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Ça roule pour les autoroutes ?
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Ça roule pour les autoroutes ?

Ça roule pour les autoroutes ?

Entre l'A19 qui se dote d'une centrale photovoltaïque, l'A10-A71 en pleine mue aux portes d'Orléans et l'A154 dont la mise en concession vient d'être annoncée, le réseau autoroutier se développe dans le Loiret et en région, au grand dam, parfois, des écologistes et des riverains...
Gaëla Messerli
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A10-A71, les travaux avancent

Difficile de ne pas remarquer les travaux de l’A10 aux portes d’Orléans. En début de semaine jusqu’à mercredi soir, la section Tours-Paris était fermée la nuit en raison de la reconfiguration de la bifurcation A10-A71. La bretelle de sortie d’Orléans-Nord (n°14 sur l’A10) en provenance de Paris sera également bouclée la semaine prochaine, du mardi soir au mercredi 6h. Jusqu’au 20 février, des fermetures de bretelles et quelques fermetures de l’aire d’Orléans-Saran risquent en outre de modifier légèrement le quotidien des automobilistes de l’A10. En effet, après la pose en décembre d’un saut-de-mouton, pont enjambant l’A10 et l’A71 au nord d’Orléans et supportant la circulation en provenance de Vierzon en direction de Tours, la reconfiguration de l’A10-A71 se poursuit ce mois-ci avec le relevage du tablier du pont autoroutier existant. Cet ouvrage supportera à terme la voie d’accès Paris-Bourges reconfigurée. « Nous modifions les flux de circulation afin d’apporter plus de confort aux usagers, mais aussi de jouer sur les ralentissements qui peuvent intervenir lorsque le trafic saisonnier est fort et s’ajoute à celui des pendulaires », rappelle Benoît David, chef du district du Loiret de Vinci. 

Fin de chantier en 2024

Outre cet ouvrage, l’élargissement de l’A10 avec sa quatrième voie se poursuit avec deux nouvelles zones de travaux. Des dispositifs de protection acoustiques doivent être posés (la rue de la Fassière à Ingré est par exemple concernée par ces travaux). « Il s’agit de travaux sur 16 km entre l’A71 et l’A19, détaille Benoît David. Nous avons déjà réalisé 5,5 km ; nous allons ensuite faire les 5 km les plus au nord et ceux plus au sud après terrassement. » Le chantier doit être terminé mi-2024, sachant que l’échangeur de Saran-Gidy est attendu quant à lui d’ici fin 2023.


A154, le « cadeau de Noël » chartrain ?

La vidéo du maire de Chartres à ses administrés, mi-décembre, annonçant la mise en concession de la future A154 (confirmée ensuite par le Premier ministre Jean Castex) a fait bondir les écologistes et certains maires d’Eure-et-Loir. Jean-Pierre Gorges, le premier magistrat chartrain, a en effet conclu son allocution par une sentence – « c’est le plus beau cadeau de Noël que je pouvais vous faire » – qui a eu du mal à passer chez certains…

Rappelons que l’A154 doit permettre de relier Rouen à Orléans en empruntant au nord et au sud de Chartres la chaussée de routes nationales élargies et transformées en autoroute (RN154 et RN12). Une nouvelle chaussée est également prévue entre Ymonville et l’A10 Paris-Orléans. Ce vieux serpent de mer datait de plus de 20 ans, avec une déclaration d’utilité publique (DUP) signée en juillet 2018 pour une mise en service d’ici 2027… L’annonce commune de Jean-Pierre Gorges et de Jean Castex est arrivée juste après la mobilisation de 250 manifestants organisée début décembre à l’appel des maires des communes de Saint-Prest et de Gasville-Oisème, qui s’opposent à ce tracé passant sur leur territoire. « On a surtout eu l’impression d’un effet d’annonce pour contenir une opposition qui se structure, analyse aujourd’hui Quentin Guillemain, vice-président du groupe Génération écologie, conseiller municipal et métropolitain de Chartres. Jusqu’à présent, il y avait plutôt des associations et des riverains qui s’opposaient ; désormais on voit de plus en plus de maires qui passent à l’offensive. Je doute ainsi que cet appel d’offres pour une concession autoroutière soit lancé rapidement. Il faut pour cela beaucoup de moyens, y compris pour les collectivités locales. Or, nous ne sommes pas au point au niveau des finances. Le coût estimé de ce projet est quand même de près d’un milliard d’euros ! » 

Des expropriations à venir ?

Le porte-parole de Génération écologie évoque ainsi « 600 hectares agricoles urbanisés. » Et au-delà du « massacre de la Vallée de l’Eure », il y a aussi, selon Quentin Guillemain, des expropriations à venir, tous les terrains n’étant pas acquis. Pour cet élu qui soutient la réhabilitation de l’ancienne voie ferroviaire, « moins coûteuse et plus facile à réaliser », parler de désenclavement du territoire avec « cette troisième autoroute où il n’y a pas de sorties entre Chartres et Dreux est faux. De plus, il s’agit de rendre payant le trajet emprunté aujourd’hui gratuitement par ceux qui habitent et travaillent dans l’autre ville ». Une affaire à suivre attentivement car, pour l’heure, le projet de Contrat de Plan État-Région (CPER) 2021-2027 (présenté en consultation publique à l’automne dernier) n’évoque aucun crédit concernant la A154 ni la RN154, mais plutôt des études concernant la ligne ferroviaire Orléans-Voves-Chartres et la première phase de renforcement de l’alimentation électrique de la ligne Paris-Chartres. La Préfecture indique que l’avis d’appel public à la concurrence sera prochainement publiée.


A19, l’autre autouroute du soleil ?

Ouverte dans le Loiret en 2009, l’A19 avait fait couler beaucoup d’encre concernant son coût et sa fréquentation. Même si elle n’est toujours pas devenue l’A71 en termes de passages, « son trafic croît depuis 12 ans comme beaucoup d’autoroutes françaises, rétorque Benoît David, chef du district du Loiret de Vinci Autoroutes. On y dénombre près de 10 000 véhicules par jour en moyenne, ce qui est significatif. Pour Cofiroute, l’A19 se rapproche de l’A8 Nord/Sud et de l’A85, même si on est un peu en-dessous en termes de fréquentation. Elle se comporte en résumé comme une autoroute d’aménagement du territoire. » D’ailleurs, comme l’ensemble des autoroutes, cet axe autoroutier accueille majoritairement des véhicules légers et autour de 15 % de poids-lourds. « Ce n’est pas pour rien que le pôle logistique d’Escrennes se développe », énonce Benoît David.

Photovoltaïque et « écoautoroute »

Dès sa création, outre une centaine de passages pour animaux, l’A19 avait été conçue pour être une « écoautouroute ». Elle s’est d’ailleurs montrée pionnière en matière de photovoltaïque, qu’elle utilise depuis sa création au niveau de l’aire de services du Loiret via un système de production électrique réinjectée dans le réseau. D’ici fin 2023, sur « un délaissé » de cinq hectares à Chantecoq, l’autoroute sera en outre équipée, en partenariat avec Tryba Énergie, d’une centrale photovoltaïque capable de produire en moyenne annuellement 6 100 Mwh/an, de quoi alimenter 1 500 foyers. « Ce genre de projets permet de valoriser les délaissés. D’autres sont à l’étude actuellement », explique Benoît David. Idem pour une utilisation sous concession du photovoltaïque sur les aires de services.

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