interdits depuis le 28 octobre 2020, les entreprises spécialisées dans l’évènementiel vivent des heures difficiles, au rythme des reports et des annulations. Nous avons souhaité donner la parole à quelques professionnels du secteur, dont l’activité et le calendrier ont été bouleversés.
Constance Lamarche
Les professionnels accusent le coup

Au printemps dernier lors du premier confinement, le téléphone de Marine Vanpoulle, fleuriste et décoratrice de mariages à l’origine de la société Will you Marine me ?, n’avait pas cessé de sonner. Au bout du fil ? Des clients qui, confinement oblige, reportaient les festivités. « Le point positif, c’est que l’on sait que nos mariés s’aiment… Puisqu’il n’y a eu aucune annulation pour le moment ! », plaisante la jeune femme qui, au fur et à mesure des mois précédant l’été, a dû adapter son activité pour compenser la perte d’activité. Dans le local que lui prête une amie restauratrice, elle se lance dans la création de bouquets surprises pour les particuliers, avant d’ouvrir sa boutique rue Berthelot. « Si je n’avais pas l’atelier aujourd’hui, la boîte coulerait », déplore-t-elle, estimant difficile de convaincre de nouveaux couples de s’engager auprès d’elle dans cette période d’incertitude.

Aujourd’hui, tous les mariages prévus d’ici fin mai ont été reportés, dont certains qui avaient déjà été décalés de 2020 à 2021… Et la crainte de faire face à des clients qui annulent grandit, tant les mariés sont tentés de céder à la peur ou à la pression de leur entourage. « On essaie de les rassurer, de leur dire qu’ils peuvent faire confiance à leurs prestataires et que tout va bien se passer… Mais cela ne suffit pas toujours », explique la fleuriste. Même son de cloche chez sa consœur Marion Brigand, attachée commerciale du domaine de la Trigalière à Ambillou où sont organisés de nombreux mariages chaque saison, et qui sent les annulations poindre. « Les gens en ont marre, ils perdent patience… Mine de rien, cela décale tous leurs projets de vie », justifie-t-elle.

Un délai de 3 mois avant que ça reparte

Grégoire Monteau, gérant de la société de location de matériel de réception et d’organisation d’événements BGM Organisation, a lui aussi vu les annulations et les reports s’enchaîner, et n’a eu d’autre choix que de souscrire à des PGE. « J’ai réduit au maximum la voilure en mettant tous mes véhicules à l’arrêt et en essayant de vendre des choses, mais le matériel de réception est quasi invendable en cette période », relate le chef d’entreprise dont la priorité est de rester à flot aussi longtemps que possible. S’il aimerait dès aujourd’hui connaître les règles sanitaires – notamment le nombre de m2 par personne – qui devront être pris en compte au moment de la reprise, il a bien peur que les particuliers, comme les entreprises, ne soient pas au rendez-vous. « Avant l’été dernier, on a eu énormément de demandes de gens qui souhaitaient se rassembler… Désormais ils ne veulent plus prendre ce risque », explique-t-il, ajoutant que certains préfèrent ne pas se réunir que d’organiser des événements ultra normés, et par conséquent beaucoup moins festifs.
Selon lui, l’activité ne reprendra pas avant septembre, point sur lequel il est rejoint par François Chevalier, dirigeant de la société Chevalier Traiteur. « Pour l’instant un seul secteur fonctionne : la livraison de plateaux repas », confie celui qui a enregistré une baisse de chiffre d’affaires de 70 % en 2020. S’il reste optimiste, l’urgence consiste selon lui à retrouver un horizon. « Tant que l’on n’en a pas, les clients ne se projettent pas, on n’a aucune perspective… Il faut impérativement fixer une date, même si elle est amenée à bouger », juge-t-il. Côté mesures sanitaires, il ne s’inquiète pas de leur mise en œuvre, rappelant que les professionnels ont déjà dû s’adapter aux protocoles sanitaires établis l’été dernier, et qu’ils n’auront pas de mal à se plier aux nouvelles mesures.

Au niveau du moral en revanche, le bât blesse… « J’aimerais bien profiter de cette période pour me balader en famille, mais on fait attention à tout », regrette Grégoire Monteau, qui a appris à compter sur les aides de l’État. Même chose chez François Chevalier, qui a malheureusement dû licencier un de ses employés, mais s’estime heureux d’avoir un Gouvernement qui l’aide à travers les mesures de chômage partiel. Néanmoins, l’impatience et l’inquiétude commencent à s’installer. Faute de pouvoir prévoir à plus long terme, il raconte travailler à vue, et craint la période d’inertie qui suivra les prochaines annonces. « Il va se passer 3 mois avant que les projets se mettent en place », assure le traiteur, qui espère comme ses confrères être présent quand ils pourront enfin se concrétiser.

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