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France Services à l’épreuve de la proximité

France Services à l’épreuve de la proximité

Dans le Loiret, une vingtaine de maisons France Services sont à l’œuvre pour faciliter l’accès des citoyens aux services publics. Une réalisation concrète qui montre qu’en matière de politique de proximité, l’humain reste une excellente solution.
Benjamin Vasset
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En avril et juin dernier, les résultats observés lors des élections présidentielle et législatives faisaient ressortir de la bouche des vainqueurs et des vaincus le même constat : si les votes contestataires avaient une nouvelle fois progressé dans le pays, c’est parce que les Français se sentiraient de plus en plus « abandonnés ». Par qui, par quoi ? Dans les campagnes où les candidats du Rassemblement national ont fait le plein de voix, les bureaux de Poste ont fermé au même rythme que les bistrots. Ce sentiment d’« abandon » aux contours assez flous se confond ainsi avec celui de « déclassement » : « ces gens-là » se sentent loin de tout, et ils ont l’impression que tout le monde s’en fout. Le constat ne date pas du printemps dernier et depuis deux décennies au moins, énarques et moins énarques se grattent la tête pour savoir comment remettre de la vie dans ces endroits qu’elle semble avoir fui. On passera la liste des dispositifs mis sur pied pour dynamiser certaines petites communes et réinstaller notamment des commerces qui manquent cruellement en zones rurales, au moins autant que des médecins. L’une des premières actions des pouvoirs publics est aussi – et surtout – de rapprocher les citoyens d’une administration dont l’image est de plus en plus lointaine. Car ce que cette dernière a gagné en rapidité avec la numérisation, elle l’a perdu en proximité. 

Premier niveau de services

En 2017, avant la crise des Gilets jaunes, le Gouvernement avait souhaité transformer des Maisons de Service au Public, déjà existantes sur le terrain, en un réseau bénéficiant d’un tronc commun de services et qui serait « labellisé » en ce sens. Les événements de la fin de l’année 2018 ont accéléré ce processus et permis de mettre en place le réseau des maisons France Services. Dans le Loiret, elles sont aujourd’hui au nombre de 22, la dernière en date étant inaugurée ce vendredi à Patay. Tous ces établissements permettent à n’importe quel citoyen d’y trouver des relais avec les partenaires suivants : CAF, Direction Générale des Finances Publiques, Pôle Emploi, Agence Nationale des Titres Sécurisés, Caisse Primaire d’Assurance Maladie, Carsat, Ministère de la Justice et La Poste. Dans chacune de ces maisons, deux agents minimum peuvent aider un usager sur un premier niveau de demande qui peut être, en temps normal, réalisé chez soi, sur un ordinateur : demande de RSA ou d’assurance chômage, déclaration d’impôts, création d’un compte Ameli, constitution de dossiers de retraite, demande d’aide juridictionnelle, création d’une identité numérique… Il arrive en outre que certaines maisons offrent d’autres services à l’usager : par exemple une borne de télé-médecine à Beaugency ou des ateliers d’initiation au numérique à Meung-sur-Loire. De plus, chaque maison France Services dispose d’un référent dans chacune des institutions concernées en cas de problème, ce qui n’empêche pas, parfois, quelques désagréments. 

Depuis le début de l’année 2022, ces maisons France Services – qui ne doivent pas être situées à plus de trente minutes en voiture d’une habitation –ont répondu à 50 000 demandes environ sur l’ensemble du territoire loirétain. Dans la métropole orléanaise, il en existe une seule, à Saint-Jean-de-la-Ruelle, dans le quartier des Chaises. Labellisée depuis le 1er avril 2021, elle est en fait portée non par l’État, mais par la Ville de Saint-Jean-de-la-Ruelle. « L’État ne porte pas France Services, il accompagne une collectivité qui met à disposition des locaux, explique Christophe Carol, secrétaire général adjoint de la Préfecture du Loiret. L’État, lui, paie les travaux et octroie 30 000 € maximum pour le budget de fonctionnement. » Pourtant, ou peut-être par conséquent, les collectivités ne se bousculent pas toutes au portillon pour accueillir une maison France Services sur leur territoire. « Avec certaines communes, il est vrai que c’est plutôt nous qui avons lutté pour qu’une maison France Services vienne s’installer, abonde Christophe Carol. Pourquoi ? Peut-être que le plan de financement est un peu complexe à boucler ; l’autre grief envers l’État étant qu’il ne met pas assez au pot. Et puis, dans les petites communes, on n’a peut-être pas l’ingénierie nécessaire. » Quand l’implantation d’une maison France Services n’est pas possible ou pas souhaitée, l’État et les préfectures peuvent cependant accompagner à la mise en place bus France Services, opérés alors par un Département ou par une association. À Orléans, un engin de ce type dessert l’Argonne, La Source et les Blossières. Selon la préfecture du Loiret, la Ville d’Orléans ne participe pas à son financement : elle « propose une place de parking et fournit l’électricité ». 

Plus de lien social

Si la Préfecture estime que le territoire loirétain est assez bien couvert géographiquement en nombre de maisons France Services, elle indique qu’elle va désormais déployer ses efforts sur la « qualité » du service rendu. Ce que fait déjà, à l’est du département, l’association PIMMS dans une maison France Services de Montargis, qui aide par exemple à régler des petits litiges entre propriétaires et bailleurs. « Nous voudrions promouvoir le lien social », avance Christophe Carol, convaincu que des actions concrètes et des politiques menées rapprocheront « l’État de la Nation », selon la définition qu’il fait de la notion de « proximité ». « La proximité est l’une des priorités de la Préfète, énonce Christophe Carol. Et ce qu’on fait à travers ces maisons France Services, c’est quelque chose dont on est fier, car c’est une action apolitique, portée au quotidien par des gens qui sont motivés par ce qu’ils font. D’ailleurs, ils poussent pour aller à la rencontre des publics, à domicile. Il ne faut pas que ça déséquilibre le service, mais sur le fond, oui, je crois à ce besoin. » Pour favoriser la proximité, on n’a, semble-t-il, encore rien trouvé de mieux que de pousser des portes.

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