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Christophe Chaillou : « une profonde amertume »
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Christophe Chaillou : « une profonde amertume »

Christophe Chaillou : « une profonde amertume »

Benjamin Vasset
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Christophe Chaillou

Christophe Chaillou a annoncé ce matin qu’il démissionnait de la présidence d’Orléans Métropole, qu’il dirigeait depuis juillet 2020. Le maire (PS) de Saint-Jean-de-la-Ruelle analyse les points de blocage et le contexte politique qui l’a fait se retrouver en minorité face à Serge Grouard et Matthieu Schlesinger. Et pose déjà quelques jalons pour le restant du mandat.

Christophe Chaillou, pourquoi démissionnez-vous de la présidence de la Métropole ?

Il y a d’abord une raison factuelle : je ne veux pas de situation de blocage. Quand il y a eu ce vote au conseil métropolitain du 14 octobre (qui rejetait deux délibérations sur des transferts de compétence), j’ai bien compris qu’il n’y avait qu’un seul sujet : pas les compétences, pas les financements, mais la gouvernance, ou plutôt la présidence de la Métropole. Moi, je ne suis pas dans un état d’esprit de m’accrocher, je ne veux pas de guerre de tranchées : si l’on continuait comme ça, le budget n’aurait probablement pas été voté à la fin de l’année. Aujourd’hui, très clairement, Orléans et son maire veulent reprendre la Métropole. Il y a chez Serge Grouard l’envie de dire : « je ne veux plus partager le pouvoir ». Tout ça sur fond d’a priori, avec des critiques largement exagérées, quand il est par exemple dit que les dossiers n’avancent pas. Pour moi, ce dernier vote au conseil métropolitain, refusé par la Ville d’Orléans sur des compétences qui devaient lui retourner et qu’elle avait demandé, reste d’ailleurs une grande énigme.

Vous avez parlé de raison factuelles, il y en a d’autres ?

Il y a un contexte politique très clair, celui de la réunion de la droite. Depuis les élections départementales et régionales de juin dernier, de nouvelles relations se sont rétablies très rapidement, je dirais, entre le « sud » et le « centre » de la métropole. Les perspectives des élections législatives en 2022 ont été importantes : si la droite restait divisée, cela aurait été mortifère pour elle. Dans ce contexte national, le président des Républicains du Loiret (Serge Grouard, ndlr) devait donner des gages. Et un certain nombre d’élus dans des majorités ont servi de passerelles pour que le dialogue reprenne.

Serge Grouard vous a-t-il dit, avant ce vote du 14 octobre, qu’il avait des doutes sur le fonctionnement de la Métropole ?

J’ai peu à peu ressenti des crispations entre la Ville d’Orléans et la Métropole. Il y avait le sentiment que le maire d’Orléans n’était pas satisfait de devoir partager certaines décisions. Il l’a dit -parfois, je le répète- avec une certaine exagération. Je pense qu’il n’a pas complètement intégré que la Métropole, c’était 22 communes. Je rappelle que c’était la première fois, dans l’histoire de l’intercommunalité, que celle-ci n’était pas gérée par la ville-centre. Cela a nécessité du coup, avec une administration mutualisée, beaucoup d’aller-retours. Progressivement, pour Orléans, cela est apparu comme une contrainte, voire un obstacle. J’ajoute qu’il y allait certainement y avoir une contradiction entre le discours public des élus d’Orléans, qui était d’un côté de dire « on est très endetté », et de charger la barque d’un autre côté avec des projets orléanais (financés en partie par la Métropole, ndlr), comme la restructuration des mails.

Sur le sujet de la hausse annoncée des impôts pour 2022 (Versement Transport, taxe foncière…), Orléans était-elle, lors des discussions préliminaires, d’accord avec ce que vous proposiez ?

Ces hypothèses de travail ont été présentées début juillet et avaient fait l’objet de larges échanges, avec le maire d’Orléans comme avec les autres élus. Ce n’était pas approuvé, mais c’était en examen. À l’époque, il y avait l’idée de dire : « si on veut faire autre chose que les engagements du mandat précédent, il va falloir trouver des ressources nouvelles ». Ce constat me semblait partagé.

Le calendrier que vous aviez fixé, c’est-à-dire d’abord acter les transferts de compétences, puis les financements, puis le Plan Pluriannuel d’Investissements, vous semblait vraiment être le bon ? Serge Grouard, lui, réclamait une discussion globale…

Il y avait quand même une certaine logique à ce que je proposais : nous réglions d’abord les problèmes de compétence, puis nous traitions de la fiscalité, et nous avions alors des bases saines pour trancher les questions du Plan Pluriannuel d’Investissements.

Votre démission remet-elle ce projet de hausse des impôts en question ?

La Métropole continue d’être à un niveau d’endettement assez élevé, et je pense donc toujours qu’il faut des ressources nouvelles.

À vous écouter, vous aviez bordé la question du transfert de compétences, du financement, du Plan Pluriannuel d’Investissements… Et finalement, il y a eu deux délibérations qui ont été rejetées lors du conseil métropolitain du 14 octobre. Avez-vous, d’une certaine façon, l’impression d’avoir été trahi ?

Trahi, non, mais j’avais le sentiment que le compromis que je proposais était acceptable. Il y avait eu de nombreux échanges… Il y a plutôt, aujourd’hui, un sentiment d’incompréhension, de temps perdu et, je dirais plutôt, une profonde amertume. Car je le répète, il me semblait que ces transferts répondaient aux souhaits de la Ville d’Orléans et que cela correspondait à un certain équilibre. Il y a eu une réunion des maires en juillet dernier, une conférence des maires début septembre : tout était sur la table.

Etes-vous optimiste, aujourd’hui, pour l’avenir de la Métropole ?

Je suis et je resterai un défenseur de l’intercommunalité. Cette expérience à la tête de la Métropole m’a confirmé que c’était le bon niveau. Donc, je veux continuer à être optimiste.

Souhaitez-vous qu’il y ait de la continuité dans certaines vice-présidences et soutenez-vous une répartition des vice-présidences sur un mode « un tiers (les élus d’Orléans), un tiers (élus et maires des villes de « centre-droit »), un tiers (élus et maires de gauche) » ?

Il serait souhaitable, en effet, que nous retrouvions une certaine continuité à travers les vice-présidences. Quant au reste, vous parlez de « tiers », mais les élus de la majorité municipale d’Orléans représentent une grosse vingtaine d’élus sur 89, et ceux des villes de gauche 35 sur 89. Ça représente quelque chose.

Serez-vous désormais dans une logique d’opposition ?

Ce n’est pas dans ma nature. Mais chacun comprendra que j’envisage aujourd’hui les choses un peu différemment. Je vais par exemple retrouver une certaine liberté de ton et ça, c’est bien.

Pour terminer, comment avez-vous vécu personnellement cette séquence qui, de l’extérieur, pouvait être perçue comme assez violente ?

Difficilement, évidemment, mais je fais de la politique, et je suis conscient de ce que cela représente derrière.

Il n’y a pas donc pas de sentiment de revanche ?

Ce n’est pas mon état d’esprit du moment, non.

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