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Yumiko Nakamura : Japon sur la Loire
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Yumiko Nakamura : Japon sur la Loire
Portrait

Yumiko Nakamura : Japon sur la Loire

Installée depuis douze ans dans la cité johannique, l’humble et souriante Yumiko Nakamura invite les Orléanais à découvrir la culture, la langue et la gastronomie japonaises par le biais de son entreprise, Shirubé. 
Ambre blanes
24/08/1971 : Naissance à Hamamatsu (Japon)
2017 : Arrivée à Orléans
2019 : Création de Shirubé (www.shirube.fr)

De ses lectures d’enfance au Japon, Yumiko Nakamura se souvient du manga La Rose de Versailles (il a donné le dessin animé Lady Oscar, ndlr), qui prend place dans l’univers de la noblesse française du XVIIIe siècle. Les palaces rococos et les belles robes de princesse tapèrent alors dans l’œil de la jeune fille qui, se piquant d’intérêt pour la culture du pays des Lumières, suivit naturellement des études de littérature française dans une université de Tokyo. « Je cherchais toujours à rencontrer des Français pour améliorer ma connaissance du pays ! » se souvient celle qui lisait Sartre et Camus. Et puis un jour, elle rencontra un Français en congé sabbatique qui passait par le Japon. Ils tombèrent amoureux et s’installèrent ensemble à Paris, en 2009.

À son arrivée dans la capitale, Yumiko Nakamura, qui se cherchait professionnellement dans son pays natal, se dit qu’il serait intéressant de transmettre des éléments de la culture japonaise en France. Elle commença donc à donner des cours de japonais dans une école de langue asiatique. En parallèle, elle découvrit ce qu’était le « syndrome de Paris » : la déception, vécue par nombre de Japonais arrivant en France, de ne pas y trouver le chic et l’élégance que prônent les magazines de mode dans leur pays. Une impression renforcée, pour Yumiko Nakamura, par le fait qu’elle résidait alors dans le XXe arrondissement, pas le plus clinquant de la capitale à cette époque… Mais elle finit, pourtant, par l’apprécier, tout en apprenant à connaître son nouvel environnement « Nous avons une très bonne image de la France au Japon mais, ici, les codes sont différents, explique-t-elle. Par exemple, dans mon pays, les clients sont très respectés par les commerçants qui se montrent modestes. À Paris, je me souviens de scènes à la caisse de supermarchés ou de restaurants qui m’ont parfois surprise… »

À la recherche d’un environnement plus calme, Yumiko et son compagnon emménagèrent à Orléans en 2017. Ne trouvant pas de poste d’enseignante sur les bords de Loire, la jeune femme décida d’organiser ses activités en suivant ce qui la faisait « vibrer ». Après une formation au sein du BGE et avec l’aide de la couveuse d’entreprise PES 45, elle monta ainsi une microentreprise qui vit le jour en 2019 sous le nom de Shirubé. Sous cette marque, elle dispense toujours, aujourd’hui, des prestations de chef à domicile, des cours de japonais, de cuisine et de shamisen, un instrument de musique traditionnel japonais qu’elle pratique depuis 2005 et qui l’avait fait intégrer, à Paris, un duo musical se produisant alors dans les bars. Si vous avez raté sa prestation à la mairie de Saran dans le cadre de l’exposition de kimonos en juin dernier, sachez que Yumiko Nakamura commence des répétitions avec deux percussionnistes japonaises dans l’optique de faire des concerts sur la métropole… Il est d’autre part possible d’offrir une prestation Shirubé à un proche pour un anniversaire, un enterrement de vie de jeune fille ou un repas de famille. Aujourdhui, l’affaire semble bien fonctionner. « Depuis douze ans que je suis en France, je constate une réelle attirance pour la culture japonaise et je souhaite guider les curieux vers plus de découvertes, confirme Yumiko.                                        

Idéalement, j’aimerais avoir un lieu dédié, une sorte de maison de la culture japonaise où l’on pourrait découvrir langue, musique, culture, cuisine… ». Voire des expositions d’art, puisque cette touche-à-tout dessine également. Mais déjà, elle assure qu’elle fait ce qui lui plaît, au point de retrouver via l’apéro musical qu’elle propose à Orléans le concept des Izakayas, cet équivalent japonais des bars à tapas espagnols qui lui manque tant…

Retour aux sources

Maman d’un petit garçon de 9 ans auquel elle parle japonais, Yumiko Nakamura aime à partager avec lui ses racines. « J’ai acheté un manga sur l’histoire du Japon que je lui lis chaque soir, sourit-elle. Cela semble beaucoup l’intéresser. » Lorsqu’il aura 20 ans, son fils devra choisir s’il adopte la nationalité japonaise ou française car au Japon, la double nationalité n’est pas reconnue. Pas simple de « choisir » entre deux cultures…

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