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Six sièges à prendre dans le loiret
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Six sièges à prendre dans le loiret

Six sièges à prendre dans le loiret

Le marathon électoral de ce printemps 2022 prendra fin ce dimanche, avec le second tour des élections législatives. Dans le Loiret, rien n’est joué : si les trois députés sortants de la majorité peuvent espérer étirer leur mandat, le RN peut aussi remporter trois circonscriptions, tandis que la Nupes, qui a qualifié quatre candidats, part d’un peu plus loin.
Benjamin Vasset
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Pas encore de gagnants, mais déjà des perdants : c’est le principal enseignement qu’on a pu tirer, dimanche dernier, du premier tour des élections législatives dans le Loiret. La première à être battue, ce fut – encore et toujours – la participation : dans le département (comme dans le reste de la France) l’abstention a lourdement progressé par rapport à 2017. Dimanche dernier, plus d’un électeur loirétain sur deux ne s’est pas déplacé pour aller voter. C’est affligeant, mais c’est comme ça : depuis 20 ans, les mêmes cris d’orfraie sont poussés lors des soirées électorales, et rien ne change, bien au contraire. Au temps de la bonne vieille opposition gauche/droite comme dans celui de la nouvelle tripolarisation de la vie politique, les Français continuent de bouder les urnes. 

Au-delà de ce triste constat, plusieurs candidats ont dû avaler des pilules amères, dimanche. Au premier rang des grands brûlés du premier tour dans le Loiret, Jean-Michel Blanquer, éjecté d’un Montargois qu’il aura visiblement appris à connaître trop tard. Même si l’ancien ministre de l’Éducation a déposé un recours devant le Conseil Constitutionnel, il a échoué dans son pari de ramener la 4e circonscription du Loiret à la majorité présidentielle. Autres perdants : tous les candidats de la droite dite « classique », celle issue des Républicains ou de l’UDI. Assez nettement battus dans les six circonscriptions du département, aucun n’a réalisé un score qui lui permet de bomber le torse devant ses petits camarades. S’ils n’étaient pas partis séparés, Claude de Ganay (député sortant) et Jean-Luc Riglet auraient pu au moins sauver une place de finaliste dans la troisième circonscription du Loiret (Gien-Sologne). Cette défaite montre aussi qu’il est possible d’être ennemis à un endroit alors qu’on est amis dans un autre : dans cette troisième circonscription, Jean-Luc Riglet (UDI) était soutenu par Florent Montillot, alors que Claude de Ganay représentait lui Les Républicains, présidés dans le Loiret par Serge Grouard.

La moitié des sièges au RN ?

Si la droite classique est déjà sortie du jeu dans les trois circonscriptions qu’elle détenait, c’est que d’autres ont pris sa place : dans les 3e et 5e « circos » se jouera donc un duel Rassemblement National / Majorité présidentielle et même, dans la 4e, un match RN/Nupes. Comme il l’avait rêvé en début de campagne, le parti de Marine Le Pen peut-il remporter trois sièges ? La réponse est oui. D’ailleurs, dans le Montargois, le Rassemblement National voit même le match plié « à 99 % » ! Alors que son poulain, Thomas Ménagé, affrontera un candidat communiste de la Nupes (Bruno Nottin), le RN ne fera pas face à un « front républicain », Jean-Michel Blanquer n’ayant pas donné de consigne de vote, pas plus que les candidats de la droite traditionnelle, Ariel Lévy et Philippe Moreau. Dans la troisième circonscription, Mathilde Paris, la secrétaire départementale du RN, a largement devancé de plus de dix points la candidate du Modem et d’Ensemble Karine Barbier à l’issue du premier tour. Personne n’imaginait, à vrai dire, un tel écart de voix. Est-ce que dimanche prochain, les électeurs de Claude de Ganay et de Jean-Luc Riglet se reporteront sur Karine Barbier ? Rien n’est moins sûr, alors que le candidat Insoumis de la Nupes dans cette circonscription, Kévin Merlot, a réitéré la consigne « mélenchonienne » de la présidentielle : pas une voix pour Marine Le Pen. Dans la cinquième circonscription, enfin, qui englobe le nord du Loiret et Fleury-les-Aubrais, le candidat du RN, Valentin Manent, a lui aussi creusé l’écart face à son concurrent d’Ensemble-Renaissance, Anthony Brosse (27,87 % contre 21,74 %). Mais les 18,66 % des LR pourraient faire pencher la balance pour la majorité présidentielle, quand bien même Maxime Buizard, le candidat battu des Républicains, a demandé à ses électeurs de se débrouiller avec leur conscience. Où se dirigeront également les 18,87 % de la candidate Insoumise, Florence Chabirand ? C’est l’une des autres grandes inconnues du deuxième tour dans cette circonscription jusqu’alors détenue par Marianne Dubois (LR). 

Ensemble dans un fauteuil ?

Dans les première, deuxième et sixième circonscriptions du Loiret, soit celles qui mordent le plus sur le territoire de la métropole orléanaise, les trois affiches du second tour mettront aux prises des représentants de la majorité présidentielle face à des candidats de la Nupes. Elles sont aussi celles où trois députés sortants remettent leur mandat en jeu. Sur ces trois territoires, la première circonscription est sans doute celle qui sera la plus difficile à rafler pour la gauche puisque dimanche dernier, Stéphanie Rist a confortablement remporté le premier tour face à Ghislaine Kounowski (Nupes- PS) : 36,49 % contre 28,67 %. Hormis les 1,23 % de Lutte Ouvrière, la candidate socialiste, qui a accueilli son score du premier tour avec un poil de surprise, a peu de réserves de voix. Cette semaine, elle va continuer à clamer que sa concurrente d’Ensemble-Renaissance a peu fait en cinq ans pour le CHRO, qui croule aujourd’hui sous les problèmes d’effectif. Pas sûr que cela lui suffise pour remporter cette circonscription qui, dès le départ, était la plus favorable à la majorité présidentielle. 

Le match s’annonce un peu plus indécis dans la deuxième circonscription, qui a qualifié pour le second tour Caroline Janvier (Ensemble-Renaissance) et Emmanuel Duplessy (Nupes-Génération.s), lequel talonne sa concurrente de la majorité présidentielle de quatre points (29,10 % pour l’une, 25,12 % pour l’autre). La gauche peut ici compter sur les voix potentielles du Parti Animaliste (1,79 %), voire du candidat « indépendant » Yann Chaillou (4,18 %), ancien président des Jeunes Socialistes du Loiret, mais également ancien attaché parlementaire de François de Rugy… Reste aussi à savoir comment se ventileront les suffrages des candidats du RN (25,12 %), des LR (11,69 %), voire de Reconquête (4,96 %). Les représentants des deux premiers nommés, Elodie Babin et Alexandre Houssard, ont déjà indiqué qu’ils ne donneraient pas de consigne de vote. Pour espérer l’emporter, Emmanuel Duplessy devra cependant élargir son auditoire. Sa stratégie ? Se dire « évidemment et toujours de gauche », mais surtout « au service du territoire » : une allusion à la supposée absence du terrain de Caroline Janvier, un argument que ses concurrents avaient déjà largement utilisé lors de la campagne du premier tour. 

Une chance pour la Nupes ?

Dans la sixième circonscription, enfin, Olivier Hicter (Nupes – La France Insoumise) a pu compter dimanche dernier, dans la dernière ligne droite du premier tour, sur les votes de la métropole orléanaise pour coiffer au poteau la représentante du RN et obtenir le droit d’affronter Richard Ramos (Ensemble – Modem). L’écart est conséquent entre les deux hommes (32,38 % contre 25,52 %, soit plus de 2 600 suffrages), mais pour Olivier Hicter, il y a quelques voix à aller chercher chez les nombreux « petits » candidats qui se sont présentés dans cette circonscription lors du premier tour : celles de l’écologiste (non-Nupes) Gaël Baumgartner (3,44 %, 1 260 voix), de l’animaliste Raphaël Legros (1,58 % – 579 voix) ou de l’Altruiste Xavier Delaguette (0,82 % – 299 voix). Bien sûr, les 3 542 voix de la LR Chrystel de Filippi pèseront aussi dans la balance, mais cette dernière n’a pas non plus donné de consigne de vote, alors que la campagne du premier tour (voir encadré) a été émaillée d’un incident entre elle et Richard Ramos… Mais ce sont surtout les 7 152 voix (19,54 %) de la RN Carla Boubekeur qui seront vitales, dimanche, à l’un et l’autre des candidats. Dès dimanche dernier, Olivier Hicter a parlé à ces électeurs que la LFI appelle les « fâchés pas fachos » : « Ceux qui sont épris de justice sociale doivent se rassembler, a déclaré le candidat de la Nupes. Nous proposons des solutions pour le pouvoir d’achat et nous avons des propositions intéressantes pour l’électorat RN, pour les classes populaires et pour les petites classes moyennes ». Bien qu’il reste le favori du deuxième tour, Richard Ramos, lui, la joue prudent. « C’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses », a-t-il commenté dans une métaphore bien dans l’esprit (rustique) de sa campagne, suspectant au passage ses adversaires de la Nupes d’être des « Houdini » de la politique qui multiplieraient les promesses hasardeuses : « J’ai de l’estime pour M.Hicter, mais il n’habite pas la circonscription, et ce n’est pas l’idée que je me fais d’un député de la République », a taclé le député sortant. « M.Ramos peut être sympathique, il parle du nitrite dans la charcuterie, mais nous, on considère qu’il faut revoir le menu dans sa globalité… », a contre-attaqué Olivier Hicter. Quels que soient les résultats de dimanche, ces derniers jours de campagne s’annoncent piquants. 

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